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Que cache l’acharnement du pouvoir britannique contre Tommy Robinson?

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Tommy Robinson est un homme de 32 ans qui fait l’objet d’un acharnement suspect de la part des autorités britanniques.
Rappelons les faits : cet homme s’est distingué en 2009 en menant des manifestations contre l’islamisation de son pays. Il est de Luton, ville à forte population musulmane, et a vu une attitude complice de la police et des autorités locales vis-à-vis des musulmans qu’elles ont laissés sans rien faire manifester contre le régiment de retour de la guerre d’Afghanistan, pendant que les patriotes qui venaient soutenir l’armée et contre-manifester se voyaient contrôler leur identité et certains même se faisaient arrêter. Il avait alors 26 ans, et, devant le refus des autorités d’écouter l’exaspération des non-musulmans, il allait à cet âge devenir le chef d’un mouvement de rue (faute d’avoir un autre moyen de se faire entendre) qui allait s’étendre à tout le pays.
Depuis 2009, il a été soumis à toutes les tracasseries, intimidations, menaces, arrestations abusives, et même peines d’emprisonnement qui rappellent la façon dont étaient traités les dissidents des pays de l’Europe de l’Est de l’ère soviétique. Son dernier emprisonnement datait du 14 juillet dernier, alors qu’il était en liberté conditionnelle, laquelle prenait fin le 22 juillet. Le motif serait qu’il n’avait pas respecté ses conditions de libération conditionnelle, ce qui paraît invraisemblable à une semaine de la fin de celle-ci.
Or, pour quiconque connaît les incessantes menaces de mort qu’il a reçues de la part d’islamistes, le remettre en prison signifiait le mettre en danger.
Il s’est avéré, comme on pouvait s’en douter, qu’un contrat avait été mis sur sa tête. Heureusement, comme il l’a dit, un détenu le lui a fait savoir discrètement : un jeune musulman somalien devait lui jeter de l’eau bouillante sucrée à la figure (il paraît que, sucrée, elle fait de bien plus gros dégâts sur la peau – ces gens sont bien renseignés, pour faire du mal), puis l’assassiner. Quand Tommy a vu l’homme en question, à un endroit où il y avait de l’eau bouillante à disposition, il n’a pas attendu et lui a foncé dessus, ce qui l’a sauvé. Il a fini sa détention à l’isolement.
Tommy a donc été relâché le 24 juillet (on lui a infligé 2 jours supplémentaires de prison, donc). Il était pour la première fois depuis 6 ans libre de toute charge et de toute accusation à son encontre. Enfin ! Libre de s’exprimer sur ce qu’il voulait.
Lors de son discours magistral à Oxford en novembre dernier, alors en liberté conditionnelle, il a expliqué qu’il ne pouvait pas parler de certains sujets, auquel cas il serait renvoyé en prison. Il a par la suite fait mention, par tweets ou par interviews, du chantage par rapport à sa famille et la corruption de la police, et de ce que les services secrets ont essayé en vain de le recruter:

Ses révélations étaient donc attendues, et il comptait les faire semble-t-il lors d’un autre discours, devant un auditoire d’étudiants, le 28 octobre prochain:


Trois semaines après sa libération totale, de retour d’une semaine de vacances bien méritées, il a été arrêté à l’aéroport le 19 août au soir. Il sera relâché sous caution le lendemain. Le motif : avoir agressé un codétenu le 16 juillet (celui qui voulait le tuer !). Il fallait oser proférer une telle accusation. Les autorités britanniques l’ont faite ! Le comble du cynisme. Tommy doit être jugé le 3 septembre. Il sera sans doute sous mesure de restriction à sa liberté après cela.


Une question toute bête se pose : que craignent donc les autorités britanniques de Tommy Robinson ? Un tel acharnement est suspect. Ayant quelques amis anglais, j’en ai contacté un, qui est membre du parti conservateur (le parti au pouvoir), et lui ai ouvertement posé la question. Il m’a dit avoir par le passé apprécié certains commentaires de Tommy Robinson, et son franc-parler, même s’il n’est pas d’accord avec tout ce que Tommy dit. Il n’était pas au courant de son arrestation, mais il m’a aussitôt dit que c’était de la persécution, et que c’est en effet très troublant.
Si même les membres du parti au pouvoir sont troublés, la question se pose : que craignent donc les autorités britanniques de Tommy Robinson ? Pourquoi tiennent-elles à le réduire au silence ? Plus la persécution contre cette homme s’intensifie, et plus elle est suspecte. Si les autorités n’ont vraiment rien à cacher, elles ont tout intérêt à laisser Tommy Robinson parler.
Jacques Duteil