Castaner et la scoumoune : de la main perdante à la fièvre jaune…

Publié le 29 décembre 2018 - par - 10 commentaires - 14 701 vues
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Castaner : la scoumoune et le désespoir...

Arrêtez avec Castaner. Vraiment, je vous le demande en grâce, comme une faveur insigne : c’est trop cruel, trop injuste, trop barbare !

Et d’ailleurs, connaît-on jamais la vérité d’un homme ? Devine-t-on jamais ce qui se cache derrière le masque triste des apparences ?

Même notre amie Josiane Filio, un ange de douceur et de miséricorde, avec toujours un mot gentil pour l’un ou pour l’autre, une attention affectueuse pour un ministre, un journaliste, un député, un bisou pour Macron, un gros poutou à Benalla, même notre tendre Josiane, donc, y va de son agression gratuite contre ce pauvre Christophe, allez comprendre pourquoi…

https://ripostelaique.com/si-si-les-affreux-gilets-jaunes-ont-attaque-la-maison-de-castaner.html

Sait-on seulement comment il en est arrivé là ?

Sait-on seulement s’il n’y a pas été contraint par quelque funeste coup du sort, par une succession de hasards malheureux ? Il suffit d’un rien, parfois, pour qu’une vie banale tourne à la tragédie.

Une mienne amie, technicienne de surface ministérielle, qui accomplit sa noble tâche dans les bureaux de la place Beauvau, m’a fait tenir par courrier spécial une simple feuille de papier qu’elle avait ramassée, roulée en boule, sous le bureau du ministre. Un lancer franc vers la corbeille, sans doute, qui aura dévié de sa course.

Sur cette humble paperolle, quelques lignes tracées à l’encre violette, d’une écriture maladroite, touchante, presque enfantine.

On peut y lire le début de ce qui ressemble à une confession, peut-être à une justification, à une explication, en tout cas, à l’intention de ceux qui jugent sans savoir et qui condamnent sans appel.

Je vous en livre quelques extraits. Puissent-ils vous accompagner sur le lumineux chemin de l’indulgence et du pardon !

Par trois gars de mon quartier

Je me suis laisser entraîner

Dans un tripot l’année dernière

Dans une salle enfumée

Nous nous sommes installés

Autour d’une table de poker

On a enlevé nos vestons

Commandé force boissons

Puis la partie a commencé

Telle que je vais vous l’expliquer

Cela peut sembler anodin, bien sûr, mais tous les grands drames de l’existence ne commencent-ils pas ainsi ?

On prend les cartes, on brasse les cartes

On coupe les cartes, on donne les cartes

C’est merveilleux on va jouer au poker

On reprend ses cartes, on regarde ses cartes

On s’écrie : carte ! puis l’on écarte

J’en jette trois car j’ai déjà une paire

Quand tout le monde a son jeu

On se regarde en chiens de faïence

On essaie de lire dans les yeux

Du voisin plein de méfiance

J’ai pris trois cartes et lui deux cartes

Vous combien de cartes ? moi juste une carte

Faut se méfier y’a du bluff dans l’air…

Évidemment, tout aurait pu se poursuivre et se terminer sans dommage, mais quand le destin s’en mêle… Je lis, un peu plus loin :

Pendant toute la partie

Je me faisais des reproches

Quand se termina la nuit

Je n’avais plus rien en poche

[…]

Mais au moment de m’en aller

J’entends des coups de sifflet

Une descente de police

Les inspecteurs du quartier

Veulent tous nous interroger

Me voici devant la justice

Ils me disent : « Mon garçon

Nous sommes bons et te donnons

Une minute pour t’expliquer »

Je leur ai dit affolé :

On prend les cartes, on brasse les cartes

On coupe les cartes, on donne les cartes

Je n’ai jamais rien eu de meilleur qu’une paire

[…]

Je vois très bien me dit le commissaire

On va vous réinsérer

Car du reste moi je m’en fiche

Mais on va vous affecter

Au département des fiches

On prend les fiches, on regarde les fiches

On trie les fiches, on range les fiches

Malgré moi, on m’a collé au ministère

Tout ça parce qu’un jour

Un bien triste jour

J’ai voulu jouer au poker

Ne vous sentez-vous pas, tout comme moi à cet instant, quelque peu coupables ? N’êtes-vous pas assaillis par le remords d’avoir tant pourfendu ce malheureux, ce malchanceux, ce mistouflard du tapis vert ?

