Ce que Flaubert, Chateaubriand, Lamartine, Maupassant, Rimbaud, Hugo, Vigny… disaient vraiment de l’islam

Publié le 27 août 2012 - par - 17 782 vues
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L’orientalisme occupe tout le XIXe siècle et une partie du XXe. Ecrivains, peintres, philosophes, beaucoup font le voyage en Orient ou le mettent en scène dans leur œuvre à partir de ce qu’ils en savent. Ils recherchent, pour la plupart,  un Orient du passé, qui renvoie aux origines de l’Europe. Mais c’est aussi un passé fantasmé et idéalisé que les romantiques exhument, se nourrissant le plus souvent de stéréotypes et d’impressions spontanées, loin des réalités présentes et effectives de cet Orient. Ainsi, le Voyage en Orient de Nerval est-il une rêverie poétique plutôt qu’une relation exacte de ce qu’il a vu lors de son voyage réel dans la région.

Pour en finir avec ces sites, blogs et autres commentaires divagants en ligne qui fustigent ou exaltent des écrivains français et européens ayant évoqué l’islam,  je tiens donc à temporiser leur ardeur à distribuer des bons et mauvais points à nos illustres artistes. Certains de ces auteurs orientalistes ont eu, certes, un regard bienveillant sur l’islam ; d’autres, au contraire, ont condamné cette religion, mais aucun d’eux, j’en suis convaincu, n’aurait goûté l’expansionnisme islamique et sa négation grandissante de la culture occidentale !

Soyons sérieux un instant quand on brandit l’hypothèse d’un Victor Hugo, d’un Gérard de Nerval ou d’un Arthur Rimbaud musulmans ! Croyez-vous un instant qu’Hugo, luttant contre la peine de mort et pour l’alphabétisation des peuples, aurait embrassé une idéologie autorisant des mutilations de toute sorte en représailles de délits mineurs, ainsi que l’assujettissement de la femme et son maintien dans l’ignorance ?

Certes, le plus célèbre des écrivains français a rédigé un poème sur Mahomet (« L’an neuf de l’Hégire », La Légende des siècles) mais, à sa lecture, qui peut affirmer qu’Hugo adhérait à l’islam sinon des propagandistes malintentionnés ? D’ailleurs, Hugo sait à quoi s’en tenir, à mon avis, quant à la « mansuétude » de l’islam lorsqu’il compose le poème « L’enfant » (Les Orientales), qui condamne sans nuance la répression exercée sur le peuple grec par les Turcs pendant la guerre d’indépendance de celui-ci. Ces massacres inspireront l’un des plus poignants tableaux de Delacroix : Scène des massacres de Scio (exposé au musée du Louvre).

Alfred de Vigny non plus ne les oubliera pas ces massacres, et son œuvre en sera nettement imprégnée de sa défiance à l’égard de l’islam, jusqu’à la colère vengeresse : « L’Islamisme est le culte le plus immobile et le plus obstiné : il faut bien que les peuples qui le professent périssent (Journal d’un poète).

Quant à prétende que Rimbaud s’était, lui aussi, converti à l’islam, là on croit rêver ! On sait quel sort fut réservé à ses interprétations libres du Coran et qui faillirent lui coûter la vie. On sait aussi, grâce à la relation de ses derniers jours par sa sœur Isabelle à son chevet, que Rimbaud sombra « dans une sorte de rêve continuel » dont certains se servent de nos jours pour prétendre qu’il en a appelé à « Allah ». Sa dernière lettre dictée à sa sœur, datée du 9 novembre 1891, l’atteste : il n’est plus en connexion avec la réalité et tout ce qu’il aurait pu dire ne relevait, hélas, que du délire. Il meurt le 10 novembre de la même année.

