Brésil : coup d’État, ou coup d’esbroufe ?

C’est clair : la défaite de Bolsonaro face à Lula lors de la récente élection présidentielle est restée en travers de la gorge de pas mal de monde : résultat final serré à la limite du suspect, retour aux affaires d’un homme âgé et symbole d’un système politique vérolé par la corruption…

De fait, et bien qu’acceptée par le rival malheureux, la contestation de cette élection n’a jamais cessé. Pied de grue devant les casernes, à proximité des « gouvernorats », autocollants Bolsonaro toujours collés sur le pare-brise…
Mais le passage à l’action des opposants ce dimanche huit janvier semble à première vue parfaitement incohérent.
Réunis à Brasilia la capitale sur la « place des trois pouvoirs » – Congrès, résidence, Suprême Tribunal Fédéral (ça s’appelle comme ça, m’engueulez pas), les milliers de manifestants ont investi les locaux, et tout vandalisé. Vitres, mobilier, œuvres d’art, drôle de manière de s’attirer la sympathie de la population, d’autant que leurs représentants – s’il y en avait – n’ont fait connaître aucune revendication, requête ni même doléance.

Que voulaient-ils ? S’installer sur les lieux de pouvoir ne donne pas le pouvoir. On est loin de la prise des Tuileries ou de la Bastille. Et les quelques 200 manifestants capturés risquent de manger très grave pour un simple mouvement d’humeur.

Dans l’ensemble, les bolsonaristes déçus en appellent à l’armée, mais pas systématiquement pour rétablir une dictature militaire, ils ont déjà donné. Beaucoup réclament un recomptage des voix sous son contrôle, la corruption ayant fait perdre aux institutions civiles l’essentiel de leur crédit.

Sur les motivations des trouble-fête, les médias brésiliens ne se perdent même pas en conjectures, incapables qu’ils sont pour l’instant d’avancer une hypothèse plus solide que les autres, se contentant d’énumérer les faits et de les condamner.

Mais surtout : l’action était attendue, et même programmée. Réseaux sociaux en ébullition, des dizaines d’autocars spécialement affrétés pour la circonstance, et la foule a pu entrer tranquille dans les bâtiments officiels laissés pratiquement sans aucune protection.

TV Globo (proche du pouvoir actuel) montre les flics débonnaires, filmant les émeutiers, ou de temps en temps se faire sérieusement secouer. Le garde à cheval désarçonné gardera un mauvais souvenir de son dimanche.
Alors : des complicités en haut lieu ? Désinvolture ou incompétence façon Darmanin ? Volonté délibérée de les laisser tout casser pour les rendre encore plus impopulaires ? On peut présumer sans risque que quelques têtes vont tomber, à commencer par celle d’Anderson Torres, ministre de la Justice sous Bolsonaro mais toujours en charge de la sécurité du District fédéral, éventuellement accompagné pour l’occasion par son supérieur direct, Ibaneis Rocha, gouverneur du district.

Bolsonaro lui-même doit avoir les oreilles qui sifflent, son voyage-surprise à Miami tomberait trop bien selon certains pour être honnête.
Ajoutons que cette prestation, en rien spontanée, a eu un coût certain. Ses sponsors aussi peuvent avoir chaud aux fesses.
Par contre, les « pointures » proches de Bolsonaro, comme les gouverneurs de Sao Paulo et de Rio, ont de suite pris leurs distances avec les contestataires.

Dans son intervention sur le pouce, Lula s’est voulu impitoyable : hors les noms d’oiseaux attendus, « terroristas », « nazistas », « golpistas », il a dénoncé les garimpeiros (chercheurs d’or) et madeiros (trafiquants de bois) mécontents de perdre une partie de leurs profits avec les nouvelles lois de protection du « meio ambiental » en Amazonie et dans le Pantanal, leur promettant les feux de l’enfer.
Nous fermons cette bafouille en écoutant Flavio Dino, ministre de la Justice, qui nous fait savoir en substance, en concentré et en portugais dans le texte : « ça va ch.. ».