Pauvre Castaniais, victime de brelans sans scrupules et d’impitoyables flushs…

Les choses auraient pu en rester là pour Christophe la Scoumoune, ballotté – comme nous tous – par la grande roulette de l’existence. L’âme au tapis, le cœur au noir, la vie au manque et à l’impair, peut-être pensait-il être arrivé au terme de cette longue martingale du malheur.

Mais le pire était à venir. Le destin, vous dis-je ! Et quand il s’acharne, il ne regarde pas à la dépense ! L’arme employée, cette fois, serait la plus redoutable de toutes : l’amour, et son cortège de destructions massives, l’amour qui submerge, étouffe, anéantit et ne laisse après son passage que des hommes en cendres, bientôt dispersés par le vent…

Pour l’occasion, il se vêtit de jaune.

Revenons aux événements du 23 novembre dernier et au récit qu’en fit, dès le lendemain, le ministre de l’Inférieur et des Fiches. Sa déclaration fut reprise dans toute la presse et, hier encore, par Josiane Filio, notre moderne et pétulante Geneviève Tabouis.

« Il y a eu des violences, des insultes, des attaques racistes, antisémites, homophobes. À l’inverse, ma maison personnelle, à Forcalquier, où j’ai ma femme et ma fille, a été attaquée hier par les Gilets jaunes. »

http://lavdn.lavoixdunord.fr/494694/article/2018-11-24/la-maison-de-christophe-castaner-ministre-de-l-interieur-visee#

Qui a pris le temps de s’interroger sur le sens véritable de ces mots ? Ils n’ont pourtant rien d’hermétique. Il aurait suffi d’un peu d’attention, d’empathie, d’ouverture d’esprit pour comprendre ce que nous criait, dans son désespoir, le tourmenté de Beauvau.

Mais non, nul n’a fait cet effort élémentaire de simple humanité, en dehors, bien sûr, de votre serviteur…

Commençons par la fin : « […] ma maison (près de la fontaine, NDLR) […] où j’ai ma femme et ma fille […]. »

Il ne dit pas « où vivent ma femme et ma fille », mais bien « où j’ai ma femme et ma fille ».

Qu’est-ce qu’il a dans sa maison, dans son jeu ? Une paire de dames, bien sûr !

C’est le souvenir qui le hante, qui ne le quittera plus jusqu’à son dernier souffle : la dernière donne de cette nuit-là ; il était certain de ramasser le pot, sûr que l’autre bluffait, la chance, enfin, lui souriait… Une paire de dames servie, pensez donc !

Castaner : j'ai une paire de dames !

Et un brelan de trois vint le terrasser pour le compte ! Un document photographique extrêmement rare nous le montre s’apprêtant à retirer sa chemise qu’il avait misée sur ce dernier coup. Et dire que certains osent ricaner devant cette image, saisie au vol, de la misère d’un homme…

Mais là n’est pas l’essentiel. Revenons à ses premiers mots : « Il y a eu des violences, des insultes… […] À l’inverse, ma maison personnelle […] a été attaquée hier par les Gilets jaunes. »

Commencez-vous à saisir, à comprendre ? Votre fureur injuste est-elle en train de s’apaiser ? Encore un effort, un dernier effort.

À l’inverse des violences, insultes, attaques racistes, antisémites et homophobes… sa maison personnelle a été attaquée par les GJ.

C’était donc bien une attaque de douceur (à l’inverse des violences), de compliments (à l’inverse des insultes), d’antiracisme, de philosémitime, d’homophilie (à l’inverse, toujours, des odieux racisme, antisémitisme et homophobie…) qu’a subie la modeste demeure du Fouché des fichés…

Eh oui, c’est bien d’amour qu’il s’agit !

Il nous le dit clairement, sa maison a été victime d’une attaque amoureuse, d’une offensive passionnelle, d’une sorte d’hystérie collective de nature érotomaniaque. Les Gilets jaunes, dont le signe de reconnaissance se loge dans une boîte à gants, se sont souvenus que Christophe était leur saint patron, celui des voyageurs, des automobilistes, celui qui les préserve de tous les dangers qui les menacent, kilomètre après kilomètre.

