Caroline Fourest, l’art de l’enfumage en service commandé

Publié le 22 septembre 2013 - par - 1 587 vues

Une certaine chroniqueuse sur une radio publique (on ne dit plus « radio d’Etat »), par ailleurs fortement impliquée dans le « projet Aladin »*, nous la baille belle.

En effet, ne voilà-t-il pas qu’elle nous informe, sentencieuse, que le danger qui menace en France, ce n’est pas l’activité des fanatiques de la charia, membres ou non de réseaux djihadistes, le danger en France c’est…la France traditionnelle, la France des églises. Eh oui, ma bonne dame, nous sommes menacés par le retour du Duc de Guise !

Le danger, la menace, la violence incivique quotidienne, l’expansionnisme idéologique totalitaire remettant en cause la liberté de conscience : c’est de la France qu’il provient, de la France de ceux qui veulent continuer de parler correctement français, de la France de ceux qui ne veulent pas voir disparaître les boucheries-charcuteries, de la France de ceux qui croient comme Jaurès que la République doit se défendre et qu’un républicain, -un citoyen-, c’est aussi un patriote, que pour cela, la France doit être en arme et posséder à nouveau son armée de conscription générale dont chaque membre est tenu d’être loyal envers le pays, ses concitoyens, et ses autorités légales.

Ri7Fourest pas laïque racisteCette France-là fait peur à la demoiselle

Pour elle, elle est effrayante, c’est même l’horreur suprême. Vous pensez, cette France, c’est aussi celle qui sert – cette odieuse raciste- de la soupe aux choux, avec du lard fumé, en plus, aux personnes sans domicile fixe et sans ressources.

Pour la chroniqueuse radio-télé, c’est cette France-là qu’il faut combattre, avec la dernière énergie !

On notera ici que nous avons affaire à une autre victime de l’ascolovisme, cette pandémie curieuse effaçant les principaux points d’appui de la réflexion et de la mémoire et handicapant les cinq sens.

On observera que l’ascolovisme a quand même une utilité

Cette affection des sens et de la pensée tend à favoriser le rapprochement entre la Turquie dékémalisée, la Turquie erdoganisée, et les pays de l’Europe bureaucratique, l’Europe dirigée par les experts en tous genres peuplant les locaux et annexes de la Commission européenne. Ce n’est quand même pas rien.

Pour ce service éminent, les victimes consentantes de l’ascolovisme, -la demoiselle en tête-, méritent bien les palmes académiques européennes ainsi qu’un bon job rémunérateur offert par Bruxelles.

Nous noterons aussi, que le propos de la demoiselle ne se limite pas à lancer un cri de guerre contre la France moisie, contre la France traditionnelle, ce danger des dangers. Elle désigne en même temps la victime parmi les victimes et le crime politique parmi les crimes politiques : l’islam objet de l’islamophobie, l’islam tracassé par le racisme antimusulman.

Puisque, explique-telle- le rapport géostratégique a changé, que les Frères musulmans sont en difficultés majeures partout (pense-t-elle à la véritable révolution qui a commencé en Egypte en juillet dernier, avec 15 millions de manifestants de tous sexes et tous âges exigeant « Morsi dégages ! Frères musulmans dégagez !! » ; véritable révolution s’étant étendue en Tunisie ?), l’islam est devenu un phénomène inoffensif, une simple tradition et culture pacifique et tolérante.

Ce ne serait plus qu’un brave bon bougre de monothéisme, rien qu’un pacifique phénomène culturel...

La situation en Egypte a vu les Frères musulmans perdre le pouvoir gouvernemental, mais pour autant rien n’est réglé : Les attentats, les voitures piégées, les attaques armées, les pogroms anti-coptes, n’ont pas cessés. Les Frères musulmans ne se résignent pas.

Ils ont obtenu l’extrême bienveillance de politiciens de haut niveau (Obama-Hollande) demandant, puis exigeant des autorités égyptiennes, qu’elles reculent,  qu’elles libèrent Morsi et laissent les Frères musulmans revenir librement dans le jeu politique légal.

