Boubakeur désavoue le CFCM et retarde le ramadan de 24 heures !

Publié le 10 juillet 2013 - par - 1 270 vues

La nouvelle est tombée dans ma boîte e.mail à 12H52 précises. Une alerte info de Francetvinfo : « Le ramadan débutera demain, et non aujourd’hui comme prévu ». C’est la Mosquée de Paris qui l’annonce. Prévu pour mardi 9 juillet, le début du mois sacré du jeûne islamique est donc reporté de 24 heures.

J’en fus ravi. J’avais, depuis le matin, envie d’aller prendre un café quelque part dans le 18e arrondissement, mais je n’osais pas. Les musulmans des alentours – et Dieu sait qu’ils sont des multitudes – sont capables de me lyncher. Maintenant, je pouvais y aller. Avec la bénédiction de la Mosquée de Paris. Je suis musulman d’origine, mais il y a belle lurette que j’ai divorcé avec l’islam. Pour incompatibilité conjugale… N’empêche, le divorce n’a jamais été enregistré. Et ne peut pas l’être. Divorcer de l’islam mène à la guillotine et il se trouve que je tiens à ma tête. Je dois donc toujours faire comme si de rien n’était et montrer que je suis heureux dans mon ménage…

Le 9 juillet comme début du mois de Ramadan en France avait été annoncé il y a deux mois par le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM). C’est la première fois que le début du jeûne islamique était annoncé aussi précocement. Une révolution dans les traditions des adeptes des « Cinq piliers ». Les responsables du CFCM disaient se baser sur des calculs astronomiques. Plus question de se fier à l’observation archaïque du croissant lunaire. L’islam, insinuait le CFCM, sait être à la hauteur. Cette initiative était censée apporter de la prévision, de l’organisation et de la planification, clamait le président d’alors de cette institution, Mohammed Moussaoui.

Cette date avait été confirmée par le CFCM dans un communiqué publié la veille et signé de son nouveau président, Dalil Boubakeur, également recteur de la Mosquée de Paris.

Puis coup de tonnerre. C’est la même Mosquée de Paris, dirigée par le même Dalil Boubakeur, qui vient de faire un croche-pied au CFCM en proclamant la date du 9 juillet nulle et non avenue. La Mosquée appelle les musulmans de France à mettre fin prématurément au premier jour du jeûne et à reprendre la partie demain avant l’aube…

C’est à y perdre son Coran…

On saura certainement dans les prochains jours ce qui a provoqué ce formidable cafouillage qui fera annale dans l’histoire de l’islam de France, mais il démontre déjà, une fois de plus, que l’islam est incompatible avec les sciences ou avec la science tout court. Surtout pas avec les calculs. Astronomiques ou pas astronomiques.

Dans le calendrier lunaire islamique, le début du mois est déterminé par l’observation du croissant de lune. A l’œil nu. Ce qui n’est pas une affaire simple. L’observation dépend souvent de facteurs atmosphériques. Le croissant peut être visible à Ryad mais pas au Caire et encore mois à Rabat, d’où des différences de début de mois entre les pays de la communauté islamique et partant, un décalage de calendrier qui va se répercuter sur la célébration des fêtes et des grands événements de cette communauté. Même le Nouvel an islamique ne débute pas au même moment dans tous les pays musulmans. Le décalage est partout.

Le Maroc et l’Algérie, deux pays voisins, n’ont jamais célébré une fête religieuse islamique le même jour. Il arrive même qu’il y ait un décalage entre les différentes composantes de la communauté musulmane dans un même pays. C’est le cas au Liban entre les chiites et les sunnites. Rarement les deux communautés confessionnelles célèbrent une fête religieuse en même temps.

L’observation se fait tout le temps, pour tous les mois. Cependant, les populations musulmanes ne sont pratiquement concernées que par le croissant de lune annonçant le début et la fin du Ramadan. La fin du Ramadan est toutefois beaucoup plus facilement repérable que son début. On voit mieux et on est plus vigilant quand on a faim. Le Ramadan, on n’est jamais pressé de le commencer et on a toujours hâte d’en finir.

La complexité du calendrier islamique ne provient pas seulement de l’observation du croissant de lune. Les mois ne sont pas dits de la même façon dans les pays arabes. Chaque pays a pratiquement ses appellations propres.

Le calendrier islamique n’est cependant utilisé dans les sociétés musulmanes que pour déterminer les dates associées à des célébrations religieuses. Pour tous leurs autres besoins, les musulmans utilisent le calendrier grégorien. Le président égyptien Nasser, champion du nationalisme pan-arabe en son temps, a voulu, une fois, fixer une date pour un Sommet de la Ligue arabe selon le calendrier islamique. Des délégations sont arrivées au moment où on nettoyait déjà les cendriers de narguilé dans les salles de réunion. Le Sommet avait clos ses travaux depuis un bon moment. Depuis, c’est le calendrier grégorien qui prévaut. Dans certains pays, les documents officiels portent la date du calendrier grégorien avec la date correspondante du calendrier lunaire. Le calendrier grégorien prévaut également pour les peines de prison… vu que l’année dans le calendrier musulman est plus courte que l’année grégorienne de 10 à 12 jours. La justice musulmane n’est pas dupe…

Le retard du calendrier musulman sur le grégorien est actuellement de 578 ans. Mais le calendrier musulman « avance » plus rapidement que le calendrier grégorien. Et s’il avance aussi vite, il va inexorablement le rattraper et le devancer… Ceci devrait arriver dans quelques 19.000 ans. Vers l’an 20.900. Si d’ici là le calendrier grégorien arrive à tenir la route…

En ces moments troubles et chaotiques pour la communauté islamique, moments où les calculs scientifiques ne sont plus de mise et où les dates et les calendriers s’annoncent et se dénoncent, une nouvelle est venue mettre du baume au cœur des bons musulmans qui s’apprêtent à vivre un mois d’abstinence dans le recueillement et la piété. C’est Dalil Boubakeur qui vient de l’annoncer le 8 juillet dans un communiqué du CFCM : « M. Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur chargé des Cultes, honorera tous les musulmans de France en participant à l’Iftar (rupture du jeûne) qui aura lieu le 15 juillet 2013 à la Grande Mosquée de Paris au lendemain de notre Fête nationale ».

M. Valls s’empressera et se fera un plaisir de se rejoindre aux réjouissances des musulmans pour oublier les pénibles corvées de la fête nationale française…

Gageons que Mélenchon et Désir seront à ses côtés.

Messin’Issa

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