1

Le Maire fanfaronne, mais des milliers d’indépendants crèvent

Cela fait longtemps que l’on est habitué aux tartufferies, contre-vérités, revirements et mensonges de ce gouvernement. Cela prêterait presque parfois à rire, si la situation n’était pas ce qu’elle est. Mais il en est qui sont particulièrement honteux, ignobles, cyniques, insupportable. Celui qui porte sur les fameuses aides covid est de ce calibre. Car pour justifier la fermeture des commerces prétendument « non essentiels », des bars, restaurants, cinémas, théâtres, salles de concert, discothèques, saunas, et j’en oublie, le gouvernement se targue d’avoir mis en place le dispositif de couverture financière « le plus performant d’Europe ». Si l’honnêteté m’oblige à reconnaître que cela a fonctionné correctement lors du premier confinement, on est aujourd’hui dans la panade la plus totale.

Invité à « l’Heure des Pros » sur CNews le 16 novembre dernier, Le Maire avait répondu à une commerçante en détresse qui expliquait qu’on lui rejetait ses demandes d’aides pour cause d’arriérés fiscaux, qu’il allait donner des instructions pour que tous soient dédommagés, quelle que soit leur situation fiscale. Un mois après cette émission, je constate, dans ma vie professionnelle qui consiste à assister les chefs d’entreprises dans leurs démarches, qu’il n’en est rien : tous ceux qui demandent l’aide covid et qui subissent des retards, y compris pour cause de fermeture, se voient contraints de négocier un échéancier avec leur centre des impôts, et de régler la première échéance, pour espérer se voir indemniser…

Fermés par décision administrative, mais contraints de payer préalablement à toute aide : l’équation est insoluble pour bien des indépendants, acculés à la misère la plus totale. Quant aux autres, ceux qui sont à jour, les aides tardent, mettent parfois des mois à être traitées : on a beau envoyer des messages, passer des coups de téléphone aux services apparemment débordés, rien n’y fait. J’ai parmi mes clients un autocariste, privé de chiffre d’affaires depuis des mois, qui attend depuis octobre le déblocage de ses aides, et qui n’a même plus de quoi se payer à manger : suite à une relance de ma part, le service a répondu au bout de deux semaines qu’il y avait énormément de demandes, et qu’il fallait être patient…

Lors de la même émission du 16 novembre, interrogé par un des intervenants sur le plateau sur cette question, Le Maire avait juré que « d’ici mercredi, le problème des retards serait réglé »… La seule chose qu’il a réglée, c’est de se sortir d’une ornière télévisuelle, à coup de fanfaronnades et d’incantations. À l’heure où j’écris, nombre d’indépendants sont au bord de la rupture : et aucun média n’en parle. Pendant ce temps, le gouvernement fanfaronne sur tous les plateaux sur son dispositif si merveilleux, sans que personne ne lui pose la moindre question : il serait temps de le mettre en face de ses responsabilités, il en va de la vie de dizaines de milliers de familles.

Olivier Piacentini