Cannes : le règne de la démagogie gauchienne

Publié le 27 mai 2015 - par
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festivalcannesFin 2012… La France française – « rance, réactionnaire, pétainiste, poujadiste, Jeanne d’Arcquiste, etc. – descendait dans les rues pour défendre cette « odieuse » notion de famille traditionnelle. Ce ne serait pas la dernière fois que cette France tranquille battrait le pavé, soumise en général silencieusement à la tyrannie des salons parisiens qui, entre deux verres de champagne millésimé, ont des idées « lumineuses » comme le « Mariage pour tous » et son cortège d’absurdités. Je pense particulièrement à la procréation médicalement assistée (PMA), laquelle passe désormais en catimini – voir l’avis donné en septembre 2014 par la Cour de cassation, déclarant qu’elle n’était pas un obstacle à l’adoption ; voir aussi la récente décision de justice du tribunal de Nantes qui  « a condamné le parquet à transcrire à l’état civil les actes de naissance de trois enfants nés par gestation pour autrui à l’étranger. »[1]

Mai 2013, Cannes se parait encore de ses plus beaux atours, devant les yeux avides des crève-la-faim salivant sur une opulence qu’ils ne connaîtraient jamais ; une opulence qui se paye souvent le luxe de leur donner des leçons de morale mondialiste ! Steven Spielberg présidait, et ce fut La Vie d’Adèle : Chapitres 1 et 2, d’Abdellatif Kechiche, qui rafla la palme pour son histoire d’amour homosexuelle, un peu moins sa qualité cinématographique, à mon insignifiant point de vue !

Non que je sois un homophobe convaincu – je n’ai jamais eu de problème à reconnaître Marcel Proust comme l’une des mes expériences littéraires les plus importantes, s’il me faut une caution homophile ! –, mais ce « coup de maître » était une marque de défiance – et de mépris ! – politique adressée à la valetaille par ce festival plein de morgue et peuplé de nantis qui ne savent rien, pour la plupart, des réalités de la plèbe sous leurs pieds brillants de fortune. Quel ne fut pas d’ailleurs mon regret de savoir qu’on se livrait à de telles bassesses idéologiques sous la présidence d’un réalisateur que j’estime beaucoup au demeurant.

A noter que La Vie d’Adèle n’a réuni qu’un petit million de spectateurs en France. Le public se lasse vite de l’orgie LGBT qu’on veut lui faire avaler jusque dans les livres pour enfants !

Cette année, bis repetita, c’est Jacques Audiard qui a reçu la récompense tant convoitée. Jacques Audiard est formellement un excellent metteur en scène, obsédé cependant par la violence débridée des joyeux drilles de la diversité. Son film, Un prophète, en est l’illustration la plus accomplie, dans l’attente de voir ce que donnera sa palme, Dheepan – L’homme qui n’aimait plus la guerre, et qui promet des morceaux de bravoure dans le genre. Tourné dans la cité de La Coudraie, à Poissy, que je traverse parfois en voiture et qui fleure bon le No man’s land comme la Gauche les aime, ce film a fait participer les habitants du quartier – quoi de mieux que des vrais dealers pour jouer le rôle ? – et, ce que ne dit sûrement pas le réalisateur, le tournage s’est déroulé sous la surveillance des mêmes habitants.

Dheepan raconte la vie de gardien d’un réfugié sri-lankais – un réfugié chrétien fuyant Daesh, ça aurait heurté la sensibilité islamico-immigrationniste des uns et des autres ! – qui se frotte au quotidien « radieux » d’une cité de France. Attention, cependant, il ne saurait être question pour Audiard d’incriminer ce qui semble devenir son fond de commerce. Déjà, en effet,  son Prophète flirtait dangereusement avec l’idéalisation d’une petite frappe en prison qui se muait progressivement en caïd. Audiard aime la marge, cette même marge qui n’est, hélas, pas une fiction pour la plupart des autochtones forcés de subir ce quotidien infernal, comme l’explique, entre autres, l’édito de la semaine de Cyrano.

Audiard ne connaît rien de ce réel, ainsi qu’une de ses déclarations le laisse supposer : « Ce qui est apparu assez vite pour moi, c’était de ne pas faire ni un documentaire sur la guerre civile sri-lankaise, ni un documentaire sur les cités, mais de considérer ces deux choses comme un papier peint. Ca fait partie du décor, sans qu’on ait besoin de le décrire. »[2] Oui, ça fait partie du décor, mais il y a des décors moins dociles que ceux du cinéma, où les victimes ne sont pas les figurants d’un jour.

Certes, Audiard ce n’est pas l’apologétique Haine de Kassovitz[3] – primé lui aussi à Cannes en son temps ! –, mais c’est encore et toujours la cité, l’immigration, les « drames » de ces populations qui, sur l’écran et dans les médias, réécrivent leurs histoires par-dessus les nôtres, comme autant de palimpsestes destinés à nous faire oublier qui nous sommes, nous qui n’avons pas voix au chapitre.

A quand une palme d’or pour un film racontant le quotidien bien indigent, bien trivial d’une famille de paysans de la France profonde ? A quand un long-métrage primé et qui, sans fard, étalerait sur l’écran la vie de Français blancs et chrétiens au cœur de ces quartiers offerts en pâture à des soldats de la haine anti occidentale ?

Non, un tel film, même s’il voyait le jour, se verrait relégué, attaqué en justice, condamné sûrement.

Que c’est loin l’époque où le festival de Cannes, pas encore tout à fait flétri par la démagogie gauchienne, récompensait Jane Campion pour sa sublime Leçon de piano

Charles Demassieux

[1] http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/05/15/31003-20150515ARTFIG00356-gpa-la-decision-du-tribunal-de-nantes-releve-du-deni-de-justice-a-l-egard-des-enfants.php

[2] http://www.lepoint.fr/culture/dheepan-une-histoire-d-amour-et-de-violence-de-jacques-audiard-21-05-2015-1930228_3.php

[3] A voir, le documentaire de France 5, Il était une fois…La Haine, qui montre comment l’équipe du film de Kassovitz fut surveillée et dut montrer patte blanche, un peu comme à Pyongyang !

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