Bras d’honneur aux crétins qui voient des saluts fascistes partout

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                                       Je fais un bras d’honneur aux maîtres-censeurs

« Qui veut noyer  son chien l’accuse de la rage » (Molière dans « les femmes savantes ») (1)

 

À 72 ans, j’ai une certaine habitude (et une certaine lassitude) des campagnes électorales, et je me doutais bien que les prémices de l’élection présidentielle d’avril 2022 seraient riches en vacheries, mensonges, faux scandales fabriqués de toutes pièces et coups tordus portés en dessous de la ceinture. Lesdits coups visant – comme à chaque fois – à diaboliser le camp de droite. Vous noterez que je n’emploie pas, sciemment, le terme d’extrême droite que je laisse aux journaleux et plumitifs qui, eux, sont très majoritairement de gauche (2). C’est  Jean-Pierre Stirbois, sauf erreur, qui disait que « la France est un pays dirigé par deux gauches dont une se fait appeler la droite ». C’était fort bien vu car, depuis Giscard, la droite molle et le centre flou ont accepté toutes les « avancées sociétales » de la gauche. Ces gens-là partagent les mêmes idées, la même gamelle, et n’ont qu’un ennemi : le nationalisme sur lequel ils se font un devoir de tirer à boulet rouge en permanence.

En moins d’une semaine, la droite nationale aura été à l’origine de trois polémiques, trois procès en sorcellerie, qui provoquent  l’indignation de toute la classe politique et des médias qui lui servent la soupe. Une indignation feinte, surjouée, qu’on fait mousser comme une mayonnaise.

La première salve était pour Zemmour, celui que l’AFP (3), dans sa neutralité bien connue, qualifiait de « sulfureux polémiste d’extrême droite » alors qu’il n’était encore que journaliste.

Éric Zemmour refuse le « vivre-ensemble » et la « société inclusive ». Voilà qu’il veut mettre les enfants handicapés dans des camps, pour les séparer des autres enfants. Nous voilà revenus, d’un coup, aux « heures les plus sombres de notre histoire ». On en frémit d’avance !

En fait Éric Zemmour ne fait que préconiser une mesure de simple bon sens : permettre aux enfants frappés d’un handicap léger de suivre la même scolarité que les autres, et ouvrir davantage d’établissements spécialisés pour les enfants en handicap lourd. En quoi est-ce critiquable ?

Mais rien ne vaut des cris d’orfraie, une (fausse) indignation de vierges outragées, un concert  de tam-tams médiatiques, pour créer et accompagner des émotions sentimentalo-pleurnichardes.

Les Français ont la mémoire courte. Ils devraient pourtant se souvenir qu’on nous a déjà fait le même coup foireux dans le passé, quand Jean-Marie Le Pen proposait de placer les « sidaïques » dans des établissements chargés de les soigner. Bis repetita !  Ça marche à tous les coups !

La seconde salve visait Marine Le Pen qui a osé faire un clip de campagne devant la grande pyramide du Louvre, provoquant l’ire et l’indignation des administrateurs du musée.

Quand, juste après son élection, le nouveau pharaon Toutenmakron (4), avec son regard froid d’halluciné, appelait les Français « de tous degrés et grades » à le rejoindre, devant la pyramide du Louvre illuminée – une symbolique maçonnique qui n’aura échappé à personne – aucune voie ne s’est élevée pour condamner le décorum surréaliste de cette cérémonie qui rappelait étrangement Mitterrand déambulant une rose à la main dans le Panthéon en mai 1981.

Marine Le Pen, qui est très loin d’avoir la culture politique de son père (ou d’Éric Zemmour) compense ses manques par une démagogie souvent racoleuse, avec l’espoir d’attirer les électeurs de Jean-Luc Mélenchon. C’est assez puéril mais c’est son droit. Elle a voulu « fermer la parenthèse Macron » devant la pyramide du Louvre, là où cette sinistre farce avait commencé.

