Brighelli bientôt en retraite : requiem jaculatoire pour un patriote

Publié le 16 août 2020 - par - 12 commentaires - 2 601 vues
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Requiem jaculatoire pour un patriote in partibus (1)

Dans ce billet https://blog.causeur.fr/bonnetdane/le-syndrome-de-caligula-003225?, Jean-Paul Brighelli annonce son très prochain départ en retraite. Bien qu’un peu laborieux, son tropisme dextrogyre https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Brighelli#Parcours_politique (Brighelli vient de l’extrême ultra gauche…) plaide incontestablement en sa faveur. Il lui sera donc beaucoup pardonné. « Pouvait mieux faire » ? Certes, mais comme nous tous. Alors chapeau l’artiste.

Le trépas du Mammouth (qu’avec un peu de lucidité on pouvait acter dès la fin du siècle dernier, donc avant sa Fabrique du crétin https://www.librairie-gallimard.com/livre/9782070333097-la-fabrique-du-cretin-la-mort-programmee-de-l-ecole-jean-paul-brighelli/) le laisse apparemment inconsolable. A ses larmes, que je respecte, je n’en ajouterai pour ma part pas une seule. Ce qui entre autres me navre, ce n’est pas que le Mammouth ait passé l’arme à gauche, c’est qu’une espèce désormais fossile continue à nous coûter aussi cher : premier poste budgétaire de la Nation, loin devant l’Armée, la Justice et la SPA.

Une constatation que je partage avec lui : l’abyssale veulerie des « profs ». « Profs » : une apocope qui imite à la perfection le bruit d’un étron mou tombant d’un anus distrait. D’extrême gauche pour un tiers, de gauche pour un autre, et rien – nada – pour le dernier, à quelques heureuses exceptions près, bien entendu.

Ne parlons pas de leur indécrottable soif de petit confort : touche pas à mon petit emploi du temps compact, à mes petites heures sup, à mes petits après-midis libres, à mes longues petites vacances, à ma petite Terminale S sur mesure, à mes petits ateliers de calcul arabo-wisigothique à très petits effectifs, à ma petite mut’ dans le lycée centre-ville petit-bourgeois pas encore trop craignos – celui-là même où, jouant d’une « carte scolaire » qu’ils maîtrisent bien, ils ont également réussi à caser leurs petits n’enfants afin de leur éviter certaines promiscuités, (gênantes, on a beau dire) – … Tout cela est humain, trop humain, et se rencontre à coup sûr sous d’autres tropiques professionnels.

Plus intrigant : alors qu’ils ne représentent que 730 000 des 29,6 millions d’actifs que compte l’économie française, soit moins de 2,5%, ces grands pourfendeurs des inégalités devant l’Eternel ne sont pas trop dérangés par le fait que leurs rejetons forment quelque 15 % des élèves normaliens et 10 % des étudiants inscrits en classe préparatoire aux grandes écoles.

https://www.insee.fr/fr/statistiques/3676623?sommaire=3696937

Mais bon, ils vous diront qu’étant plus intelligents que les autres, il est normal que leurs enfants soient plus intelligents que les enfants des autres. On n’y peut rien, c’est comme ça. Alors passons.

Parlons plutôt de leur absolue soumission, via entre autres le bon lait de L’Obs, du Monde diplomatique et d’Alternatives économiques, aux diktats du politiquement correct et du prêt-à-penser. Les « profs » se feraient hacher menu plutôt que de reconnaître l’évidente évidence, à savoir que, depuis à minima les années Chirac et avec le concours très actif de lobbies animés d’une vision eschatologique de l’Histoire, les vagues migratoires qui déferlent sur notre pays ont définitivement explosé la baraque républicaine à laquelle ils font encore semblant d’être viscéralement attachés. La mort sociale pour quiconque ose leur dire que le roi est nu.

