Ce n’est pas Najat Vallaud-Belkacem qui va réparer les dégâts de Meirieu…

Publié le 20 décembre 2014 - par - 1 500 vues
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royal-belkacem-gueriniDans la circulaire n°97-233 du 31 octobre 1997, Madame Ségolène Royal, alors ministre déléguée  chargée de l’enseignement scolaire , déclarait « un nouveau souffle pour les ZEP : les Réseaux d’Education Prioritaire (REP) constitués d’écoles et de collèges dont la concentration de difficultés mérite une vigilance et une aide particulières. »

Madame Ségolène Royal serait-elle devenue amnésique ? Je suis très surprise de son manque de réaction pour revendiquer la « maternité » de ses actions, elle si prompte à réagir !

Serait-ce par esprit charitable pour encourager la nouvelle ministre en lui laissant le champ de l’innovation ?

Mais où sont les enseignants des REP  de cette période ? Sont-ils tous morts ? Pourquoi ne protestent-ils pas, comme je le fais, pour dire qu’ils ont été des « répeurs »(comme nous aimions nous surnommer) ?

Il faut dire que continuait à sévir  à la fin des années 1990 un certain Philippe Meirieu, directeur à cette époque de l’Institut national de la recherche pédagogique qui faisait l’objet de nombreuse critiques. Interrogé par le Figaro Magazine le 23 octobre 1999, il a reconnu avoir commis des erreurs. « Il y a quinze ans, par exemple, je pensais que les élèves défavorisés devaient apprendre à lire dans des modes d’emploi d’appareils électroménagers plutôt que dans les textes littéraires. Parce que j’estimais que c’était plus proche d’eux. Je me suis trompé. Pour deux raisons : d’abord, parce que les élèves avaient l’impression que c’était les mépriser ; ensuite, parce que je les privais d’une culture essentielle. C’est vrai que à l’époque, dans la mouvance de Bourdieu, dans celle du marxisme, j’ai vraiment cru à certaines expériences pédagogiques. Je le répète, je me suis trompé. »

Mais combien d’élèves ont-ils subi pendant des années ces dérives du pédagogisme, combien d’enseignants , soumis à la hiérarchie, ont-ils contribué à la destruction de l’école dite « réactionnaire » de Jules Ferry ? Le niveau des élèves est en chute libre depuis des dizaines d’années et aucun ministre de l’Education Nationale, malgré de beaux discours n’a réussi à enrayer cette chute.

Mais voici que la gauche arrive au pouvoir. Monsieur Peillon , ministre de l’Education Nationale décide, et, avec raison, de rétablir la semaine de 4 jours et demi.

Petit rappel :

– C’est Edgar Faure, ministre de l’Education Nationale qui décida en 1969 de supprimer le samedi après-midi dans les écoles élémentaires

– Mais au fil des années,  il y a eu une disparité entre les enseignants de l’élémentaire et de la maternelle : les parents de maternelle pour des raisons familiales n’ont plus envoyé leurs enfants à l’école le samedi matin. Les enseignants de maternelle n’ayant plus d’élèves, étaient censés se réunir pour discuter… pédagogie.

Pour réparer  cette injustice entre les enseignants de maternelle et ceux de l’élémentaire, Monsieur Sarkozy  décide en 2008 de ramener la semaine à 4 jours, sans que les enseignants et notamment ceux de ZEP ne protestent. Les enfants des classes défavorisés ne partaient pas en week-end et se trouvaient ainsi encore plus pénalisés par la suppression d’une demi-journée de cours.

Monsieur Peillon décide, avec raison, de revenir à la semaine de 4 jours et demi. Mais les enseignants du 1er degré ne l’entendent pas de cette oreille. On trouva donc une mesure « révolutionnaire » pour ne pas pénaliser les enseignants qui avaient accepté en 2008 de travailler 24 heures en étant toujours payés 27 heures (!) On créa les activités périscolaires qui pénalisent une fois de plus les enfants des classes défavorisées. A grand renfort de publicité , on « vendit » aux citoyens cette réforme comme révolutionnaire. Les enseignants continuaient à travailler 24 heures et on embaucha du personnel dont une grande partie n’était pas formée, pour remplacer les 3 heures de cours que les enseignants ne voulaient plus assurer.

Alors lorsque j’entends Madame la Ministre de l’Education Nationale défendre avec la plus grande véhémence accompagnée d’un sourire qui se veut bienveillant mais démenti par un regard noir, la nouvelle réforme, (allant jusqu’à dire qu’elle aiderait à combattre l’échec scolaire), je dis que décidément rien n’a changé au royaume de l’Education Nationale.

Dans un pays dont les représentants politiques brillent dans leur ensemble (voir le Sénat l’Assemblée Nationale) par leur âge certain et leur certain âge, on aurait pu saluer l’arrivée d’une jeune ministre dans le ministère qui est le plus important car il est censé formé les futurs citoyens. Mais le choix de cette dernière n’est vraiment pas approprié et c’est un euphémisme ; il ne suffit pas de pérorer et jaboter devant les caméras.

Et si comme disait un de nos auteurs nationaux dans la bouche d’un jeune homme du 17ème siècle, «  Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années », cette phrase ne peut en aucun cas s’appliquer à vous, Madame Nadjat Vallaud Belkacem.

Au cas où vous l’auriez oublié ou jamais su, c’est dans le Cid acte 2, scène 2, de Corneille, que Rodrigue prononce ces paroles !

Marie Larche

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