Brexit or not Brexit, telle est la question

brexitPrès de deux semaines après le référendum sur le Brexit, on se demande ce qui arrive à nos voisins d’outre-Manche. Même nous, Français, sommes dans l’incompréhension. Après avoir pronostiqué une défaite du Brexit, je me suis empressé, tout content, de rectifier le tir, annonçant dans mon dernier article la défaite des élites et la victoire des peuples. Mais au vu de l’évolution de la situation politique, je ne me hasarderai pas à faire quelque autre pronostic de bonne ou de mauvais augure.

En effet, une semaine après la victoire du « Leave », Boris Johnson, le meilleur ennemi de David Cameron et chef de l’aile droite des Tories (parti Conservateur) a publiquement renoncé à briguer le siège de Premier-Ministre.

Et aujourd’hui, c’est Nigel Farage, chantre du Brexit et leader d’UKIP (parti politique patriote faussement qualifié de « xénophobe » par nos augustes inquisiteurs médiatiques) qui annonce vouloir quitter la direction de son mouvement pour prendre une retraite qu’il estime bien méritée.

Les théoriciens du complot ont eu beau jeu de prétendre que des menaces avaient été proférées pour obliger ces deux patriotes à rester en retrait. Pour les médias du Système, c’est une toute autre version qui s’impose. Johnson et Farage auraient « gueulé » pour le Brexit sans en mesurer les conséquences. Une fois leur vœu réalisé, ils se seraient sentis dépassés par l’ampleur du cataclysme et auraient filé… à l’anglaise, la queue entre les pattes, laissant aux autres la charge de mettre de l’ordre.

Quand on sait que Farage est un économiste et un entrepreneur qui a travaillé pour la City, et que Johnson est un politicien chevronné et un gestionnaire si efficace que sous sa mandature la ville de Londres a été assez épargnée par la crise, alors on a du mal à croire à la version de nos chers médias. Quant à la première version, j’ai aussi du mal à y croire. S’il avait été question de menaces ou de chantage, cela aurait été utilisé avant le référendum et non après.

Ce dont on peut être sûrs, c’est que les élites nous mijotent quelque chose et que ça risque de nous rester en travers de la gorge. Déjà, l’éditorialiste Christophe Servan nous avait enjoints dans les colonnes de Boulevard Voltaire à « ne pas sous-estimer la résilience du Système et de ses âmes damnées ». La France avait voté « Non » en 2005, cela ne les a pas empêchés de revenir à l’attaque trois années plus tard, en déguisant leur projet de Constitution Européenne, en lui donnant le nom euphémique de Traité de Lisbonne.

Mais là, c’est une chose bien plus obscène qu’ils sont en train de mettre en place. Il ne s’agit plus d’outrepasser la volonté du peuple en lui faisant croire qu’on tient compte de sa parole. Il s’agit purement et simplement de créer un chaos organisé obligeant le peuple à supplier de lui-même qu’on ignore son expression référendaire et qu’on revienne au statu quo.

Quand le chaos espéré ne vient pas, il suffit de le provoquer. Les Cassandre de l’apocalypse nous avaient prédit la fin de l’économie britannique dans le cas d’un Brexit. Or, les bourses européennes n’ont jamais été autant dans le vert, surtout la bourse londonienne. Des entreprises qui avaient menacé de quitter la Grande-Bretagne en cas de Brexit ont finalement rétropédalé, à l’instar de la banque HSBC.

A défaut d’être économique, la crise sera donc politique. Tous les jours la situation politique empire et l’incompréhension s’accentue. Or, qu’on me pardonne ce préjugé généralisateur et quasi-fasciste, il est dans la nature british de vouloir que les choses soient dans l’ordre. L’Anglais réprouve le désordre et la chienlit. Or, c’est bien ce qui est en train de s’instaurer dans le pays de Dickens et du bacon. D’aucuns pensent que le Brexit n’aura pas lieu. Plus je regarde l’actualité, et plus cette hypothèse me parait plausible.

Pourquoi David Cameron n’a-t-il pas voulu activer l’article 50 qui aurait permis à son pays d’engager sa procédure de sortie? Pourquoi a-t-il laissé ce soin à son successeur. Et s’il attendait que le peuple lui-même réclame l’annulation du référendum face à la peur de l’inconnu…

Non, ce ne sont pas les patriotes mais les élites qui jouent sur les peurs de la population. C’est le cas en Angleterre, comme c’est le cas en France.

Nicolas Kirkitadze

 

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7 Commentaires

  1. En attendant ,nous avons ,à ce qu’on nous dit ,une cargaison d’Anglais ,installés chez nous depuis des décennies qui ont boudé la nationalité française parce qu’ici le thé est imbuvable et tout d’un coup se mettent à vouloir honorer Jeanne d’Arc et traquer le sang impur de nos sillons en s’auto -boutant du Royaume Uni.

  2. ouais ! moi je comprend les anglais qui ont voté pour le Brexit car ils se sentent exclu du mirage économique et mis à l’ écart !!!
    il n’ y a qu’ à regarder la Premier league de football pour s’ apercevoir qu’ il n’ y a plus de joueurs anglais dans leurs équipes !!!
    regarder le personnel des hotels , il n’ y a pas d’ anglais et pour le reste !!!!
    la City financière c’ est l’ arbre qui cache la foret car cet argent profite uniquement aux travailleurs expatriés et à une minorité d’ anglais !!! et la population anglaise de souche est en train de mourir à petit feu !!!!!!!
    et voilà pourquoi le Brexit car ils sont en train de perdre leur identité !!!!!

  3. Ni Bojo ni Farage n’ont le courage de Tommy ROBINSON et c’est bien dommage. Il est vrai qu’il est moins risqué d’avoir de la gueule que des couilles !

  4. Nicolas,
    Ne soyons plus naïfs : ce référendum est voulu pour donner la possibilité d’aggraver ou relancer la crise ( ou plutôt les crises ) sur lesquelles surfent les capitalistes. A chaque crise, le nombre des milliardaires augment de façon très sensible.
    Le brexit gagnant, c’était la fin du monde : qu’en est-il aujourd’hui?
    Tout cela conforté par nos vaillants médias, ces cireurs de bottes pour la plupart subventionnés par l’état, leur vrai patron.
    Cordialement.

  5. On ne se méfie jamais assez de ses propres zélites bien pires que le malfrat du coin. Pour eux il s’agit de garder le pouvoir PAR TOUS LES MOYENS. Restons vigilants.

  6.  » Après avoir pronostiqué une défaite du Brexit, je me suis empressé, tout content, de rectifier le tir, annonçant dans mon dernier article la défaite des élites et la victoire des peuples. Mais au vu de l’évolution de la situation politique, je ne me hasarderai pas à faire quelque autre pronostic de bonne ou de mauvais augure. »

    C’est ce que je me suis dis après le premier article ! Alors de grâce, NE DITES PLUS RIEN !

  7. Qu’ on les mettent dehors les anglais sinon ils ne partiront pas. Ils ont choisi ils doivent assumer.

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