Brigitte et Roger : Patriotes, et alors ?

Ri7Roger Heurtebise 001 Ri7Brigitte Bré Bayle 1  001Brigitte et Roger, deux amis de fraîche date, rencontrés à l’automne de ma vie sur le chemin que l’on nommera « Amour de la France ». Deux compagnons de route avec lesquels il fut enrichissant, pour le coeur et pour l’âme, de marcher.

La vie réserve de ces surprises, lorsque son cours en principe un peu (ou beaucoup) prévu d’avance prend un virage, s’offre d’autres perspectives, met dans son fil les épices de l’engagement. Il y eut pour moi la besogne humanitaire et ses frissons guerriers traités par la seule vertu du témoignage et de l’action médicale. Aujourd’hui, trente ans plus tard, c’est différent mais le pouls bat au même rythme de l’inquiétude, de la vigilance, de la colère et, cette fois encore, de l’action par le verbe et par la plume.

Brigitte et Roger, pareillement habités par l’infini respect pour leur pays, pour son Histoire, pour les gens que la firent et la perpétuèrent. Patriotes, et alors ! Aurait-on le droit, et même le devoir, de gueuler le mot Patrie dans les stades et l’obligation de le taire partout ailleurs ? Qui peut nous convaincre qu’ainsi se réalise l’équilibre entre ce dont vit intimement l’esprit et la restitution formatée de cette nourriture dans la vie courante ? Lorsqu’ils pensaient le mot France, Brigitte et Roger frémissaient de ferveur, et de ce bonheur partagé que procure le sentiment d’appartenance. Nous sommes millions, dans ce pays, à ressentir cela. Beaucoup n’osent pas encore le clamer haut, beaucoup plient encore l’échine sous la charge de culpabilité qu’on les oblige à porter, beaucoup, cependant, mettent désormais leurs pas dans ceux de ces deux êtres trop tôt disparus.

Nos deux amis avaient raison. Notre conviction est, comme la leur, d’être dans notre droit de nation, de peuple faits d’individus libres et égaux, capables de discerner le mal, de le désigner pour ce qu’il est, et de le combattre. Brigitte et Roger, intelligences, sensibilités, forces évanouies dans l’une de ces longues nuits de Décembre, nous éclairent et nous guident. Leurs voix étaient calmes et déterminées, leurs certitudes laissent en nous la bonne contagion des choix justes. De cela, il faut les remercier, comme on le fait pour ceux qui ont éclairé, réchauffé, humanisé un jour le grand hasard de nos destinées.

Alain Dubos

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