En 1806, Chateaubriand accomplit le voyage en Orient pour rallier la Terre sainte ; voyage dont les notes serviront à son récit « Itinéraire de Paris à Jérusalem ». En traversant des pays musulmans, il comprend sans doute ce que nous nous décidons enfin à reconnaître aujourd’hui du bout des lèvres : « […] tous les germes de la destruction sociale sont dans la religion de Mahomet. […] Continuez de discipliner des hordes de Turcs, d’Albanais, de Nègres[1] et d’Arabes, et, avant vingt ans peut-être, le croissant brillera sur Saint Pierre. Appellerez-vous alors l’Europe à une croisade contre des infidèles armés de la peste, de l’esclavage et du Coran ? Il sera trop tard. » (Mémoires d’outre-tombe). Et quel que soit le militantisme catholique acharné de l’auteur du « Génie du christianisme », nous éprouvons à présent la dure réalité de ses dires.

Si le christianisme a laissé en Europe des vestiges des civilisations préchrétiennes  tant physiques qu’immatériels (après en avoir détruit un grand nombre, ne le nions pas), l’islam n’absorbera rien : il anéantira ce qui n’est pas de son fait. Pour qui en douterait encore, voyez les immenses tas de pierres au fond de grottes creusées dans une montagne afghane, sur l’ancienne route de la Soie. Ils étaient autrefois les plus grands Bouddhas de pierre au monde[2]. Croire que le mont Saint-Michel ou la basilique de Vézelay subiront au mieux le sort de Sainte-Sophie à Istanbul, convertie en mosquée en 1453, c’est oublier que les islamistes contemporains qui se proposent d’investir l’Europe ne respectent aucune production humaine, même émanant de  leur religion : voir la destruction récente des mausolées de Tombouctou par les fanatiques d’Al-Qaida qui, bientôt, seront la norme idéologique de tout le monde islamique, n’en doutons pas.

En 1834, l’écrivain et homme politique Lamartine, pourtant connu pour sa modération, prononce un discours à la Chambre des députés en faveur de la colonisation de toute l’Algérie, dont voici un extrait bien loin de son admiration béate de l’islam : « Remettre les rivages et les villes de l’Afrique à des princes arabes, ce serait confier la civilisation à la barbarie, la mer à la garde de ses pirates, nos colons à la protection et à l’humanité de leurs bourreaux.  […] Si l’or a son poids, la politique, l’honneur national, la protection désintéressée du faible, l’humanité, n’ont-ils pas le leur ? Abandonnerions-nous ces mers à leurs pirates ? Les côtes de France, d’Italie et d’Espagne à leurs insultes ? Repousserions-nous les bénédictions de ces rivages que nous avons affranchis de leur terreur ? Laisserons-nous repeupler d’esclaves français et européens ces nids d’esclavage que nous avons détruits pour jamais ? » Cela en dit aussi long sur ces peuples « pacifiques » « injustement » colonisés !

Lamartine reconnait là qu’il faut contenir l’islam ou le pire est à craindre pour l’Europe. Des contradicteurs me rétorqueront qu’il a fait l’éloge de Mahomet et sa doctrine, mais un éloge qui n’implique pas le devenir de l’Europe. Le poète salue à ce propos le pragmatisme du prophète, qu’il qualifie d’ »inspiré de la raison » et donc pas de Dieu : les talibans apprécieraient !

Au siècle précédent, Voltaire écrivait la même chose en démontrant que Mahomet s’était servi de la religion pour imposer sans contestation possible sa doctrine. L’islam est bien un système politique qui se drape de Dieu pour justifier ses visées expansionnistes. Ultérieurement, Voltaire reviendra sur ses positions, d’accord, mais dans sa célébration même de la doctrine mahométane, il montrera son incompatibilité avec les mœurs européennes : « Sa religion est sage, sévère, chaste et humaine : sage puisqu’elle ne tombe pas dans la démence de donner à Dieu des associés, et qu’elle n’a point de mystère ; sévère puisqu’elle défend les jeux de hasard, le vin et les liqueurs fortes, et qu’elle ordonne la prière cinq fois par jour ; chaste, puisqu’elle réduit à quatre femmes ce nombre prodigieux d’épouses qui partageaient le lit de tous les princes de l’Orient ; humaine, puisqu’elle nous ordonne l’aumône, bien plus rigoureusement que le voyage de La Mecque. Ajoutez à tous ces caractères de vérité, la tolérance. » (Essai sur les mœurs). Autrement dit, il s’agit de revenir à la conception médiévale de la foi qui régit la vie de l’homme : étrange pour un défenseur ardent de la justice égalitaire et un adversaire du fanatisme religieux, au passage !

