Casse-toi, pauvre sans dents !

Publié le 8 septembre 2014 - par - 1 982 vues
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hollandesansdentsIl est toujours surprenant de voir la surprise du bon peuple quand il découvre, au détour d’un scandale,  le cynisme ou le mépris à l’égard des petites gens, affichés, derrière la scène, par une personnalité politique en vue, surtout si elle est de gauche.

Comme si, il était acquis, une fois pour toutes, que « ces gens-là », avaient, par nature, une âme plus belle que les autres, « une certaine idée de la morale », disait Fabius en parlant de la gauche, avant le sang contaminé.

Et pourtant, faut-il rappeler tous les scandales qui émaillent la vie du Parti Socialiste depuis que Mitterrand l’a amené au pourvoir ? Et le grand public ne connait que la partie émergée de l’iceberg.

Le bal des faux culs

Les journalistes qui évoluent dans le monde du pouvoir, en faux culs professionnels, connaissent parfaitement la masse des rumeurs et des anecdotes  qui se chuchotent dans le sillage des ténors politiques et  circulent dans le petit monde des initiés. Ils en font entre eux des sujets de bonnes plaisanteries qui distinguent « ceux qui savent vraiment » des soutiers de la profession.

Les bonnes histoires sur les ardeurs de Strauss-Kahn ont été l’objet d’un nombre incalculable de franches rigolades, ainsi que, parmi bien d’autres, le mépris hautain et brutal d’une madone de la compassion ou le cynisme désinvolte d’un apparatchik au cuir d’éléphant, sans oublier, la vulgarité agressive d’un ami des riches qui s’assume.

Etant entendu, bien sûr, que dans la dimension people, les histoires de fesses l’emportent sur les considérations psychologiques. Dans ce domaine, la liste des potins est interminable. Et l’histoire est d’autant plus valorisante qu’elle touche une personnalité qui ne ressemble pas à ce qu’elle fait ; les élans maladroits d’un crane d’œuf compassé sont plus cotés que la énième liste  des conquêtes d’un vieux hussard  qui écume la vie publique depuis des décennies

Ces petits secrets croustillants, ils les gardent  pour eux et entre eux, cela permet aussi d’animer les diners en ville, et ne les sortent que quand  ils règlent des comptes ou quand  sonne l’heure de l’hallali. Le « pauvre » DSK en sait quelque chose.

A vrai dire, tant mieux que la presse française ne joue pas la police des mœurs comme son équivalente anglo-saxonne, la morale a bien peu de valeur quand elle est connectée au taux d’audience, mais ce qu’elle cache sur la personnalité de nos dirigeants fait, en revanche, intégralement partie de l’enjeu politique. Les Français ont le droit de savoir quel genre d’êtres les gouvernent.

Et c’est là que nous retrouvons l’affaire des « sans dents », la seule chose qui restera quand l’affaire de la favorite éconduite sera retombée.  Le cirque médiatique veut que les hommes politiques, de gauche ou de droite,  vivent la main sur le cœur  au service de leurs concitoyens, alors que, pour la plupart, ils cherchent  surtout  à satisfaire un féroce appétit de pouvoir et de reconnaissance narcissique.

Et pour arriver au pouvoir, au sommet du pouvoir, il vaut bien mieux être proche des puissants et de leurs réseaux qui vous ouvrent les portes que des petits.  Oui, mais voilà,  les petits et les obscurs sont beaucoup plus nombreux que  les puissants et les riches, il faut donc les séduire pour être élu.

D’où le double discours, la dissimulation et les stratégies tordues ; la scène publique est un grand jeu de rôle dont le système médiatique, dans sa logique marchande, feint d’ignorer les ressorts cachés. The show must go on !

Se laisse prendre qui veut bien. Après tout, François Hollande n’avait-il pas,  dès sa sortie sur « son ennemie la Finance » terminée,  filé à Londres pour rassurer la City, en soutenant  le contraire de l’anathème lancée  au Bourget ?

Abandon du peuple et mépris des petits

Mais surtout, au-delà des petites anecdotes personnelles qui défraient la chronique, la preuve accablante, massive et définitive, de l’indifférence des hauts dirigeants politiques  à l’égard du peuple est bien leur complicité, active ou passive, face à une immigration de masse qui déstructure notre pays et plonge les plus humbles et les plus fragiles dans une grande détresse sociale et psychologique où la violence la plus archaïque, celle des tribus,  les rattrape.

Il faut avoir un cœur de pierre pour ne pas voir et ressentir ces peurs et ces souffrances cachées qui imprègnent la France d’en bas; un cœur de pierre, ou plus exactement, une indifférence totale au sort d’un peuple déboussolé qui se reconnait de moins en moins dans ceux qui le dirigent.

Une indifférence qui ressemble, comme deux gouttes d’eau, au mépris, voire à la haine. Peut-on oublier la froideur glaciale de Taubira face à l’émotion maitrisée d’une mère dont la fille avait été violée et battue quasi à mort par un voyou multirécidiviste ?

Ce peuple n’est plus leur peuple et, sans identification, pas d’empathie ni de sympathie. Alors pourquoi pas les « sans dents » ? Un bon mot de plus ou de moins! « Casse-toi pauvre con»… tu ne fais plus partie de l’Histoire ! Avec un grand H, bien sûr.

Dany Boume

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