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Bonne nouvelle : l’Indienne Deb Haaland, future super ministre de Biden

Descendante de chefs indiens du Nouveau Mexique, fille d’un US Marines, l’Indienne Deb Haaland sera la « super ministre » de Joe Biden, en charge de l’intérieur, de l’environnement et des ressources naturelles. C’est la première fois qu’une Indienne accède à un tel poste depuis l’indépendance des États-Unis et l’invasion des territoires indiens.

Aux États Unis, c’est la revanche des Indiens dont les ancêtres ont été massivement exterminés par les migrants blancs (les aïeux de Donald Trump et de Joe Biden). Il y a quelques siècles, les habitants de l’Amérique ont laissé les migrants blancs débarquer, comme l’Europe le fait avec les migrants africains, arabes, etc. Des dizaines de millions d’Indiens ont été massacrés, déportés, mis dans des réserves. Par rapport à ce constat, les joutes plumitives de plusieurs contributeurs de Riposte Laïque entre les pro-Trump et les pro- Biden paraissent dérisoires. Et notre site adoré s’est éloigné dangereusement de son cœur de métier : le risque migratoire, la défense de l’identité nationale contre l’islam, la préservation de nos valeurs.

Deb Haaland va devenir la première Amérindienne ministre

Devenue l’une des premières femmes autochtones à entrer au Parlement en 2018, Deb Haaland va de nouveau marquer l’Histoire. Elle aura notamment la charge de la préservation des ressources naturelles, et elle a milité pour que les USA respectent l’accord de Paris sur le climat.

C’est au poste de ministre à l’Intérieur, à la tête d’un département qui gère notamment les ressources naturelles d’immenses terres fédérales, mais aussi les réserves indiennes, que le nouveau Président Joe Biden a placé, par décret, Deb Haaland. Cette nomination devra être confirmée par le Sénat.

″Écouter les peuples autochtones” sur le climat

Deb Haaland a souligné ce jeudi 17 décembre qu’elle considérerait comme “un honneur de faire avancer le programme Biden-Harris pour le climat et d’aider à réparer la relation du gouvernement avec les tribus (amérindiennes), que l’administration Trump a ruinée”.

À la fin des années 90, c’est le Vice-Président Al Gore, en visite à Paris pour défendre le climat, qui m’avait présenté Deb Haaland. Autour d’un café, après m’avoir dédicacé son dernier livre Earth in Balance: Ecology and Human Spirit ( en Français Sauver la planète Terre : l’Écologie et l’Esprit humain), il s’était levé, me laissant face à Deb Haaland, en lançant « Tous les deux, vous allez bien vous entendre ! ». Quelques minutes auparavant, celui que tous les sondages désignaient comme le futur président des États-Unis nous avait glissé, en américain et en français nos deux points communs : »Vous êtes nés en soixante et vous êtes passionnés par l’élevage des abeilles ». Ce qui avait permis le démarrage d’une discussion avec la belle Deb après le départ d’Al Gore.

‌Cette demi-journée avec Deb Haaland est l’une des trois plus belles rencontres que j’ai pu faire dans ma vie tant cette femme, pétrie de convictions, marquée par les souffrances de son peuple, a des ambitions pour sauver la planète, pour sauver l’espèce humaine et les centaines de milliers d’autres espèces d’une fin qui paraît inéluctable et dont le réchauffement climatique est l’un des aspects visibles. Cette femme est une intelligence supérieure. Rien à voir avec  toutes les brêles qui ont été ministres de l’écologie en France, de Ségolène Royal à Barbara Pompili, de François de Rugy à Jean-Louis Borloo, en passant par Nathalie Kosciusko-Morizet..

Les deux autres rencontres ayant marqué ma vie ont pour nom le général Marcel Bigeard

https://www.fnapara.fr/wp-content/uploads/2016/07/La-legende-Bigeard-une-rage-de-vaincre-rare-aujourdhui.pdf

et la cheffe de guerre kurde Reem Hassan.

https://ripostelaique.com/exclusif-la-jeanne-darc-kurde-reem-hassan-est-tombee-en-heros-face-a-daech.html

https://ripostelaique.com/exclusif-la-mort-en-direct-de-reem-hassan-assassinee-par-daech-trahie-par-la-france-et-les-usa.html

Tous les trois des êtres d’exception, de rude étoffe.

