Pour rester cohérentes, les Femen et Amina doivent rompre avec Caroline Fourest

Rétablissons un peu de chronologie. La beauté du nu divin ne date pas d’aujourd’hui. Des Vénus et des Apollon furent vénérés dès l’Antiquité. Pour moi, la plus admirable des ‘seins-nus’, est La liberté guidant le peuple. Tout un art de mener le combat.

C’est de cette belle manière que la tunisienne Amina avait annoncé son émancipation sur Facebook. Sur son torse nu, elle a proclamé, en arabe : « Mon corps m’appartient ; il n’est l’honneur de personne ! ». Le message s’adresse à la famille, au clan et à toute la communauté musulmane qui a toujours eu de sérieux problèmes avec la beauté des corps et avec cette vérité toute nue.

L’Egyptienne  Aliaa Magda Elmahdi et son compagnon, Kareem Amer. Photo retouchée on ne sait pas par qui
Aliaa Magda et son compagnon, Kareem Amer. Photo retouchée par on ne sait qui. Sur l’ardoise il est écrit : Place d’attente de la Liberté.

En posant nus, l’Egyptienne  Aliaa Magda Elmahdi et son compagnon, Kareem Amer, étaient, me semble-t-il, les premiers à bien comprendre l’enjeu de la liberté individuelle dans la bataille qui venait de prendre une autre tournure dans le monde arabe, copte et berbère.

Ceci m’amène à poser une question iconoclaste : Femen sans « men »  ? Le lobby LGBT serait-il passé par là ? Curieusement, en Europe la préférence du semblable, de plus en plus influente, fait qu’on a tronqué cette belle leçon égyptienne. Amputée de sa moitié. Les militantes, les vraies, ne peuvent écarter des compagnons de route masculins. J’avoue volontiers que les hommes peuvent s’avérer envahissants, et donc encombrants. Il faut des fois leur signifier que les femmes savent se débrouiller toutes seules.

Et c’est ainsi que les militantes du Femen parisien, s’en étaient donné à cœur-joie en aspergeant des familles de manifestants avec leur sperme factice, à tout jamais frappé de stérilité. Un coup symbolique, mais sans lendemains. Ainsi, Caroline Fourest et ses égéries ont réussi à créer le buzz, comme de vulgaires identitaires LGBT. Ce faisant, Mme Fourest est revenue à ses anciens (Z)amours : taper sur les extrémistes comme Mme Tout-le-monde, pour ne pas se risquer à cibler le cœur de l’islam : le Coran et Mahomet. Elle ne s’est pas encore rendue compte qu’elle ne réussira pas à perdre ses lecteurs avec ses mille et un feux de diversion et écrans de fumée que sont les « extrémistes » en tout genre.

Le 21 déc. 2012, Aliaa Magda et deux autres militantes avaient clarifié la teneur de leur combat devant l’ambassade d’Egypte à Stockholm : elles ont  arboré un drapeau égyptien et posé nues avec un Coran en guise de cache-sexe. Leurs slogans étaient très explicites. Exemple : « la charia n’est pas une constitution ». C’est tout à fait le contraire de ce qu’avait affirmé le président élu, Mohamed Morsi. Autrement dit, elles mettent en accusation la loi islamique.

Et voilà qu’à Paris, les Femen et Caroline Fourest tentent une opération de récupération, pour que survive la fausse théorie stipulant que l’extrémisme est le cœur du problème et non pas l’islam le plus banal, le plus quotidien et le mieux partagé par la majorité des électeurs musulmans, y compris en France. On dirait que Mme Fourest n’a jamais entendu son amie Ayan Hirsi Ali expliquer : « le problème, c’est l’islam ». Mais à trop vouloir chevaucher les militantes et manipuler le vrai combat des Africaines, blanches, noires et métisses, nos militantes parisiennes, plutôt hémiplégiques, se retrouvent rattrapées par leurs propres contradictions.

Libérez Amina

Le 5 avril 2013, Mme Fourest a posté une très sombre photo sur Facebook. Le torse nu est barré de l’inscription « Free Amina ». On ne sait pas à qui s’adresse ce message. Trop vague pour être sincère. Le même jour, trois militantes Femen se présentent de façon furtive devant la grande mosquée de Paris, le torse nu et le visage voilé, pour brûler ce qu’elles croyaient être uniquement le drapeau des actuels islamistes djihadistes. Pas de chance : il s’agit du drapeau datant de Mahomet et de ses razzias. Il affiche sans ambiguïté la profession de foi des musulmans, dans le monde entier.

Elles veulent se persuader et faire accroire leur thèse implicite : Amina serait menacée uniquement par des salafistes, islamistes et autres balivernes. Il se trouve qu’Amina a tenté de préciser ce qui lui est arrivé. Elle fut frappée, séquestrée privée de sa carte SIM par sa propre famille. Certainement pour la mettre à l’abri d’un lynchage assuré par la rue tunisienne. La liberté de disposer de son corps n’est acquise dans aucune communauté musulmane. Il a toujours fallu s’extirper de l’islam et prendre d’énormes risques pour bénéficier de cette liberté.

Et voilà à quoi aboutit cette sordide histoire de manipulation parisienne : Amina, un peu groggy, si ce n’est droguée, explique dans une vidéo qu’elle n’est pas d’accord avec les Femen qui avaient brûlé un drapeau affichant la profession de foi islamique, commune à tous les musulmans.

Etant en contradiction avec ce que Amina avait écrit sur son torse, j’en déduis que ses proches la manipulent parce qu’ils ont compris qu’elle a posé une bombe au pied d’un barrage dont les flots pourraient emporter tout le monde. Ces proches, comme Caroline Fourest, savent pertinemment que l’islam n’est rien d’autre qu’une sacrée Violence, toujours au bord de l’implosion ou de l’explosion. Il ne fait pas de différence entre fille, Femen et famille.

D’ailleurs, le 7 avril 2013, Mme Fourest recommande l’exfiltration de Amina auprès de laquelle elle pourra certainement jouer, à nouveau, son petit jeu malsain. Celui qu’elle a su pratiquer avec Ayan Hirsi Ali, en la détachant, comme par magie, de Geert Wilders pour en rester à un entre-soi stérile, sans grand avenir , puisque ce jeu consiste à taper à côté pour épargner le cœur de l’islam que cible justement le leader néerlandais et ses courageuses amies Ayan et Wafa Sultan, entre autres.

En brûlant le drapeau qu’elle voulaient réserver aux seuls salafistes devant la grande mosquée de Paris, les militantes du Femen se voilent la face et mettent à nu non seulement leurs seins, mais aussi leur propres  contradictions.

Bas les voiles Madame Fourest !

Pascal Hilout

image_pdf
0
0