Caroline Fourest invente un Coran qui interdirait les mariages forcés

Dans son émission ( http://www.youtube.com/watch?v=lWflE8kUl_s ) : « les réseaux de l’extrême : les radicaux de l’islam, Caroline Fourest montre un zèle particulier pour parer le Coran de toutes les vertus. Elle va jusqu’à faire dire à ce livre, ce qu’il n’a jamais dit : à l’écouter, le Coran interdit les mariages forcés ! On reste sans voix devant une telle déformation de la vérité, faite sur une chaine publique à un moment de grande écoute. Ainsi, Caroline Fourest annonce sans aucun scrupule, à des millions de français cette interdiction, alors qu’il n’existe aucun verset dans ce sens.

En France, les islamistes de l’UOIF imposent leur loi, qui est contraire à l’Islam

On va retracer le contexte de cette affirmation : Fourest commence par présenter l’UOIF lorsqu’elle fut  intégrée dans le Conseil Français de Culte Musulman (CFCM). Cette UOIF, qui est la grande gagnantedes élections destinées à désigner les Instance représentatives de l’Islam de France, est une organisation islamiste, soutenue par les pays des Golfe. Elle défend un islam intégriste et reste très active dans les banlieues.

Ce rappel est destiné à éclairer toute la suite de l’émission : ce que nous voyons en France, ce n’est pas l’Islam authentique, « modéré et libéral », mais un islam intégriste représenté par les islamistes de l’UOIF. Cette prétendue différence entre l’islamisme, idéologie politique et l’Islam authentique, religion d’amour, de tolérance et de paix, constitue la base fondamentale de la rhétorique utilisée par Caroline Fourest. Et pour apporter la démonstration que les islamistes ne respectent pas l’Islam authentique, elle commence par prendre l’exemple du mariage de la femme.

On peut reprendre sa manière de présenter les choses, pour montrer que sa rhétorique n’est qu’affabulation, déformation et manipulation. Elle ne recule même pas devant des mensonges flagrants, comme l’interdiction des mariages forcés par le Coran.

Caroline Fourest affirme contre toute évidence,  que le Coran interdit les mariages forcés

Pour montrer comment les islamistes déforment l’Islam, elle nous amène à Château- Chinon, au Centre de formation des imams de l’UOIF. Elle nous montre un cours sur les « obligations qui fondent la validité du mariage ». Et Caroline Fourest trouve que : « le cours commence plutôt bien », puisqu’il « rappelle une vérité qu’on ne sait pas toujours, à savoir que le Coran interdit les mariages forcés et oblige un père à demander l’avis de sa fille. »

En premier lieu, Caroline Fourest ignore ou fait semblant d’ignore qu’il n’existe aucune trace du moindre verset dans le Coran, qui interdit le mariage forcé. Deuxièmement, Caroline Fourest formule sa phrase de telle manière qu’elle laisse supposer que la fille musulmane peut choisir en toute liberté son mari. Et là aussi, c’est complètement faux. Il n’existe aucun verset du Coran qui donne le droit à la femme de choisir son mari en toute liberté. Au contraire, c’est strictement interdit par l’Islam.

Pour montrer à quel point, Caroline Fourest manipule la réalité, il suffit de l’écouter (37ème minute de la vidéo) : « sauf que l’enseignant de l’UOIF va interpréter (cette obligation « coranique » de demander l’avis de la femme) d’une drôle de manière, en disant que la femme arabe… par timidité signifie son consentement par le silence…». Et Caroline Fourest continue ainsi sa démonstration : « ces interprétations biaisée, c’est la spécialité de l’UOIF, qui puise la plupart de ses avis religieux » non pas dans le Coran et les Hadiths comme le prescrit l’Islam, mais « dans des petits livres, comme celui-ci, préfacé par Tariq Ramadan. Ces avis religieux sont délivrés par un drôle de Conseil : le Conseil Européen de la Fatwa ». Elle présente ce Conseil comme formé par des islamistes : « comme Rachid Ghanouchi, ancien terroriste et leader d’En Nahda ou Youssef Al Qaradhawi, une star des Frères musulmans qui a été interdit d’entrée en France pour ses propos extrémistes ». CQFD

Pour résumer, les millions de citoyens français ont été informés ainsi par Caroline Fourest : le Coran et l’Islam authentique donne la liberté à la femme musulmane de choisir son mari, mais les islamistes, qui ne sont pas musulmans, interdisent cette liberté en déformant les préceptes coranique !

