Caramba ! Carmen devait tuer don José… mais le pistolet s’enraye !

Publié le 11 janvier 2018 - par - 10 commentaires - 736 vues
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Leo Muscato, l’homme qui a changé le scénario de Carmen, reviendra-t-il aux fondamentaux, après ce coup du sort, et laissera-t-il Don José tuer Carmen ? 

 

Euterpe et Melpomène, courroucées par l’outrage, ont décidé de jouer les deae ex-machina.

La représentation de Carmen revisitée au Teatro Maggio de Florence ne s’est pas bien passée. Du moins à la fin.

On se souvient sans doute qu’à la demande du directeur de théâtre, le metteur en scène Leo Muscato avait changé le final de Carmen. En ces temps de #balancetonporc, applaudir au meurtre d’une femme est insupportable, estimait celui-là. C’est oublier sans aucun doute que le public n’applaudit en aucun un meurtre et que Carmen est tout sauf une figure de victime.

Pas question de toucher à la musique ni au livret. Comment faire ?

Voici comment Leo Muscato se sort de cette passe délicate : Don José tente de poignarder Carmen, celle-ci esquive, s’empare de l’arme de service de José transformé en policier d’une brigade anti-émeute, et tue son amant.

Oui mais voilà, il y a ce que l’on appelle une justice immanente ou l’ironie du sort, comme nous l’enseignaient nos anciens, les Grecs, qui en connaissaient un rayon en matière de destin et de tragédie.

« Caramba »aurait pu s’écrier Don josé avant de tomber, blessé à mort.

Mais non. Rien de tel.

Le coup passa si près que son chapeau tomba

et que le cheval fit un écart en arrière.

Pas davantage.

Le scénario ne s’est pas passé comme prévu, ni même comme dans le poème de Victor Hugo.

Sur la scène du théâtre de Florence, Carmen s’empare, comme prévu,  du revolver de Don José et tire. Clic ! et non pan !, comme on s’y serait attendu.

Le revolver ne marche pas.

Deuxième tentative. Clac ! Toujours rien.

Que faire ? Le chef d’orchestre, Ryan McAdams ne peut faire autrement que de continuer à diriger chœurs et musiciens, tous excellents soit dit en passant, selon la partition de Bizet. Il ne peut décemment pas ralentir le rythme au point de jeter le spectacle tout entier dans la catastrophe, ou pire, le ridicule.

On ne lutte pas contre les dieux ou les muses ou tout simplement contre la malice de l’accessoiriste qui risque d’en entendre parler. A moins que les féministes ne crient au complot.

Comme dans les meilleurs moments des représentations de nos patronages d’antan, Don José s’effondre donc puisqu’il faut bien en finir, se laissant juste le temps de s’écrier, conformément au livret de Meilhac et Halévy :

Vous pouvez m’arrêter, c’est moi qui l’ai tuée.

Il faut être sacrément bon comédien pour arriver à chanter une telle réplique sans fausse note dans de telles circonstances. Il faut être un non moins sacrément bon public pour faire semblant d’y croire.

Ça n’a pas été le cas. Sifflets et huées ont ponctué, non les artistes ni la transposition de l’action dans un camp de Roms aujourd’hui, mais le final. Tout laisse à croire que sifflets et huées se seraient également fait entendre même sans cet incident guignolesque.

Comme le titre La Stampa : E alla fine don Jose mori d’infarto (et à la fin Don José mourut d’un infarctus).

La tragédie a tourné à la farce.

Florence Labbé

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Leo Muscato a signé sa fin :))))))

Vent d\'Est, Vent d\'Ouest

@ Et si…
Sauf que le commanditaire de la fin de Carmen est le directeur du théâtre et que Léo Muscato n’en a été que le malheureux exécuteur.
Entre être exécuté par le directeur ou être exécuté par le public, il a choisi.
Cruel dilemme, digne d’une tragédie de Corneille ! On ne s’en sort plus !
Toutefois, gageons que le public saura lui pardonner cet écart, contrairement au directeur qui s’acharnera par vengeance de l’assassiner professionnellement en cas de refus. Comme chacun le sait, il n’y a rien de pire qu’un idéologue forcené.

Chacun sait que Ch. Martel fut tué à Poitiers et que Napoléon a gagné à Waterloo !
La « Réécriture » devient une manie, sinon une nouvelle norme !
Changer la Morale, l’Histoire, l’Art ?
Seule une Société dégénérée peut se le permettre !
En êtes-vous ?

Pour l’heure, le dégénéré à déjà un nom : Muscato !

Mort… de rire ! :-))

La censure artistique est bien plus pernicieuse et sévère en France puisque toute carrière et toute production doit avoir l’aval de la tribu et suivre sa doctrine du mensonge historique et de la destruction de la Nation Française. C’est bien plus grave.

 » y’a un Jésus mon Blaise »…

Bien fait !

Très drôle ce « happy end ». On ne pouvait rêver mieux. Les révisionnistes ont du souci à se faire.

AH,AH,AH, bien fait pour cette tête de con, je ne suis pas fan de l’opéra, mais je crois que je vais en rire toute la journée, AH,AH,AH…..