Brigitte, notre amie, notre compagnon de Résistance

Publié le 30 décembre 2013 - par - 501 vues
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Brigitte Bré-BayleJe veux d’abord te dire merci. Merci pour ce que tu as fait pour nous, pour notre combat, pour notre France, pour notre civilisation, nos libertés, notre manière d’être, notre art de vivre. Et merci tout autant pour ce que tu as été, ta gentillesse, ta disponibilité, ta ténacité, ta force alliée à ta grâce.

Je sais que tu es ici, en ce moment, parmi nous. Je le sais, car j’ai appris, de science certaine comme on dit, que ceux que nous avons aimés et admirés ne nous quittent jamais. Je vais te raconter une histoire : Dans mes années professionnelles, j’ai connu un homme et une femme qui avaient été des héros de la Seconde Guerre mondiale – un passé, dont ils ne parlaient jamais et que la plupart de leurs collègues ignoraient. Lui, s’était engagé à vingt ans et il n’avait cessé de risquer sa vie jusqu’à la victoire ; le général de Gaulle l’avait nommé compagnon de la Libération. Elle avait été la plus jeune médaillée de la Résistance. Ces deux-là ont tout partagé pendant trente-trois ans. Et puis la terrible maladie, que l’on ne nommait pas à l’époque, s’est attaquée à elle. Avec vaillance, elle a fait front, comme toi, elle s’est bien battue et, un jour, elle est partie, comme toi, dans la sérénité. Au moment des adieux, elle s’est promis de ne pas le laisser seul : il était si maladroit dans les petites choses du quotidien ! Et pendant des années encore, ils se sont parlé, ils se sont soutenus, aimés. A sa demande à elle, il a écrit un livre pour raconter leur aventure – et moi qui les ai vus vivre, je ne peux douter de ce témoignage sur « l’autre côté de la vie ». C’est pourquoi, Brigitte, je te parle aujourd’hui en étant pleinement assuré que tu m’entends.

J’ai une autre certitude, Brigitte, et je veux t’en faire part, et tant pis pour les sceptiques ! Je crois que tout homme qui naît a un programme à accomplir, comme tout être vivant : la graine deviendra une plante ou un arbre, et l’arbre donnera du fruit. Pourquoi l’homme ferait-il exception dans la nature ? Il doit grandir, lui aussi, et donner du fruit. Nul doute que, dans ton programme, il y avait ce devoir exigeant : à un certain moment, tu aurais à faire la guerre, en soldat. Ton ennemi, ce serait cet hydre totalitaire, l’islam, qui, depuis toujours et partout dans le monde, s’en prend aux hommes et aux femmes libres pour les asservir et réduire leurs enfants à n’être que des zombies au service d’un dieu de haine et de cruauté. Tu as écouté l’appel que te lançait une voix en toi, certains diront : la voix de la conscience, et ils auront raison. J’ajouterai : la voix de l’honneur. Tu t’es engagée, tu as pris part à de nombreuses batailles, et tu n’as jamais faibli. Aujourd’hui, tu peux dire, et nous le disons avec toi : Programme rempli, mission accomplie.

Brigitte, tu seras parmi les vainqueurs le jour de la Libération. Nous serons beaucoup à veiller à ce que tu sois au premier rang, dût ta modestie en souffrir ; nous te bousculerons au besoin pour que tu reçoives ta juste récompense de gloire, et ton chapeau bleu blanc rouge sera notre oriflamme.

A bientôt, Brigitte. A bientôt, compagnon.

René Marchand

Des extraits de ce texte ont été lus lors de la cérémonie d’hommage rendu à Brigitte Bayle, à Saint-Germain, le samedi 28 décembre.

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