Le Louvre est un établissement public financé par NOS impôts, donc je ne vois pas au nom de quoi  Marine Le Pen se verrait interdire de se faire filmer devant la pyramide du Louvre. En France, sauf erreur et jusqu’à nouvel ordre, il n’y a que les bases stratégiques qu’on ne doit pas filmer ou photographier. Cette affaire est donc, une fois de plus, un mauvais procès.

La troisième salve ferait presque rire et pourtant elle est à pleurer. Figurez-vous que samedi dernier, les troupes « antivax »  de Florian Philippot ont été vues (et prises en photo) défilant en faisant le salut fasciste. Nous revoilà, encore et encore, aux « heures les plus sombres de notre histoire ». Ça ne s’arrêtera donc jamais ? Depuis la guerre, il y a une culpabilisation perpétuelle de la droite nationale, assimilée au national-socialisme allemand ou au fascisme italien qui sont pourtant, de manière évidente, deux phénomènes de gauche puisque le fascisme est un avatar du socialisme.                 

C’est un mouvement prolétarien, fondé sur une toute-puissance de l’État bureaucratique, le pouvoir absolu des apparatchiks du parti unique. C’est, fondamentalement une notion de gauche !!!!

Rappelez-vous, il y a quelques années un dénommé Dieudonné M’Bala M’Bala provoquait un scandale national (et la colère du Premier « sinistre » Manuel Valls (5)) car, dans son spectacle, il faisait une « quenelle ». Et des vieux militants droitiers comme moi découvraient que la « quenelle » était une sorte de salut fasciste à l’envers. Nous n’en avions jamais entendu parler !

Si les indignés, les scandalisés de tout poil, avaient un minimum de culture ils sauraient que ce qu’ils appellent salut fasciste est en fait le salut romain, exécuté bras tendu, avec la paume de la main dirigée vers le sol et les doigts serrés entre eux. Le geste est popularisé par le tableau de David « Le Serment des Horaces ». Mais les maîtres-censeurs ne s’arrêtent pas à ces temps lointains. Pour eux, les troupes de Philippot sont assimilables à la « Sturmabteilung » (de Sturm « tempête » ou « assaut » et Abteilung « détachement, section »), abrégée en SA, l’organisation paramilitaire du Parti nazi. Terrible SA qui joua un rôle important dans l’accès au pouvoir d’Adolf Hitler en 1933. Pour un peu, ils reprocheraient à Florian Philippot d’avoir les mêmes penchants sexuels qu’Ernst Röhm, le chef des SA (6) et applaudiraient à une nouvelle « nuit des longs couteaux » (7).

Et bien, n’en déplaise à ces ignares, ce qu’ils appellent salut fasciste vient d’un grand pays cité comme un modèle de démocratie : les USA.  Tout a commencé dans les années 1890 avec le « Serment d’allégeance », rédigé par un pasteur socialiste, Francis J. Bellamy. Publié dans « Youth’s Companion », l’auteur livre des instructions précises quant à l’attitude à adopter pendant l’hymne national américain : placer la main sur le cœur et, lorsque les mots « à mon drapeau » sont prononcés, tendre le bras droit vers l’avant, paume de la main vers le sol.  La publication de Bellamy intervenait dans un contexte où les États-Unis connaissent un flux migratoire important. Il voulait un geste d’intégration fort. Ce salut a donc été adopté pour favoriser le sentiment national… aux USA.

En 1892, le « Salut de Bellamy » sera appliqué dans les écoles publiques pour la première fois à l’occasion de Columbus Day, commémoration de l’arrivée de Christophe Colomb au Nouveau Monde.

Mais le salut romain, le bras levé, n’est pas resté l’apanage des patriotes américains. Dans les années 1930, Hitler et les fascistes italiens en font le symbole officiel de leurs partis. En 1942, Franklin Roosevelt décide de simplifier le salut en une main posée sur le cœur, en opposition au salut nazi. Ce nouveau protocole de l’hymne national fait son entrée dans les textes de loi. D’après le titre 36 du Code des lois américain, « tout citoyen est supposé se tenir debout tout au long de l’hymne, ôter son chapeau, faire face au drapeau et poser la main droite sur le cœur. »

Donc si on ne veut pas entendre parler du salut romain, retenons que ce salut a été créé par un pasteur socialiste américain et que Franklin Delano Roosevelt, ce démocrate franc-maçon, aura été sans le savoir l’inventeur de la « quenelle ». C’est à se taper sur les cuisses.