Jacques Vinent

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8 Commentaires

  1. Les brésiliens ont leurs « gilets jaunes » et leurs black blocks.
    Erreur monumentale: 100.000 manifestants qui détruisent leur « arc de Triomphe » à eux, dans un pays de 215 millions d’habitants, (0,04%!) cela renforce la macronie brésilienne, ces mondialistes de LULA.
    Les Peuples ont besoin de tribuns qui les rassurent!
    Pour que le Peuple se révolte, Il faut une organisation politique, des chefs charismatiques, et beaucoup de militants dans les rues. Des militants capables d’expliquer le système mondialiste, de motiver les foules, et pas de les effrayer.
    Et la Droite, partout dans le monde, manque cruellement de ces militants politiques de terrain, indispensables.
    Zemmour et Reconquête en suscitent, par leur communication active, mais pas encore Bardella et le RN, qui n’ont même pas, faute de militants…et d’ambitions autres que personnelles, un site d’échange ouvert… aux militants et sympathisants.

  2. Esbroufe, ces gens dignes du fameux QAnon ont été, probablement, manipulé pour discréditer Bolsonaro.
    Ce remake (écrit certainement par les mêmes scénaristes) de la prise du Capitole a exactement le même scénario : juste assez pour faire le buzz, mais pas suffisamment pour représenter un réel risque.
    Lulla est bien plus utiles à la mafia mondialiste que le moindre patriote qui pourrait les gêner dans leur exercice de prise en main sur le destin du monde.

  3. La droite a la plupart des gouverneurs ( qui sont très puissants) est majoritaire au parlement et au Sénat… Donc Lula n’a pas de puissance…On se demande la motivation des mutins ??? En plus ils sont allés autour et sur le toit, qui les a laissé entrer ?

  4. L’état profond aux États-Unis a conspiré avec des acteurs puissants de l’industrie et des entités étrangères pour commettre un coup d’État afin de destituer un président élu contre leur gré qu’ils détestaient et voler une élection au peuple américain. Ils s’assureront désormais qu’un autre étranger comme Trump n’occupera JAMAIS à nouveau de hautes fonctions en contrôlant les élections à l’avenir, et AUCUNE quantité de preuves ne convaincra les conspirateurs de se poursuivre eux-mêmes.

  5. Ben! J.vincent nous la fait à l’envers genre la démons-crasseuse en danger..sauf que c’est l’élection du mafieux lula qui est une esbrouffe de première se pourrit n’a jamais eu le dixième de se que Mr bolsonaro à réunis dans c’est immense meetings…Le vote par informatique fait des miracles n’es-pas?…Le fait que tout les pourritures mondialistes soutienne Lula et à lui seul une preuve que la mafia-mondialiste-parasitaires otanesque est derrière Lula….maintenant les mondialistes vont pouvoir injecté leurs sales poisons dans la société pour la liquéfié…
    Droid’hommiste lgbtq-mst et toute les autres abomination
    Satanique…..une chose par dessus tout me révolte comment se fait-il que poutine soutien (lula) se qu’il combat en ukraine ?….

    • Poutine a reconnu l’élection de Lula mais à vrai dire il aurait tout aussi bien reconnu la réélection de Bolsonaro. D’ailleurs Lula comme Bolsonaro sans soutenir l’intervention militaire russe en Ukraine ont ni l’un ni l’autre rejoint la politique de sanctions économiques décidés par l’UE et les USA. C’est ce qui compte pour Poutine qui se montre prudent car il ne souhaite pas se mettre à dos le Brésil et vise la continuité, c’est à dire garder de bonnes relations avec le Brésil quelque soit l’orientation politique du chef d’état en place.

      • Bien vu ; ajoutons simplement que le Brésil est dans les Brics, raison supplémentaire pour Poutine de traiter ses dirigeants avec ménagement.

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