Deb Haaland est une fille de Marine

Deb Haaland, 60 ans, appartient à la tribu Laguna Pueblo du Nouveau-Mexique. Elle s’était déjà illustrée en 2018 en devenant l’une des deux premières femmes autochtones à entrer au Congrès.

Deb Haaland est née à Winslow le 2 décembre 1960, dans l’État de l’Arizona, où son grand-père travaillait dans une compagnie ferroviaire au titre de la politique d’“assimilation culturelle” des Amérindiens et où sa mère, Mary Toya, a également vu le jour. Cette dernière était fonctionnaire fédérale. Le père de Deb Haaland, d’ascendance norvégienne, fut membre des Marines, un corps d’élite de l’armée américaine. Au gré de leurs multiples affectations et déménagements, Deb Haaland m’avait confié avoir fréquenté pas moins de treize écoles.

Lors de notre rencontre à Paris, Deb Haaland m’a raconté sa vie de galère : « Mère célibataire, j’ai vaincu l’alcoolisme dans ma jeunesse et j’ai dû un temps recourir à des bons d’alimentation du gouvernement pour subsister…  » Elle a fait partie de cette vague de femmes qui entendaient prendre le Congrès d’assaut pour s’opposer à la politique du président Donald Trump. “Je suis une femme, je suis une femme de couleur”, disait-elle, désignant son visage brun et ses longs cheveux noirs et lisses. “C’est ce genre de personnes qu’il faut au pouvoir actuellement pour faire avancer les questions qui comptent”, ajoute Deb.

Deb Haaland, qui a été facilement réélue au Congrès en novembre dernier pour un second mandat, a toujours insisté sur son intention de porter les revendications des Amérindiens: “La terre, l’eau, les financements du gouvernement.” “Mes ancêtres ont fait des sacrifices incroyables pour me permettre de garder mes coutumes et traditions. Je ne leur ferai pas défaut”, expliquait Deb en 2018, lors d’une rencontre avec l’AFP.

Du point de vue des Indiens Lagunas, Deb Haaland dirigeait la société tribale exploitant les trois casinos de la réserve. Plus tôt, elle avait créé une petite entreprise de fabrication de sauces en conserve, “Pueblo Salsa”, pour pouvoir passer du temps avec sa fille durant ses études de droit.

Deb Haaland est sortie de « sa réserve » où elle dirigeait la société tribale exploitant les trois casinos de la réserve.

Lorsqu’elle m’avait raconté une partie de son parcours à Paris, Deb insistait sur son enfance « surtout marquée par les coutumes de sa tribu, les Lagunas. Elle se rappelait les étés passés avec ses grands-parents pueblos, en butte à de nombreuses discriminations, à irriguer les champs ou à faire du pain.

Cette époque de rude étoffe a forgé son caractère. En tant que défenseur des abeilles, des espèces animales et de la planète, je me réjouis que Deb devienne la ministre (pardon, la secrétaire d’État dans le jargon US) la plus puissante de l’Amérique de demain, de la revanche du peuple indien à l’occasion de cette nomination. Un jour, Jacques Chirac m’avait dit « Si un ministre est mauvais et qu’il a de bons collaborateurs, cela ne se voit pas ». Ceux qui estiment que Joe Biden est mauvais et vieux doivent aujourd’hui admettre qu’il s’entoure de bons collaborateurs.

Francis GRUZELLE
Carte de Presse 55411
Lire aussi ces articles qui constituent un complément d’information :
https://www.humanite.fr/etat-unis-deb-haaland-premiere-amerindienne-ministre-697842
https://www.la-croix.com/Monde/Etats-Unis-Deb-Haaland-Amerindienne-linterieur-2020-12-19-1201131036
https://www.huffingtonpost.fr/entry/etats-unis-deb-haaland-amerindienne-ministre_fr_5fdc4faac5b6094c0ff0d727
https://caen.maville.com/actu/actudet_-etats-unis.-deb-haaland-premiere-femme-amerindienne-en-route-vers-le-gouvernement-americain_54135-4425083_actu.Htm
https://www.ouest-france.fr/monde/etats-unis/etats-unis-deb-haaland-premiere-femme-amerindienne-en-route-vers-le-gouvernement-americain-7092121