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Brighelli bientôt en retraite : requiem jaculatoire pour un patriote

Requiem jaculatoire pour un patriote in partibus (1)

Dans ce billet https://blog.causeur.fr/bonnetdane/le-syndrome-de-caligula-003225?, Jean-Paul Brighelli annonce son très prochain départ en retraite. Bien qu’un peu laborieux, son tropisme dextrogyre https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Brighelli#Parcours_politique (Brighelli vient de l’extrême ultra gauche…) plaide incontestablement en sa faveur. Il lui sera donc beaucoup pardonné. « Pouvait mieux faire » ? Certes, mais comme nous tous. Alors chapeau l’artiste.

Le trépas du Mammouth (qu’avec un peu de lucidité on pouvait acter dès la fin du siècle dernier, donc avant sa Fabrique du crétin https://www.librairie-gallimard.com/livre/9782070333097-la-fabrique-du-cretin-la-mort-programmee-de-l-ecole-jean-paul-brighelli/) le laisse apparemment inconsolable. A ses larmes, que je respecte, je n’en ajouterai pour ma part pas une seule. Ce qui entre autres me navre, ce n’est pas que le Mammouth ait passé l’arme à gauche, c’est qu’une espèce désormais fossile continue à nous coûter aussi cher : premier poste budgétaire de la Nation, loin devant l’Armée, la Justice et la SPA.

Une constatation que je partage avec lui : l’abyssale veulerie des « profs ». « Profs » : une apocope qui imite à la perfection le bruit d’un étron mou tombant d’un anus distrait. D’extrême gauche pour un tiers, de gauche pour un autre, et rien – nada – pour le dernier, à quelques heureuses exceptions près, bien entendu.

Ne parlons pas de leur indécrottable soif de petit confort : touche pas à mon petit emploi du temps compact, à mes petites heures sup, à mes petits après-midis libres, à mes longues petites vacances, à ma petite Terminale S sur mesure, à mes petits ateliers de calcul arabo-wisigothique à très petits effectifs, à ma petite mut’ dans le lycée centre-ville petit-bourgeois pas encore trop craignos – celui-là même où, jouant d’une « carte scolaire » qu’ils maîtrisent bien, ils ont également réussi à caser leurs petits n’enfants afin de leur éviter certaines promiscuités, (gênantes, on a beau dire) – … Tout cela est humain, trop humain, et se rencontre à coup sûr sous d’autres tropiques professionnels.

Plus intrigant : alors qu’ils ne représentent que 730 000 des 29,6 millions d’actifs que compte l’économie française, soit moins de 2,5%, ces grands pourfendeurs des inégalités devant l’Eternel ne sont pas trop dérangés par le fait que leurs rejetons forment quelque 15 % des élèves normaliens et 10 % des étudiants inscrits en classe préparatoire aux grandes écoles.

https://www.insee.fr/fr/statistiques/3676623?sommaire=3696937

Mais bon, ils vous diront qu’étant plus intelligents que les autres, il est normal que leurs enfants soient plus intelligents que les enfants des autres. On n’y peut rien, c’est comme ça. Alors passons.

Parlons plutôt de leur absolue soumission, via entre autres le bon lait de L’Obs, du Monde diplomatique et d’Alternatives économiques, aux diktats du politiquement correct et du prêt-à-penser. Les « profs » se feraient hacher menu plutôt que de reconnaître l’évidente évidence, à savoir que, depuis à minima les années Chirac et avec le concours très actif de lobbies animés d’une vision eschatologique de l’Histoire, les vagues migratoires qui déferlent sur notre pays ont définitivement explosé la baraque républicaine à laquelle ils font encore semblant d’être viscéralement attachés. La mort sociale pour quiconque ose leur dire que le roi est nu.

« Ils me tueraient, s’ils osaient. » écrit Brighelli. En ce qui concerne ma modeste personne, ils ont essayé. Mais ils sont tellement nuls que même ça, ils l’ont raté, alors que franchement, à grand X contre un, c’était pas difficile. Je vous parle d’un temps que les moins de quinze ans ne peuvent pas connaître : il y a donc prescription. Et puis, catholique, j’ai fini par pardonner, aidé par le fait que j’avais réussi à mettre de la distance entre ces pieds nickelés et moi. Dans un établissement postérieur, leurs alter ego ont joué les corbeaux auprès du recteur. Ça m’a coûté 4000 euros de frais d’avocat. En pure perte, naturellement : le proviseur, l’inspecteur pédagogique « régional » (sic !), le recteur et le président du tribunal administratif tablier-de-cochonnaient sans doute au sein de la même loge. Bon, j’arrête, je ne vais pas vous raconter ma vie. Quoi qu’il en soit, et pour reprendre une expression toute brighellienne, que le diable patafiole tout ce petit monde ! Et pour l’éternité, non mais…

Alors, me dira-t-on, pourquoi les parents ne reprennent-ils pas leur progéniture en main ? Mais parce que les parents éprouvent une infinie gratitude envers la République – merci à toi, Grand Ferry Jules ! – qui a créé l’école obligatoire jusqu’à 12, 14 puis 16 ans, en attendant mieux, leur permettant ainsi de consacrer leur temps à des activités infiniment plus gratifiantes que l’élevage de mioches. Les « profs » sont pédophiles pour certains ? Incompétents pour d’autres ? Parfois les deux à la fois ? Lesdits mioches se font harceler par des ethnies-qui-n’ont-pas-les-codes ? Leur bagage intellectuel se réduit à Booba vs Kaaris ? Qu’importe. L’Educ’Nat’ délivre nos chers parents de toute astreinte éducative, à la fois obligatoirement, gratuitement (puisque c’est l’Etat qui paie) et laïquement (on ne sait pas trop ce que ça veut dire, mais ça doit être super). Le récent épisode confinatoire covidien a eu le bon goût de rappeler aux parents que le mal absolu existe sur cette terre : être condamné à supporter, toute la sainte journée et des jours durant, des gamins mal élevés. L’enfer. Alors vive les profs, citoyens-parents ! Des balcons, extatiques / Tous les soirs à vingt heures / Tapons en leur honneur / Sur nos chaudrons éthiques !

C’est dans le désespoir le plus noir que l’ami Jean-Paul prend ses cliques et ses claques (voir son effrayant « PS », qu’il aurait pu intituler « Note de bas de page » : de l’usage thérapeutique du vocabulaire idoine…). Qu’il sache qu’il y a de la vie après l’Educ’Nat’. Je me permets de lui signaler que j’anime des cellules psychologiques post-traumatiques en direction des néo-retraités du système éducatif, avec stages intensifs de déconfinement et de réinsertion dans une existence normale. Tarifs modérés, très au-dessous du rendu, et même du prix de revient. Paiement fractionné possible, sous réserve d’éligibilité. Qu’il n’hésite pas à me contacter via la rédaction de RL, qui transmettra.

Bien à lui.

Henri Dubost

agrégé de mathématiques, professeur émérite de l’Education nationale, enseigne depuis, à temps très partiel et avec bonheur, dans un lycée privé de la banlieue parisienne

(1)         In partibus infidelium : « dans les contrées des infidèles ».