Canal Plus est-elle une chaîne d’extrême droite ?

Publié le 1 juin 2011 - par - 3 084 vues
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Après Libération, on est en droit de se demander si Canal + n’est pas un média d’extrême-droite. En effet la manière dont ils qualifient ce qu’ils appellent “la nouvelle extrême-droite” a de quoi surprendre, puisqu’il s’agit de vider le contenu de l’extrême-droite pour y mettre les ennemis idéologiques de Canal + à la place, loin des faits et de la déontologie.

Ce soir, lundi 30 mai 2011 à 22h25, Stéphane Haumant présente sur Canal+ un nouveau numéro de Spécial Investigation consacré cette semaine à ce qu’ils appellent la nouvelle extrême-droite anti-islam. Voilà la présentation de ce documentaire diffusé en crypté : “Spécial Investigation plonge les téléspectateurs au cœur de l’extrême droite d’aujourd’hui. Mathias Hillion et Karim Rissouli sont partis à la rencontre des partis d’extrême-droite qui s’attaquent désormais à l’islam pour gagner des voix. Exit les nostalgiques du IIIème Reich, la nouvelle extrême droite a laissé l’antisémitisme de côté pour se jeter dans un nouveau créneau qui donne un second souffle à ces partis : l’immigration musulmane. Et ça marche…
Ainsi donc, l’extrême-droite ne serait ni antisémite, ni fan d’Hitler. Pourtant, comment qualifier les actes et manifestations d’antisémitisme en France provenant de musulmans ? Comment qualifier l’apologie de Hitler par des musulmans ? Pourquoi aucun reportage de Canal + n’est-il consacré à cette question ? Ne s’agit-il pas de la nouvelle extrême-droite ? Ne trouve-t-on pas dans l’islam les mêmes ressorts que dans le catholicisme, quand ils sont pris à la lettre, à savoir l’antisémitisme, l’homophobie, l’interdiction de l’avortement, l’inégalité homme-femme, etc. ? Non, car tout comme un musulman ne peut être raciste, il ne peut être d’extrême-droite. Et ceux qui luttent contre l’islamisation ne peuvent lutter contre l’extrême-droite.

Qualifier Oskar Freysinger ou Geert Wilders, des élus du peuple, d’extrême-droite, est une méthode d’extrême-droite. Freysinger l’a bien expliqué : “Qui censure ? Pas moi, par contre on me censure. Qui perturbe des réunions publiques ? Pas moi, par contre on perturbe certaines de mes réunions. Quant à la violence, je suis non-violent, mais on a incendié ma maison“. Lomig sur son blog expression-libre aussi : “Les « journalistes » de l’AFP qui le caractérisent comme d’extrême-droite sont de dangereux alliés objectifs de tous ceux – nombreux – qui voudraient faire taire les critiques de l’islam. En les faisant passer, c’est si simple, pour des racistes. C’est une manière rapide et efficace pour empêcher le débat. Et trouve des reproductions de ce type de comportement un peu partout sur la toile, y compris parmi ceux que j’apprécie. Il faut dire qu’être à la fois libéral et anti-islam, dans un pays baignant dans le socialisme et l’égalitarisme forcené, conduit presqu’à coup sûr à être catalogué « extrême ». Dur, dur. Et pourtant… Geert Wilders n’est pas d’extrême-droite ; il est simplement libéral, sincère et lucide. Et ce sont bien plutôt ces pseudo-journalistes désinformateurs qui font le jeu d’une censure dangereuse, car empêchant de regarder la réalité en face.

On voit bien à quelle manipulation médiatique des consciences on a affaire, avec en plus toujours les mêmes analystes de l’extrême-droite pour reprendre en chœur de même refrain, en taisant d’où parlent ces analystes soi-disant neutres et objectifs. Ce sont des militants, œuvrant dans un système militant, qui ne respecte pas le contradictoire, ni la liberté d’expression, ni les faits, et qui est donc d’extrême-droite, sous couvert de lutter contre elle. La nouvelle extrême-droite est devant nos yeux, mais tout est fait pour que nous ne la voyons pas.

Jean Robin

http://www.enquete-debat.fr/archives/canal-est-elle-une-chaine-dextreme-droite

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