Bus lillois : Aubry poignarde la laïcité en cautionnant une publicité musulmane sexiste et communautariste

Publié le 24 mai 2012 - par - 7 490 vues
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La France entière a découvert, en lisant « Le Canard Enchaîné » de ce mercredi, que la première secrétaire du Parti socialiste pour encore quelques mois, considérait le nouveau Premier ministre Jean-Marc Ayrault comme un « naze ». Certes, Martine Aubry a démenti les propos que le palmipède lui prêtait, mais si elle n’avait jamais prononcé ces paroles, nul doute que son époux l’avocat Jean-Louis Brochen lui aurait conseillé de porter plainte contre ces affreux mensonges, ce qui n’a pas été fait à ce jour.

Ne digérant toujours pas sa lourde défaite aux primaires socialistes, due en grande partie à sa connivence affichée, et dénoncée par des sites comme Riposte Laïque et d’autres, avec Amar Lasfar et le communautarisme musulman, elle annonce à présent vouloir se consacrer à sa bonne ville, et à la communauté urbaine de Lille, dont elle est la présidente depuis 2008… ce qui ne l’empêche pas de militer contre le cumul des mandats !

Est-ce pour autant une bonne nouvelle pour les Lillois ? S’il demeure des laïques et des républicains dans le Nord de la France, certainement pas ! Il suffit en effet de regarder cette publicité, à l’arrière d’un bus de la communauté urbaine de Lille, pour mesurer, dans le quotidien, les conséquences désastreuses de la politique communautariste, au service de l’islam, du maire de Lille.

En acceptant qu’une telle publicité figure sur l’arrière des bus Transpole, quel message Martine Aubry véhicule-t-elle vis-à-vis de la communauté musulmane, et d’une laïcité que François Hollande disait vouloir inscrire dans la constitution française ? En premier lieu, elle promeut le voile islamique comme marqueur sexiste de la femme, ce qui, pour une personne se disant féministe, est un tout petit peu contradictoire, et insulte gravement les combats menés par les militantes françaises. Najat Belkacem, nouvelle porte-parole du gouvernement, chargée des droits des femmes, va-t-elle rappeler à l’ordre sa première secrétaire ? En deuxième lieu, elle promeut un symbole d’apartheid, puisque, faut-il le rappeler, la femme musulmane, dont le voile symbolise l’appartenance à la communauté, ne peut épouser que les seuls musulmans, ou exiger la conversion à l’islam des postulants au mariage. En troisième lieu, elle fait passer, par la promotion de ce symbole incarnant la pudeur, les femmes d’origine arabo-musulmanes qui ne le portent pas comme des femmes trop libres pour mériter le respect des hommes, ou, pour parler crument, comme des « salopes » qu’il convient de faire rentrer dans le droit chemin au plus vite. En quatrième lieu, elle trahit le combat exemplaire des femmes qui, tel Katia Bengama en Algérie, en 1994, ont laissé leur vie en résistant aux intégristes du Fis qui voulaient rendre cette tenue dégradante obligatoire pour toutes.

Le deuxième message anti-laïque de cette publicité acceptée par Martine Aubry concerne le séparatisme dans la mort. Nul n’a oublié l’attitude complice de la maire de Lille, lors des obsèques d’Amar Bergham, algérien athée qui entendait se faire incinérer. Nul n’a oublié, comme le rappelle l’avocat laïque lillois Franck Berton, qu’Amar Lasfar, encouragé par l’attitude de Martine Aubry, s’est permis d’écrire aux juges lillois que seul des dignitaires musulmans pouvaient décider de la manière d’enterrer un des leurs !

http://www.youtube.com/watch?v=oC9KzQzEsSI&feature=player_embedded#!

Dans un premier temps, les juges donnèrent raison aux fondamentalistes de l’UOIF, et il fallut une longue procédure judiciaire pour faire respecter les voeux du disparu. Par ailleurs notre ami Pascal Hilout écrit souvent son indignation devant le séparatisme qu’engendre l’islam, du vivant de ses disciples, et jusque dans la mort, refusant la logique des carrés musulmans.

Dans cette publicité, on voit clairement que le message n’est même plus les carrés musulmans, mais les obsèques au pays d’origine, et que celles-ci seraient prises en charge par une assurance totalement communautariste appelée « Prevanka » et qualifiée « d’assistance obsèques pour la communauté musulmane ». Est-ce une filiale de la finance islamique ? Depuis quand, en France, y aurait-il des assurances réservées aux catholiques, ou aux juifs ou autres bouddhistes ? A quand des assurances réservées aux athées, aux homosexuels, aux rouquins, aux écologistes, ou tout autre exemple séparateur ? L’existence de ce type d’assurance n’exerce-t-il pas, d’autre part, une nouvelle pression contre tous ceux qui, tel Amar Bergham, nés musulmans, refusent de se voir amalgamer dans ce dogme totalitaire, et veulent tout simplement vivre et mourir comme leurs autres concitoyens ?

En acceptant que ce type de publicité figure sur un bus de la communauté urbaine de Lille, Martine Aubry confirme ce qu’elle est vraiment : une communautariste prête à accepter tous les accommodements raisonnables avec l’islam, au mépris des principes laïques fondateurs de la République. Ce choix n’est pas seulement idéologique, il est également plein d’opportunisme. Le maire de Lille sait que 93 % de musulmans ont voté pour François Hollande, ou auraient voté Martine Aubry si elle avait remporté la primaire socialiste. Elle n’ignore pas, elle qui dès la victoire de la gauche aux dernières sénatoriales, affirmait que le droit de vote des étrangers était une priorité, que cette décision politique renforcera encore davantage un vote ethnico-religieux en faveur essentiellement du Parti socialiste, et de toute la gauche.

Elle cultive donc son fond de commerce, et celui de son parti, quitte à trahir la laïcité et le droit des femmes.

Pierre Cassen

PS : Suite à cet article, une lectrice nous a fait remarquer que Transpole était une entreprise privée, et donc que Martine Aubry n’avait aucun pouvoir pour s’opposer à de telles publicités. On pourrait s’étonner que la première secrétaire du Parti socialiste, qui se bat pour le service public, laisse des entreprises privées gérer, dans sa ville, le métro, le tramway, les lignes de bus et les vélos en libre service. Mais il faut surtout retenir que les activités de Transpole sont une délégation de service public, donc soumises aux obligations du service public, et donc notamment au respect des lois laïques… Il faut juste que les élus le rappellent, de temps en temps.  

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