Ce n’est pas parce qu’il a crié Allah Akbar que le forcené était musulman !

Publié le 21 décembre 2014 - par - 5 388 vues
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bilal

Alors que toute la journée, la chaîne I-Télé en a pris pour son grade par les patriotes après l’éviction d’Eric Zemmour, ce soir, comble de l’ironie, ce sont les musulmans qui s’en prenaient à elle pour la diffusion en boucle de l’affaire du commissariat de Joué-les-Tours dans laquelle Bilal Nzohabonayo, un Burundais venu enrichir la France, a été abattu après son attaque au couteau aux cris de « Allah Akhbar ! ». Ce renvoi récurrent à la confession du déséquilibré a quelque peu agacé nos chers musulmans qui ne voyaient pas trop l’intérêt de préciser ce léger détail, secondaire pour eux et qui tend à les stigmatiser. Certains allaient même jusqu’à soupçonner un complot visant à les accuser.

Bien sûr, pour la doxa médiatico-politique, le fait qu’il ait crié « Allah Akbar ! » ne fait évidemment pas de lui un vrai musulman, on comprend bien que cela n’a rien… mais rien du tout à voir avec l’islam. D’ailleurs sa soeur est formelle « mon frère n’a pas été un violent et priait toujours la paix, la paix, la paix… C’est n’importe quoi…! ».

Bernard Cazeneuve qui, sans vérifier, avait condamné avec vigueur les propos non tenus par Zemmour sur les musulmans, a dû à contrecoeur confirmer l’islamité du djihadiste. Désireux d’éviter tout amalgame nauséabond, il s’est empressé de dire que le jeune homme n’était pas connu des services de la DGSI, contrairement aux affirmations du Figaro, mais oeuvrait dans la « délinquance ordinaire ». Peu après, BFM TV lâchait un détail supplémentaire : le frère de l’agresseur, lui, était répertorié dans leurs fichiers et envisageait même de partir en Syrie.

A Décines-Charpieu, c’est un handicapé paralysé des jambes qui a été découvert égorgé. Il s’en faudrait de peu pour qu’on nous explique qu’il a glissé à plusieurs reprises sur une lame de couteau qui traînait par terre… Pudiquement, l’affaire n’aura pas fait grand bruit. M. Cazeneuve n’en aura sans doute pas été averti, Jean-Luc Mélenchon, Dominique Sopo, Esther Benbassa ou encore Guy Bedos pas davantage.

Manuel Valls, toujours enclin à réagir après coup plutôt que de prévenir une situation potentiellement explosive, a promis la « sévérité de l’Etat ». On ne sait pas trop à quoi il fait allusion ni surtout comment il compte s’y prendre pour empêcher des djihadistes d’agir sur notre sol quand il s’en trouve tant parmi les milliers de mosquées de France.

Sur sa page Facebook le djihadiste de Joué-les-Tours, qui résidait à Tours selon son profil, affirmait le 28 juillet dernier ne pas croire à un quelconque rapprochement entre les trois religions monothéistes, destiné seulement à faire croire que les trois dogmes se valaient alors que selon lui seul l’islam était une vraie religion, les deux autres ne pouvant rivaliser dans la vérité puisque relevant du satanisme. Comme tant d’autres, on lui aura soigneusement bourré le mou jusqu’à rendre chronique sa paranoïa. Valls et Cazeneuve vont-ils nous faire croire encore longtemps qu’ils auraient une quelconque recette miracle pour contrer ces délires religieux d’un autre âge avec une population à risques qui ne fait que s’accroître et qui trouve son terreau dans un communautarisme plébiscité et encouragé ?

A l’heure qu’il est, Bilal a reçu la gratification suprême d’Allah pour son martyr et ses loyaux services… des grains de raisin blancs !

Caroline Alamachère

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