Boston : le relativisme habituel de Schneidermann, Marianne et de l’avocate de Carlos…

Vendredi 19 avril 2013, dans l’émission Ce soir ou jamais il y avait débat : « Boston : 11 septembre, le retour ? »

Ça a commencé très fort, par une franche rigolade (ben, oui, y’a de quoi se marrer !). Et qu’est-ce que les invités trouvaient poilant ? Laurent Wauquiez déclarant : « On est tous des marathoniens de Boston ». Qu’il est bête ce Laurent ! Solidaires des djihadistes printaniers d’accord, mais pas des Bostoniens : soyons sérieux !

A l’heure où l’émission était diffusée (en direct) tout le monde savait que les terroristes étaient d’origine tchétchène. Or, attentats + Tchétchènes ça ne donne pas de l’intégrisme juif, catholique ou bouddhiste. Pourtant, avec la ferveur d’un môme pris la main dans le sac de bonbons, la plupart des invités niaient péremptoirement que l’islam y fût pour quelque-chose.

La fouine de la télé, Daniel Schneidermann, nous asséna sa diatribe habituelle, reprochant la sur-médiatisation de ces attentats dans nos médias et, of course, notre indifférence face aux explosions « plus » meurtrières de Somalie, de Syrie, d’Irak et d’ailleurs. Surenchère victimaire quand tu nous tiens !

J’étais presque prêt à pleurer, sauf que : les victimes des attentats en terre d’islam vont souvent prier main dans la main avec les poseurs de bombes chez nous ; sauf que : les Américains ne me menacent pas de mort à longueur de prêches. Ça me suffisait pour leur réserver ma compassion et pas aux autres.

Le débat s’enfonça bientôt dans une débauche d’impudeur, notamment par la voix  d’Isabelle Coutant-Peyre, avocate de Carlos, un esthète bien connu du terrorisme ! Intéressante bonne-femme qui nous reprochait de ne pas accueillir sur notre territoire les prisonniers de Guantanamo qui le demandaient, ces « innocentes » colombes déplumées par les méchants yankees ! Isabelle Coutant-Peyre, qui prépare en ce moment pour l’Iran un dossier judiciaire contre le film Argo de Ben Affleck, racontant la libération de diplomates américains pendant la révolution islamique de 1979. Le film en question nuirait à l’image de cet oasis à la douceur de vivre inimitable ! Au cours de l’émission, elle défendit même le droit de l’Iran à disposer de l’énergie nucléaire civile (qui s’en tiendrait, selon elle, sagement à ça !). Si c’est pas une taupe, moi je suis un épagneul breton !

Précisons que les Etats-Unis (et Israël bien entendu !) en prirent évidemment pour leur grade. Tout se tient. Ah, s’il s’était agi de l’extrême-droite américaine, là on aurait pu causer « crimes odieux » !

Cette assemblée de branquignols était parfaitement raccord avec Anne Dastakian de Marianne qui, au-delà de la plus élémentaire pudeur qui commande de fermer sa grande gueule par respect pour les victimes, titrait à propos des deux terroristes de Boston : « Tamerlan et Djokhar Tsarnaïev, produits d’une histoire torturée. » L’article qui suivait était du même tonneau. Et s’il s’agissait de deux intégristes en sous-marin aux Etats-Unis, dont le but ultime venait d’être atteint : meurtrir une population pour le plaisir exclusif d’anéantir ce qui n’est pas d’appellation islamique contrôlée ? Quelqu’un y avait pensé à cette hypothèse ?

Le débat de l’émission de Taddeï (que je conseille au demeurant pour sa rigueur intellectuelle en général… pas cette fois !), je lui opposerai ceci : « Un moment – entre 1800 et 1960 – ébranlé par la modernité occidentale conquérante, l’islam a recouvré son dynamisme identitaire, après avoir replongé dans sa source originelle depuis la révolution iranienne ; il a modernisé son message en le déterritorialisant – une « contre-mondialisation » – renouant ainsi avec ses origines universalistes et conquérantes. »[1]

Et Boston au final ? Tout le monde s’en fout, c’est pas halal !

Charles Demassieux 


[1] Eric Zemmour, Mélancolie française, Le Livre de Poche.

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