Bonnets rouges : l’Etat est aux abois, la crise est ouverte, cela a un goût de Révolution

AutocollantHollandeVoilà le message que la rédaction vient de recevoir.

Bonjour à vous tous.

Je viens dans l’instant de commander pour 35 euros  (200 post-it de Hollande). Car nous avons été totalement pillés lors de notre présence à la manifestation de Quimper.

Je dois reconnaître que c’est le visage de Hollande qui a suscité la liesse générale et fort de cet état, des copains qui sont toniques et disponibles me demandent principalement du Hollande !

Bien à vous et clin d’œil à Cyrano

Joël

https://ripostelaique.com/quimper-et-les-bonnets-rouges-de-la-revolte-a-la-revolution.html

« De la révolte à la révolution », écrivais-je la semaine passée.

Les tous derniers développements bretons confirment le fait. Ils témoignent tous d’un mouvement social et politique ample et profond, si caractéristique de la Révolution lorsque c’est La Révolution.

Portique après portique, s’accumulent les débris de la collecte de la nouvelle gabelle.

Portique après portique, sortis des ateliers de telle ou telle société, -et même d’une entreprise dont les dirigeants avaient cru qu’en jouant la carte du « halal » ils s’assuraient un vaste et stable marché (et même un marché croissant)-, les ouvriers menacés de perdre leur emploi, parfois se rendant sur place avec femme et enfants, sur les lieux où démanteler les outils de la nouvelle gabelle, s’affirment comme la force active de la préservation sociale.

Oui, mais…

Ri7Melenchon tombe le masque 001Oui, mais les ouvriers, ces ouvriers, sont des « esclaves « , ce sont les « esclaves des patrons » a aboyé Mussolini le petit. De son lointain et trop bref « trotskisme », visiblement l’homme n’a pas conservé beaucoup de références et encore moins de connaissances des événements émaillant la « lutte mondiale des classes ». Sinon, il n’aurait pas oublié les leçons de la révolution russe de 1905 et celles plus précises du Soviet de Petrograd. Lui, qui régulièrement pose au donneur de leçon et au procureur, dénonçant il y a quelques jours l’action commune des ouvriers et de certains syndicats ouvriers avec le MEDEF et les patrons du transport, il n‘ignorerait pas que les grandes grèves ouvrières russes de l’hiver de 1905 – dont sont nées les assemblées d’usine et l’élection des « soviets de députés ouvriers » – furent financées par un patronat russe majoritairement hostile à l’absolutisme tsariste.

Des esclaves, les ouvriers qui éliront le Soviet dont Trotski deviendra le second président élu ?

Trotski, qui aimait bien Martov, se moquera de ce « marxiste révolutionnaire » qui parlait de révolution mais ne savait ni la voir ni la reconnaître quand elle était sous son nez.

Martov, -enfin ses mannes-, voudra bien m’excuser de le prendre en mauvais exemple, pour cataloguer le bateleur politique qui parle de lutte sociale et de rupture révolutionnaire à longueur d’année mais s’avère totalement incapable de s’y retrouver quand les évènements qu’il célèbre chaque dimanche se produisent devant lui, dans la vie quotidienne.

En Bretagne, mais aussi ici en région parisienne, toute la société est excédée.

Elle rejette les diktats de l’ordre (en réalité du désordre) bureaucratique bruxellois. En Bretagne aujourd’hui, et peut-être bientôt dans tout le pays, la France, elle prend son sort en main, elle s’organise.

HollandedémissionAprès et en même temps que les nouveaux bonnets rouges -combattant pour en finir avec le « papier timbré » de 2013, nouveaux bonnets rouges en guerre sociale contre la nouvelle gabelle et la résurrection des « Fermiers-généraux » (la collecte privatisée de la taxe « écologique »)- commencent à se former les « bonnets verts » voulant combattre la cherté des transports.

Tout le petit monde du « gauchisme culturel », -cet avatar puéril et grotesque du défunt communisme atteint d’une maladie infantile-, tout le petit monde des encenseurs de Normal Premier, étaient aux anges quand la Guadeloupe se dressait contre la vie chère, en particulier la cherté des denrées et du carburant. Pour cette clientèle politique, sévère avec le mouvement de masse encore breton, les Guadeloupéens étaient des hommes et des femmes courageux. En ne formant qu’une seule volonté, ils étaient un exemple : avec LKP qui, effectivement, aurait pu devenir un soviet ou un parlement révolutionnaire guadeloupéen. Tandis que les Bretons, -ces affreux éleveurs de porcs-pollueurs-nitrateurs-, ne seraient que des « esclaves des patrons » (Mélenchon).

L’Etat est aux abois

Il ne sait que protester -contre les actions qui s’en prennent aux portiques, outils de collecte de la nouvelle gabelle- et dire : que ce n’est pas bien.

La capacité régalienne échappe des main du pouvoir. Va-t-il être capable de se reprendre ?

La crise est ouverte

Le gouvernement appelle cela : la « coagulation »…

Ici ce n’est pas une convulsion ethnique, nourrie par une radicalisation « religieuse ».

Ici, c’est la question sociale et nationale, celle qui produisit 1788-1794, 1848, 1871.

Ici, c’est une crise de rupture avec les institutions moribondes de la 5ème république, une crise positive au sens selon lequel la Révolution française a défini le pacte national, comme outil de développement des forces productives et comme moyen permettant de mettre en œuvre la souveraineté populaire.

Pour conclure, j’ouvrirai une parenthèse. Que n’entend-on fustiger le « populisme », quand la population ou des groupes de citoyens ne sont pas d’accord avec les choix de nos pseudos élites décérébrées. La clientèle journalistique ignare, ne connaissant pas le sens des mots, et moins encore l’Histoire, cherche à fusiller moralement : « pan ! douze balles sur le souverainiste et le souverainisme. Pan ! sur le populiste et le populisme !!! »

Pourtant, ces mots ne font que décliner les Curés rouge, ces prêtres défroqués portes-parole dévoués des sections de la Sans-culotterie parisienne la plus radicale ; ces curés rouges que défendra avec talent l’enseignant et l’historien militant, Maurice Dommanget.

Ce mots ne font que décliner le destin du babouvisme et du blanquisme et celui toutes les grandes formules de 1792 : « le Peuple Souverain s’avance ».

Aujourd’hui, -sous la plume de la journalisterie du papier et avec la voix de celle du prompteur : Peuple, souveraineté populaire et/ou nationale, sont devenus des gros mots. Ce sont des mots grossiers, sentant le souffre du refus d’être dissous dans un magma hétéroclite, désorganisé mais « mondial »- pas beau le Populisme, vilain les populistes !

Pour ce qui me concerne, je n’ai pas honte et je n’ai rien oublié

J’ai découvert et aimé le marxisme de George Plekhanov. Je me sens donc redevable, auprès d’Alexandre Herzen et de sa revue « la cloche » ; je me sens petit et redevable, auprès des hommes et des femmes du « partage noir », auprès de ceux de la « Narodnaïa Volia » (la Volonté du Peuple), tous penseurs et combattants dévoués, posant avec courage et abnégation les jalons intellectuels et pratiques de l’émancipation russe et humaine, à l’époque de l’immense Russie des Tsars.

Il faudrait en 2013 cracher sur eux, les Populistes, le Populisme ?

Alain Rubin

image_pdf
0
0