Alors, ils veulent le voir, le toucher, se prendre en photo avec lui et diffuser leurs trophées sur les réseaux sociaux. Ils iraient même jusqu’à le dépouiller de ses vêtements, pour s’en faire de précieuses reliques…

Lorsqu’une femme demandait au défunt Paul Newman de retirer ses lunettes de soleil, il répondait : « Je ne peux pas, ça fait tomber mon pantalon ! »

Notre pauvre saint malmené, pourtant premier pandore de France, n’a même pas, lui, de lunettes de soleil pour retenir son pantalon…

Il ne sort plus que la nuit, il erre dans les rues désertes de Forcalquier ou de Paris, et il gueule son désespoir dès qu’il aperçoit le moindre Gilet jaune :

J’peux plus supporter ton amour

Si j’étais tout seul, je crierais au secours

Mais tu m’lâches pas d’un pas

T’es toujours là

Tu m’tombes su’a rate

Tu m’casses les noix

Arrête de m’embrasser comme ça tout le temps

À la banque, à la lutte, au restaurant

Ça m’met les nerfs dans un état d’Arizona

J’peux plus respirer, j’étouffe dans tes bras

J’veux pu qu’tu m’aimes

J’veux pu qu’tu m’aimes

J’en ai plein l’dos, plein mes bottes, plein mon casque

J’veux pu qu’tu m’aimes

J’veux pu qu’tu m’aimes

Efface, fais du vent, débarrasse !

Alors, les Gilets, vous entendez ? Vous comprenez mieux maintenant ? Écoutez encore :

Qu’est ce que j’t’ai fait pour qu’tu m’aimes trop ?

J’danse comme un pied, j’suis même pas beau

J’ai rien de Roméo et Julio

Ma Lada neuve tombe en morceaux

J’peux plus souffrir tes scènes de larmes

Mais pourquoi pourquoi tu t’acharnes ?

Ça m’met les nerfs en bulldozer

J’peux plus respirer, fly, tu m’pompes l’air

J’veux pu qu’tu m’aimes

J’veux pu qu’tu m’aimes

J’en ai plein l’dos, plein mes bottes, plein mon casque

J’veux pu qu’tu m’aimes

J’veux pu qu’tu m’aimes

Efface, fais du vent, débarrasse !

Cette fois, je le sais, j’ai réussi à toucher votre cœur.

Qui pourrait rester de marbre devant tant de souffrance ? Ne craignez-vous pas, tout comme moi, qu’il se saisisse un soir de son P38 et qu’il commette l’irréparable ?

Allez, les Gilets jaunes, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Cet homme, dans toute son existence, n’a jamais rien eu d‘autre qu’une paire.

De grâce, lâchez-la lui !

Raphaël Delahaut

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Notifiez de
Josiane Filio

Raphaël, tu me dois un paquet de kleenex, tellement j’ai rigolé.
Mais où va-t-il chercher tout cela ???

Charles

la lecture de ce dossier m’a fait du bien.

limone

merci , me voilà revigorée d’une telle prose car j’ai bien ri ! merci

Monhaymichel

Amen

barbot

Regardez la Photo: c’est bien lui !! L’ASSASSN HABITE AU 21 !!!

eric delaitre

C’est vrai que de gazer les gens comme ça, pour rien, ça doit détendre ? Un ami me disait hier soir, c’est bien entendu un exemple entre d’autres, faisant quelques courses dans le centre de Bordeaux, il restait quelques GJ et les CRS les gazaient comme ça, pour rien,du côté gazeuses, on ne regarde pas à la dépense, du côté flashball non plus, Casta vient d’en commander un millier à la Suisse, les modèles français ne sont pas assez performants. Si Benalla se retrouve en posséder un, là encore on se demandera  » mais comment se fait il ?  » Pour rester dans le sens de l’article  » quand c’est fin N-I ni ni, ça recommen-en-Ce !  » https://www.youtube.com/watch?v=hFsAwKS6DuU

patphil

pauvre castaner, réduit à faire deux doigts aux gj
pauvres crs obligés de rester à jouer à la belote dans leurs cars en attendant de pouvoir taper sur la tête des gens et qui sont si fatigués de « travailler » le samedi!

MOYER

Pauvre mec
Ancien bandit au pouvoir, pauvre France

Magi

Rien d’étonnant de Macron! Il suffit de voir ce qu’il a placé autour de lui le 11novembre en# 2 ème rang#!