Brétigny : Quand Hollande exclut toute hypothèse de sabotage, traduisons qu’il verrouille cette piste

Il y a trois ans presque jour pour jour, j’écrivais les lignes ci-après posant la question des droits inséparables des devoirs, d’un point de vue classiquement républicain. La Villeneuve de Grenoble venait d’être saccagée par presque deux semaines de guérilla urbaine.

Des « jeunes », comme il est obligatoire de les appeler pour ne pas « stigmatiser » une population étrangère ou originaire d’Afrique du nord, des jeunes donc, même s’ils étaient trentenaires pour certains, feront bloc, comme un seul. Ils riposteront, par une furieuse vendetta, à la mortelle mise hors d’état de nuire d’un de leur potes de jeunesse qui était sorti, -d’un casino qu’il s’en était allé braquer-, en tiraillant à la Kalachnikov sur la police.

Trois ans plus tard, que dire ?

Est-ce que les choses se sont apaisées, arrangées ?

Est-ce que nous n’avions alors eu affaire qu’à une locale poussée de fièvre jeune, sans signification politique ? N’était-ce qu’une poussée d’énervement local n’imposant pas de reconsidérer les choix stratégiques de la bureaucratie de l’union europoïde et de ses factotum à la tête de gouvernements des pays d’Europe, en particulier matière d’ouverture des frontières nationales et européennes confrontés à certains flux humains refusant d’adopter les comportements de base permettant d’avoir une vie sociale et un voisinage apaisé dans les pays d’accueil ?

Ces derniers jours, l’actualité a été riche d’événements

Ils ont montré l’homme, qui s’est pris pour le mètre étalon du comportement présidentiel, nous dire et nous redire : que tout allait pour le mieux, ou presque, dans ce meilleur des mondes que serait devenue la France sous sa houlette éclairée.

Ce 14 juillet, seul ou presque, il a même vu la reprise économique pointer son nez.

Ce 14 juillet encore, reprenant à son compte le succès de l’orchestre de Ray Ventura (1936), notre génial et perspicace président exemplaire, s’est mué en Sherlock Holmes combiné aux commissaires Bourel et Maigret. Concernant la catastrophe ferroviaire de Brétigny, « il exclut une hypothèse criminelle ». Il exclut, dit-il. En d’autres termes, il conclut avant même l’achèvement de l’enquête que, ce faisant, il prétend ainsi verrouiller.

Peut-être est-il trop tôt pour parler d’attentat ou de sabotage ferroviaire, mais enfin, il y a des choses curieuses qui se sont passées sur ces rails et autour, à Brétigny. Il y a eu des choses pas courantes, pour ne pas dire étranges, avec cette éclisse dont trois des quatre boulons se dévissent tout seul et s’en vont, tandis que le quatrième se dévisse lui aussi de lui-même et reste, permettant une étrange rotation à la dite éclisse.

C’est ce mouvement peu courant, pour ne pas dire improbable, qui interroge les enquêteurs et les commentateurs sérieux. Mais ces étrangetés, combinées à ce non-étrange hasard qui voit une bande de « jeunes » être présente sur les lieux du drame avant les secours, se jeter sur les victimes de la catastrophe pour les alléger de leur portable et riposter à coups de jets de pierre quand les pompiers les feront partir, ça, cela n’interroge pas notre potentat élyséen dont les cheveux sont soigneusement passés au noirs charbon pour que nous ayons la certitude d’avoir un président mâle, vigoureux, en bonne santé et toujours jeune.

Non, tout va bien madame la marquise, tout est normal madame la marquise, tout est normal, rien de grave ni de menaçant à l’horizon…

Cette petite ville de la proche banlieue parisienne, ayant passé une nuit de 13 juillet au rythme des pétards mortiers lancés vers la police, une petite ville d’un peu plus de vingt mille habitants, où, selon des habitants, on verra les artificiers amateurs adeptes du « nique la police », des « jeunes » là aussi, brûler trois voitures et se faire accompagner dans leurs mouvements de danses et de pas en avant puis de pas en arrière autour de la police, de quelques porteurs de « barbes » et de djellaba. Ils s’amusaient, rien de plus. Ils jouaient, un peu bruyamment, -ces grands gosses facétieux- à narguer amicalement la police…

Cette proche banlieue, l’hôte élyséen et les siens n’en ont pas entendu parler. Vous pensez, seulement trois voitures incendiées et rien que quelques tirs de mortiers vers la police, pas de quoi en faire un drame. J’allais oublier cet autre non-événement du 13 et 14 juillet 2013 pour le discours présidentialo-normal. Vous savez, c’est cet autobus, tiré au mortier lui aussi, sur le boulevard Berthier. Le conducteur n’a eu que le temps d’évacuer les passagers, et l’autobus s’est transformé en torche, en brasier. Non, décidément, c’est sûr, tout va très bien madame la marquise, Normal le dit, faut le croire.

Il nous l’a dit notre Ray Ventura présidentiel, tout va très bien !

Répétez avec lui : tout va très bien ; la reprise pointe et il ne s’est rien passé de grave à Brétigny, rien que de la faute à pas de chance et, peut-être un manque de surveillance des services de maintenance de la SNCF ? Voilà on a trouvé le coupable, à Brétigny, ce n’est pas un lampiste, c’est un, deux ou trois cheminots pas assez attentifs et leurs hiérarchie qui n’est pas assez sur leur dos.

Alon Gilad

 

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