Cette rhétorique est scandaleuse. Alors que le Coran a instauré pendant des siècles, des discriminations inacceptables et moyenâgeuses à des centaines de millions de femmes, Caroline Fourest le présente comme un livre « modéré et libéral » qui respecte les libertés de la femme. Elle présente ceux qui refusent cette liberté « coranique », comme des islamistes qui ne respectent l’Islam. Et pour couronner le tout, elle affirme que ces islamistes ne sont pas des musulmans !!!!

Que répondre face à cette manipulation des citoyens qui ont suivi par millions, l’émission : « les réseaux de l’extrême : les radicaux de l’Islam. »

Il faut tout simplement dire la vérité sur l’Islam et ses discriminations, en particulier vis-à-vis de la femme. On se limitera à la question du mariage en gardant pour un autre article les autres discriminations.

Le mariage de la femme dans l’Islam et les législations des pays musulmans : la femme est une mineure à vie

L’Islam et les législations officielles des pays musulmans, précisent :

  1. 1.    C’est le tuteur qui marie la femme et choisit le mari qu’il veut proposer à la femme.
  2. 2.    La femme n’a pas le droit de se marier sans son tuteur.
  3. 3.    La femme n’a pas le droit de choisir son mari en toute liberté.
  4. 4.    La femme doit donner son consentement, mais son silence équivaut à un consentement.
  5. 5.    Le tuteur, comme le mari, doivent être musulmans.

Ces prescriptions sont l’application directe des versets coraniques et des Hadiths de Mahomet.

On commencera par le Coran. Contrairement à ce que Caroline Fourest affirme, il n’existe aucun verset du Coran qui interdit les mariages forcés. Il y a trois versets coraniques qui sont à la base du mariage de la femme :

  1. 1.    (S24 – La Lumière, V32) : « Mariez les célibataires d’ entre vous et les gens de bien parmi vos esclaves…»
  2. 2.    (S4 – Les Femmes, V25) : « ... Et épousez-les avec l’autorisation de leur tuteur. »
  3. 3.    (S60– L’Exode, V10) : « …Les croyantes ne sont pas licites pour les mécréant et les mécréants ne sont pas licites pour elles.»

Ces versets du Coran, sont complétés par des Hadiths qui précisent l’interprétation que le Prophète Mahomet en a faite, et la manière dont il les a appliqués.

Conformément à cette Sunna du Prophète, le rite de tous les jurisconsultes, chiites ou sunnites (Malikites, Hanifites Chafi’ites ou Hanbalites), considèrent comme nul tout mariage d’une femme sans tuteur. Dans ses Hadiths, Le Prophète a prescrit :

« Quand la femme se marie sans l’autorisation explicite de son tuteur, son mariage est caduc, son mariage est caduc.» Et le Prophète dit encore : «Aucune femme ne peut marier une femme, comme la femme ne peut pas se marier elle-même.» (Hadith : Sahih Muslim)

Ainsi, il est clair que la femme ne peut choisir son mari ou décider son mariage : cela relève de l’autorité de son tuteur. Le consentement de la femme est obligatoire : elle ne peut être mariée sans son consentement. Le silence de la femme est considéré comme son consentement. On rappelle à cette occasion ce hadith :

« Aïcha a dit : Je demandai au Prophète si les vierges doivent être consultées par leurs parents au sujet de leur mariage. « Oui », répondit le Prophète. – « Mais, répliquai-je, si l’on demande son consentement à la vierge, elle aura honte et gardera le silence. » – « Eh bien, reprit-il, son silence sera un consentement ».» (Sahîh Muslim 2544)

Cette interdiction ne se limite pas aux « extrémistes islamistes », comme l’affirme Caroline Fourest : cette interdiction est formulée par des musulmans, toutes tendances confondues. En plus, elle ne se limite pas au mariage religieux. Elle est inscrite dans le marbre de la loi, dans tous les pays musulmans. A titre d’exemple, les femmes algériennes, qualifient le Code de la Famille algérien de Code de l’infamie puisqu’il reprend les prescriptions discriminatoires du Coran, et fait de la femme une mineure à vie :

Section 3 : Des éléments constitutifs du mariage :

Article 11 : « la femme majeure conclut son contrat de mariage en présence de son tuteur (Wali)… »

Chapitre II : De l’empêchement du mariage :

Article 33 : « le mariage d’une musulmane avec un non-musulman. »

Zohra Nedaa-Amal

 

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