Plus sérieusement, je peux comprendre que les maîtres-censeurs s’émeuvent et s’indignent de voir quelques provocateurs nazillons faire le salut fasciste en fin de cortège mais, de grâce, qu’ils arrêtent de nous bassiner avec la « peste brune ». Le nazisme est mort en 1945 à Nuremberg (8), le communisme, lui, sévit encore en Corée du Nord, à Cuba et dans quelques États africains, mais ça n’émeut personne. Nous avons encore chez nous quelques staliniens convaincus alors que le communisme a fait 150 millions de victimes dans le monde.

Et puis, je suis peut-être simpliste, mais il me semble que le salafisme (et ses « idiots utiles » islamo-gauchistes) est plus dangereux que quelques braillards en queue de manifestation. Depuis qu’en avril 2012, Mohammed Merah a semé la mort à Toulouse et à Montauban, 271 personnes ont été tuées (et 900 ont été blessées) lors de 23 attaques islamistes. En parallèle, combien de victimes sont imputables à l’ultra-droite ? À ma connaissance, aucune ?

Tout ceci est une pantalonnade, un enfumage grossier, d’ailleurs si le groupuscule présent à la manifestation de Philippot avait levé le bras en scandant  « Heil Jupiter », même Dard-Malin, le ministre des basses polices, aurait trouvé ça très bien.

Cédric de Valfrancisque

1)  En fait  ce dicton du XVIIIe siècle existait bien avant Molière.

2) En 2002, ce n’est pas hier, une enquête du Monde – journal de gauche – nous apprenait que 92 % des journalistes français se disaient de gauche ou « ayant une sensibilité de gauche », et croyez-moi, ça ne s’est pas arrangé depuis.

3) On pourrait penser qu’AFP veut dire « Authentiques  Fils de Pute » mais non !

4) Les égyptologues avertis vous diront que c’est le seul pharaon qui vivait avec une momie.

5) Celui qui est français en France, puis catalan en Catalogne et dont les Catalans n’ont pas voulu, ce qui tendrait à prouver qu’ils sont plus lucides que nous.

6) Car ces gens  qui prétendent combattre l’homophobie ne tolèrent que les homos… de gauche.

7) Nom donné à la série d’assassinats et d’arrestations ordonnés au sein de l’appareil dirigeant du Parti nazi par Adolf Hitler, dans la nuit du 30 juin 1934, visant à liquider les SA au profit des SS.

8) Procès qui a duré du 20 novembre 1945 au 1er  octobre 1946.

 

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5 Commentaires

  1. cette histoire d’une manif à paris avec l’ensemble des manifestants faisant le salut nazi a été évoqué (mais sans illustration visuelle bien sur) par un journaleux présentateur du journal local sur antenne réunion !

  2. Bonjour M.De Valfrancisque, encore un article édifiant sur la bassesse et la débilité de ces journaleux à la solde du pouvoir!!! J’adore vous lire et vous voir « démonter » toute cette couche de salopards qui ne mériterons qu’une balle qu’il faudra leur faire payer…Comprennent-ils que lorsqu’il n’y aura plus que nos remplaçants au pouvoir, ils ne feront pas long feu non plus ??? Ces gens là n’ont aucun respect pour ces traîtres et ce ne sera que justice!!! Merci pour ces articles que l’on voudrait plus « unanimes » Avec tout mon respect

  3. le curieux dans cette Histoire c’est que nos fameux chefs de pays et d’administrations fantômes en tous genres aient monnayé l’amour de l’islam en échange de la haine du Christianisme, les athées en premier, les gauchos dans leur sillage …..parce que l’islam appartiendrait de facto à la gauche guévariste atbéiste ; à part l’algérie je vois pas où ils ont vu ça.

  4. Merci Monsieur De Valfrancisque pour ce magnifique article très bien documenté et à l’argumentation imparable sauf par les gauchos et autres décérébrés

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