En d’autres termes, les nombreuses annexes des Frères musulmans dans notre pays vont pouvoir reprendre leurs activités « pacifiques et culturelles » diversifiées pour l’expansion et la domination de la charia.

Notre chroniqueuse fait ainsi sien le slogan et la revendication de l’organisation de la conférence islamique et les buts du « processus d’Istanbul », à savoir : dénoncer et criminaliser la critique de l’islam, faire interdire l’action civique contre les exigences de la charia (critique et action civique assimilées à du racisme et donc à une action gravement délictueuse).

En effet, pour Erdogan, pour l’OCI, pour mademoiselle Fourest, l’islam est un être vivant, c’est un peuple, c’est une « race ». Le critiquer, le combattre, s’opposer aux prétentions de la charia, c’est critiquer et combattre un peuple, c’est du « racisme ».

On vient d’apprendre l’arrestation d’un jeune homme, un normand. Il tenait un site, en normandie, autour duquel graviteraient 4000 personnes. Ce site est pro al Quaida :  il se pâme devant les vertus spirituelles et la haute élévation du djihad et des combats armées et des tueries de la « guerre sainte », pour répandre la vraie foi.

Racisme, que de mettre au trou ce jeune normand descendant de gaulois ou de conquérant « Northman » qui explique qu’il est hautement spirituel de faire en France ce que d’aucun ont fait dans les métro londoniens et madrilènes?

Pour le processus d’Istanbul et pour l’OCI, indiquer les buts « religieux » affichés par ces fanatiques de la charia, prêts à tout pour faire imposer l’hégémonie de leur idéologie, c’est du « racisme », c’est de « l’islamophobie ».

Et pour les personnes atteintes d’ascolovisme, pour la jolie Caroline, c’est quoi ?

« Racisme », que de mettre définitivement hors d’état de nuire ce jeune converti au salafisme ?

Ce converti propagandiste des « tueries saintes », pour le triomphe de la vraie religion, se fait appeler « Al Normandy ». Si nous suivons la logique tortueuse de notre chroniqueuse, le combattre, le dénoncer, le mettre hors d’état de nuire, définitivement, lui et ses 4000 correspondants (dont 500 seraient actifs), appliquer la loi et le déclarer déchu de ses droits civiques, ce serait, non pas une lutte politique et sécuritaire, légitime et nécessaire, pour protéger nos vies et celles de nos enfants, ce serait un racisme, un racisme des plus détestables.

Si nous n’avions pas bien compris, ou plutôt si la délicieuse chroniqueuse s’était mal exprimée, -tout le monde à bien le droit de ne pas avoir bien exprimé sa véritable pensée- nous serions toutes ouïes et enchantés de la découvrir défenseur intransigeant de la liberté de conscience et de critique de tous les dogmes, y compris les dogmes mahométans.

Alon Gilad

*1 Le projet Aladin a été initié par la social-démocratie scandinave. Il incorpore aujourd’hui la bureaucratie de l’Union européenne et toutes sortes d’associations  et ONG financées. Le roi du Maroc est un des partenaires, l’islam politique turc d’Erdogan en est un autre. Le Projet  prétend : vouloir favoriser le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée et contribuer au rapprochement entre les cultures d’Europe et l’islam.

A une époque pas si lointaine, notre chroniqueuse était embarquée sur cette lourde flottille, à titre bénévole bien sûr. Lourde flottille en effet, que cette armada dont les équipages comportent, outre la social-démocratie scandinave : le roi du Maroc -qui ne réprime pas les dé-jeûneurs de Ramadan, ne fait pas réprimer les jeunes femmes dévoilées et a enfin donné à l’Amazigh le statut de langue national marocaine- et l’anti-kémaliste Erdogan, qui veut ramener la Turquie aux temps du djihad arabe initial, au mépris des traditions proprement ottomanes généralement rétives à ce qui deviendra le wahhabisme et ses variantes.

Notre Chroniqueuse nous expliquera. Nous comprendrons mieux les subtilités de la real politic.

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