Revenant à Lamartine, on peut suggérer que sa sympathie affichée pour l’islam (dont on a pu voir les limites dans son discours aux députés) correspond à une certaine nostalgie de la France d’avant la Révolution de 1789, où Dieu était encore une évidence et la crise de la foi  pas aussi manifeste. Dans tous les cas, sa vision candide de l’islam est bien loin de la vérité que les peuples non-musulmans sous leur domination éprouvent à l’époque.

Prenons cet extrait de la monumentale correspondance de Flaubert et méditons-le : « Je demande, au nom de l’humanité, à ce qu’on broie la Pierre-Noire, pour en jeter les cendres au vent, à ce qu’on détruise la Mecque, et que l’on souille la tombe de Mahomet. Ce serait le moyen de démoraliser le Fanatisme. » (Lettre du 19 janvier 1878 adressée à madame Roger des Genettes). Flaubert, comme Chateaubriand, fait le voyage en Orient. S’il ne se cache pas un anticléricalisme forcené, il n’en réclame pas pour autant la destruction du Saint-Sépulcre ou de raser le Vatican ! Qu’est-ce qui peut donc le pousser à cette pulsion destructrice ? Lors de son voyage, Flaubert aurait-il observé la vraie nature de l’islam ?

Dans son recueil Au Soleil, Maupassant, pourtant fasciné par l’Orient pendant son voyage dans le Maghreb, tient des propos cruellement visionnaires sur le Ramadan : « Et ceux-là des Arabes qu’on croyait civilisés, qui se montrent en temps ordinaire disposés à accepter nos mœurs, à partager nos idées, à seconder notre action, redeviennent tout à coup, dès que le ramadan commence, sauvagement fanatiques et stupidement fervents. Il est facile de comprendre quelle furieuse exaltation résulte, pour ces cerveaux bornés et obstinés, de cette dure pratique religieuse. » L’oumma n’est pas un vain mot !

Plus près de nous, le mathématicien et philosophe anglais Bertrand Russel a, à mon sens, jaugé l’islam dans son essence même : « D’entre les religions, le bolchevisme doit être comparé avec le Mahométisme plutôt qu’avec le Christianisme ou le Bouddhisme. Le Christianisme et le Bouddhisme sont avant tout des religions personnelles, avec des doctrines mystiques et un amour contemplatif. Le Mahométisme et le bolchevisme sont concrets, sociaux, dénués de spiritualité et intéressés à étendre leur domination sur ce monde. » (Eloge de l’oisiveté). Mais comment combattre un système à la fois politique et se réclamant de Dieu ? Telle a été, il faut le reconnaître, l’innovation de Mahomet : balayer tous les champs de la société, jusqu’à l’art, au nom du Créateur de toute chose. Nulle religion n’est aussi précise, d’où sa force. Nietzsche, un défenseur de l’islam, sert bien mieux mon propos que quiconque : « L’Islam suppose des hommes pleinement virils. » (L’Antéchrist). L’islam veut des guerriers capables de vaincre et soumettre ses ennemis, c’est-à-dire le reste du monde.

Je pourrais émailler mon texte d’autres exemples, mais je me contenterai de vous inviter à lire et vous constaterez la duperie dont vous êtes victimes ; duperie fomentée par des esprits malhonnêtes qui s’ingénient à se grandir artificiellement à travers une culture qui n’est pas la leur et dont ils montrent chaque jour le peu de cas qu’ils font.

Charles Demassieux

[1] Ce terme n’avait, à l’époque, pas la connotation péjorative qu’il a aujourd’hui.

[2] 1 En 2001, après avoir survécu, relativement épargnées, durant plus de quinze siècles[], avoir assisté à la destruction de la ville de Bâmiyân par les Mongols de Genghis Khan en 1221, avoir subi l’occupation russe, les statues sont décrétées idolâtres par Mohammed Omar et les talibans les détruisent au moyen d’explosifs et de tirs d’artillerie. En mars 2001, les deux statues avaient disparu après presque un mois de bombardement intensif, causant une vive émotion de par le monde (sources Wikipedia).

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