« Ils me tueraient, s’ils osaient. » écrit Brighelli. En ce qui concerne ma modeste personne, ils ont essayé. Mais ils sont tellement nuls que même ça, ils l’ont raté, alors que franchement, à grand X contre un, c’était pas difficile. Je vous parle d’un temps que les moins de quinze ans ne peuvent pas connaître : il y a donc prescription. Et puis, catholique, j’ai fini par pardonner, aidé par le fait que j’avais réussi à mettre de la distance entre ces pieds nickelés et moi. Dans un établissement postérieur, leurs alter ego ont joué les corbeaux auprès du recteur. Ça m’a coûté 4000 euros de frais d’avocat. En pure perte, naturellement : le proviseur, l’inspecteur pédagogique « régional » (sic !), le recteur et le président du tribunal administratif tablier-de-cochonnaient sans doute au sein de la même loge. Bon, j’arrête, je ne vais pas vous raconter ma vie. Quoi qu’il en soit, et pour reprendre une expression toute brighellienne, que le diable patafiole tout ce petit monde ! Et pour l’éternité, non mais…

Alors, me dira-t-on, pourquoi les parents ne reprennent-ils pas leur progéniture en main ? Mais parce que les parents éprouvent une infinie gratitude envers la République – merci à toi, Grand Ferry Jules ! – qui a créé l’école obligatoire jusqu’à 12, 14 puis 16 ans, en attendant mieux, leur permettant ainsi de consacrer leur temps à des activités infiniment plus gratifiantes que l’élevage de mioches. Les « profs » sont pédophiles pour certains ? Incompétents pour d’autres ? Parfois les deux à la fois ? Lesdits mioches se font harceler par des ethnies-qui-n’ont-pas-les-codes ? Leur bagage intellectuel se réduit à Booba vs Kaaris ? Qu’importe. L’Educ’Nat’ délivre nos chers parents de toute astreinte éducative, à la fois obligatoirement, gratuitement (puisque c’est l’Etat qui paie) et laïquement (on ne sait pas trop ce que ça veut dire, mais ça doit être super). Le récent épisode confinatoire covidien a eu le bon goût de rappeler aux parents que le mal absolu existe sur cette terre : être condamné à supporter, toute la sainte journée et des jours durant, des gamins mal élevés. L’enfer. Alors vive les profs, citoyens-parents ! Des balcons, extatiques / Tous les soirs à vingt heures / Tapons en leur honneur / Sur nos chaudrons éthiques !

C’est dans le désespoir le plus noir que l’ami Jean-Paul prend ses cliques et ses claques (voir son effrayant « PS », qu’il aurait pu intituler « Note de bas de page » : de l’usage thérapeutique du vocabulaire idoine…). Qu’il sache qu’il y a de la vie après l’Educ’Nat’. Je me permets de lui signaler que j’anime des cellules psychologiques post-traumatiques en direction des néo-retraités du système éducatif, avec stages intensifs de déconfinement et de réinsertion dans une existence normale. Tarifs modérés, très au-dessous du rendu, et même du prix de revient. Paiement fractionné possible, sous réserve d’éligibilité. Qu’il n’hésite pas à me contacter via la rédaction de RL, qui transmettra.

Bien à lui.

Henri Dubost

agrégé de mathématiques, professeur émérite de l’Education nationale, enseigne depuis, à temps très partiel et avec bonheur, dans un lycée privé de la banlieue parisienne

(1)         In partibus infidelium : « dans les contrées des infidèles ».

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Notifiez de
Hasso

Merci pour ce portrait, cruel, d’une profession par un très bon connaisseur.
En tant qu’ex-fonctionnaire d’une autre administration, il est légitime de peindre les travers de ce que l’on connaît. Les changements sont toujours dus à ceux qui ne sont pas contents, et le conservatisme à ceux qui voient la vie en rose.
Mais il paraît que environ 10 % des profs sont sympathisants du FN-RN. M. Brighelli, que je lis avec plaisir, est le symptôme d’un renversement idéologique qui a eu lieu il y a quelques années !

kayok enragé

La “fabrique du crétin” est encore et toujours à l’œuvre. Les successeurs de M. Brighelli ont encore du pain sur la planche. Mais est-ce qu’il y en aura encore pour reprendre le combat maintenant que les derniers tenants du savoir à l’école sont partis à la retraite ?

yvank

On a commencé par ne plus demander à l’immigré, de respecter les us et coutumes du pays qui s’oblige à l’accueillir. D’autant que pour plaire à l’immigration invasive les républiques de renoncement ont couvert la France de mosquées tout en proposant à l’éducation nationale une histoire de France révisée, l’annulation de l’éducation civique et morale, et l’enlèvement de tout ce qui rappelle trop la France. L’éducation en Macronie doit avant tout plaire aux arabes, aux tchétchènes, aux africains, aux pakistanais.

