C’est notre liberté, c’est notre choix, de ne pas accepter la burqa

Publié le 29 janvier 2010 - par
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Pour la majorité des Français … leur liberté leur choix c’est de vivre dans un espace laïque sans voile intégral , et pour certains sans voile du tout.

Les articles et les interview se suivent et se ressemblent. Tous les journaux, tous les intervieweurs sur la même ligne. Et chaque fois je suis stupéfaite d’une attitude si peu affûtée si peu professionnelle. S’agit-il de candeur, de connivence, de bien-pensance, d’approbation ? Dans les interview, à aucun moment, aucun journaliste n’oppose à ces femmes en niqab « notre » droit à la liberté, à « nous » qui devons subir ces fantômes autour de nous, fantômes peu avenants, menaçants, provocateurs. Quant à la presse, tout est fait pour conforter, dans l’esprit du public, l’idée qu’interdire la burqa serait attenter à la liberté de ces pieuses femmes qui vivent hors du temps, hors de la réalité de notre siècle, comme s’ils ne réfléchissaient pas au-delà du voile intégral, « aux idées »  que ces vêtements véhiculent et quel Islam ces femmes veulent nous imposer.

Mais notre liberté à nous, notre vécu à nous, l’image que ces femmes nous renvoient de la condition féminine, à nous femmes, l’image qu’elles véhiculent aux yeux de nos tout petits enfants qu’elles effrayent. Silence radio ! C’est comme si nous avions disparu du paysage, l’émotion, la sensibilité des Français…pfitt, balayées d’un revers de main. Il n’y a plus que l’Islam, et la liberté de certaines musulmanes qui veulent nous imposer cet horrible voile au nom de : « c’est ma liberté c’est mon choix » A aucun moment un journaliste n’osera face à elles faire acte de pédagogie :   ne pourriez-vous pas réfléchir à la violence que vous imposez aux autres au malaise que vous provoquez ?

Alors, afin qu’ils puissent argumenter, opposer au moins une petite idée, face à ces femmes, j’invite tous nos journalistes à écouter ou réécouter les deux interventions faites à l’assemblée nationale.
D’abord l’audition de M Abdenour Bidar, qui, en partant du vivre ensemble et du nécessaire partage de l’espace public posait deux questions essentielles.

La première : quelles limites assigner à l’expression de la liberté de conscience, à son expression dans l’espace public ? La seconde : quelle réception objective le milieu environnant pouvait faire de l’expression de cette liberté ? Il en concluait que le milieu environnant ne pouvait pas recevoir de manière satisfaisante le voile intégral.

Ensuite l’audition de Madame Elizabeth Badinter, pour qui les femmes voilées sont l’étendard de l’islam intégriste salafiste, hostile aux principes démocratiques de l’occident et à l’égalité des sexes. Elle rappelait qu’en France, contrairement aux pays anglo- américains la liberté de conscience n’est pas sans limite et qu’on peut combattre les idéologies. Elle argumentait sur l’importance du visage : «  il n’y a pas de vêtement du visage », précisant qu’elle n’irait jamais dans un pays où on la contraindrait à porter un voile.

Alors il faudra interdire le port du voile intégral, dans tout l’espace public, y compris dans la rue, pour respecter ce que sont les Français, on ne peut pas céder au nom d’une avancée religieuse agressive. Et, s’il faut parler de l’identité française, rappeler que nous ne sommes ni en Arabie saoudite, ni dans une République islamique ; que pour la grande majorité des Français, musulmans ou non, pour peu qu’on daigne les écouter, leur liberté leur choix c’est de vivre dans un espace laïque sans voile intégral, et pour certains sans voile du tout. Les musulmanes du mouvement des ni Putes ni Soumises sont venues le rappeler devant le siège du parti socialiste.

L’imam de Drancy qui a pris parti pour une loi d’interdiction affirme avoir été menacé dans sa mosquée. Il est certain que les intégristes feront tout pour faire taire leurs coreligionnaires, et sans doute aussi les autres voix qui pourraient prendre le parti d’une loi d’interdiction. Ne cédons pas à l’intimidation. Il sera intéressant de voir comment nos journalistes vont relater l’évènement : circulez il n’y a rien a voir ?

Chantal Crabère

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