Ce que recouvre le terme petit Blanc…

Au cours des années 70/80, nous entendions parler des minorités invisibles. Dans les années 90, quand bien même ces minorités devenaient visibles, il ne fallait pas s’en faire. Ravalés au rang d’épiphénomènes, les problèmes soulevés par une cohabitation de plus en plus chaotique ne représentaient en aucune manière la réalité. Tant et si bien que, quelques dix années plus tard, devenues minorités tout court, les Français devront se faire à l’idée que la société évolue : le multiculturalisme nié se transformait en multiculturalisme obligé.

Et en 2014, une nouvelle minorité est née : les petits Blancs !

« Un petit Blanc, c’est un Blanc pauvre qui découvre sa couleur de peau dans un contexte de métissage », nous annonce, ce 2 mai, Aymeric Patricot sur TV Libertés. 

http://www.fdesouche.com/450859-aymeric-patricot-les-petits-blancs-video

C’est drôle quand on sait qu’à l’île de la Réunion, « p’tit Blanc »est  un terme issu du colonialisme et de l’esclavage pour désigner les descendants de métropolitains dont le sort, à l’époque,  n’avait rien à envier aux esclaves noirs. Terme qui s’opposait à « Gros Blanc », lequel désignait les riches propriétaires terriens de l’île. Noirs et petits Blancs à égalité dans la misère : c’était la Réunion il y a un siècle et demi.

Ainsi donc, tandis que les p’tits Blancs des Hauts (les Yab) depuis près de 200 ans participent activement à l’économie de l’île à travers diverses cultures maraîchères et autres, et qu’ils développent très judicieusement des structures touristiques, apparaît en France métropolitaine le petit Blanc nouveau, pauvre, le laissé pour compte de la classe politique et traité de « beauf » par les bobos mondialistes. Les petits Blancs métropolitains de 2014 sont, finalement, les p’tits Blancs réunionnais d’il y a 150 ans ! Belle évolution !

En outre, monsieur Patricot – voix toute feutrée – établit un parallèle aussi subtil que décapant entre nos petits blancs nouveaux et les « White trash » des Etats-Unis. Les « White trash  » sont des Blancs pauvres dégénérés, marqués physiquement par la pauvreté et plus pauvres que les minorités ethniques. »

C’est Eminem, dit-il, main dans la main avec ses amis du ghetto noir qui crache sa haine du bourgeois blanc. Mais alors, il existerait des… « Black trash « ? Aymeric Patricot ne va pas jusqu’à dire cela. C’est que l’ancien professeur fait montre d’une prudence de sioux : le terme petit Blanc n’évoque pas seulement les pauvres «  mais aussi… la question raciale qui est réapparue dans les années 2000 (…), « la discrimination positive «  et « les minorités qui s’organisent en associations ». Clairement,  l’expression « petit Blanc », en grande majorité très mal vécue, et par les principaux concernés, et par d’autres catégories de population blanche, serait donc utilisée par les non blancs. Chose inconcevable il y a encore dix ans. Le Français renommé « Blanc » est donc en passe de devenir minoritaire en France…

Si les analyses de Thomas Legrand et d’Aymeric Patricot sur le fait que c’est le multiculturalisme grandissant qui fait prendre conscience de sa couleur de peau paraissent non dénuées de fondement, il est à noter que dans une société fondée dès le départ sur le multiculturalisme, les gens n’y prêtent plus guère d’attention. Alors, qu’à cela ne tienne, dans 150 ans, plus personne ne fera attention aux Français de couleur blanche aujourd’hui stigmatisés !

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/02/13/31003-20140213ARTFIG00071-petits-blancs-contre-bobos-la-nouvelle-lutte-des-classes.php

D’autre part, messieurs Legrand et Thomas occultent – délibérément ou non – la question, non plus de la couleur, mais de la religion. C’est l’islam conquérant qui pose bien davantage de soucis aux Français que les gens non blancs venus d’ailleurs

Cantonner le terme « petits blancs » à des questions économique et sociétale, ce n’est pas très honnête.

De plus, quand on pense à la promesse du candidat Hollande de supprimer le mot » race » de la Constitution, et qu’on découvre un terme encore jamais usité en France, ce serait une bonne idée de suggérer au président Hollande de faire machine arrière, non ?

Caroline Corbières

 

 

 



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