Lohengrïn

Un grand merci pour cet article ! Que de vérités et qui touchent pas seulement l’enseignement public mais aussi les établissements privés sous contrat d’association. L’état d’enseignant génère un individu dont la réflexion se limite à lui même.
On rencontre chez lui une très grande pauvreté intellectuelle et une curiosité très limitée hors de sa discipline.

fichet.jacqueline@neuf.fr

Je suis une fan de Jean Claude Brighelli, je lis avec délectation ses articles sur Causeur. J’ai été un peu prof moi même (allemand), et partage complètement son opinion, et la vôtre, Monsieur, sur le déclin de l’EN. Merci pour votre article.

wika

Merci pour cet article.
J’adhère totalement à ce que vous dites.
L’enseignement depuis 40 ans a sombré dans une idéologie envahissante de gôche tenue en haut lieu par des gens pas forcément compétents, et ceux qui ne sont pas d’accord avec le système doivent raser les murs ou se battre ouvertement, ce que vous avez fait.
Le souci d’égalité chez les enseignants n’est que théorique, comme vous le soulignez, surtout lorsqu’il s’agit de tirer la couverture à soi et bien sûr faire des courbettes devant le chef d’établissement, afin de lui soutirer un maximum d’avantages.

didile

Et encore !
Les profs n’ont plus guère ,la Maif,la Camif,la Mgen,les maisons de santé ,les centres de vacances ,j’en oublie sûrement ,pour eux tout-seuls .
Ils ont laissé leur asile de fous de la Verrière leur échapper!

Gillic

La déséducation nationale ne va pas apprécier votre article tant il est sensé !!!!!

Henri

Bel article, merci.
Un mien ami, instit’ et même directeur d’école, faisant partie des très rares exceptions que vous mentionnez quant à l’orientation politique me disait :” que veux-tu qu’un prof connaisse à la vie, il entre à l’école à 3 ans il en sort à la soixantaine bien sonnée, il n’a jamais rien vu d’autre”…

Philippe HERBE

Brillant tableau de la caste des profs – que dire alors des profs des écoles – qui collaborent à la fabrique du crétin! C’est aussi une analyse succincte mais parfaitement réaliste des cloportes qui déposent le petit devant l’ établissement scolaire et qui se lave les mains de ce qu’il s’y passe, tellement satisfaits de voir leurs mioches recevoir des bacs au rabais avec lesquels ils peuvent se torcher l’oignon et de recevoir des allocs… L’EN et l’école obligatoire ont fait de la France une nation dévitalisée.

François Desvignes

Il ne faut pas psychologiser Brighelli, même à demi tarif.

Car, d’un point de vue catholique, donc français, tout soldat qui n’est pas mort est un soldat d’active.

Afin qu’une fois mort, il soit un héros puisque Français.

Il faut demander à Brighelli d’écrire pour RL et s’il avait un peu de temps de nous pondre des manuels scolaires, sous édition RL.

Ca vaut pour vous Dubost : RL a besoin d’argent , nos enfants de connaissances et les profs de droits d’auteur.

Il est VITAL que la connaissance qui a quitté la gauche reste à droite.

Car alors l’argent quittant la gauche viendra à droite, et ainsi la connaissance et l’argent réunis nous donneront la victoire.

Faites comme toujours : soyez excellents.
Puisque vous êtes Français.
Avant d’être profs..

Laurent P

> ils vous diront qu’étant plus intelligents que les autres, il est normal que leurs enfants soient plus intelligents que les enfants des autres
En tant que fils de profs (parent1 & parent2, de sexes opposés) je vais vous dire pourquoi les fils de prof réussissent généralement bien :
– Ils ne veulent pas faire honte à leurs parents, donc ils TRAVAILLENT pour obtenir de bons résultats
– Ils ont des livres dans toutes les pièces, plein les étagères.
– Ils connaissent la mentalité des profs vu qu’ils entendent parler d’école EN PERMANENCE et savent donc ce qu’il faut faire pour naviguer dans le système.
– Ils ne sont pas forcément plus intelligents que les autres mais ils pensent FORCEMENT qu’ils le sont, ce qui aide ENORMEMENT en levant inhibitions et doutes.

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