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Ce qui lui manque pour triompher…

Sociologiquement, la France est majoritairement de droite : elle adore l’argent (en mode veau d’or), elle préfère prendre plutôt que donner et profiter de son voisin plutôt que de lui venir en aide : l’abbé Pierre n’y retrouverait pas ses petits. Mais voilà, la mondialisation est passée par là, et le peuple de droite est désormais coupé en deux : il y a ceux qui sont attachés à l’identité française (tout en continuant à acheter chinois) et ceux qui veulent passer à autre chose, à quelque chose de plus « hype ».

Et donc, l’air de rien, les « patriotes » de droite ne rassemblent plus 51 % de l’électorat à eux seuls. Et donc, pour gagner, leur candidat doit nécessairement convaincre un autre électorat de voter pour lui. L’électorat mondialiste de droite ? Ben non… L’électorat mondialiste de gauche ? Mais non, enfin… Ki ki reste ? L’électorat patriote de gauche, bien sûr ! La gauche populaire, les prolos du Nord, les premières victimes de la mondialisation…

Et donc, il s’agit pour Zemmour d’augmenter qualitativement son programme électoral, de s’engager en faveur des laissés-pour-compte économiques de la mondialisation. Et « en dur », parce que eux aussi savent lire entre les lignes, et qu’on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre…

Un maître-mot : l’État-stratège. Un État protecteur qui fait le plein emploi (et non de vaines promesses en ce sens), qui garantit le minimum vital pour tous (et non la charité de classe). Un État qui prépare l’avenir de son peuple (pas son remplacement), qui pense son développement économique (pas qui fait confiance au « marché » pour créer des « synergies win-win »). Ça s’appelle le nationalisme de gauche : la Russie le fait, la Chine le fait, pourquoi pas la France ?

Parce que les patriotes de droite sont avant tout des idolâtres du capitalisme, incapables de penser le protectionnisme ou la nationalisation comme des solutions légitimes. Leur anti-communisme primaire les aveugle au point de perdre de vue le fonctionnement réel de l’économie capitaliste. Illustration : les « F35 » ont supplanté les « Rafales » en Belgique, au Canada, aux Pays-Bas, en Suisse, en Corée du Sud, au Japon… pas parce qu’ils étaient de meilleurs avions de combat mais parce que Lockheed Martin a distribué des enveloppes bien garnies et surtout fait les carrières politiques des uns et des autres (où en est Charles Michel, ex-Premier ministre belge ? Vous venez de comprendre…).

Le problème, c’est que Zemmour va hésiter à tendre la main aux patriotes de gauche (pourtant orphelins), de peur de perdre peu ou prou de son électorat droitard (Marine et Pécresse en embuscade)… ce qui va sérieusement compliquer sa conquête du pouvoir. C’est mal engagé, et c’est d’autant plus bête que c’est de la faute de ses propres électeurs : incapables de penser « stratégie », ils risquent de devoir penser « printemps » 5 ans de plus.

Geoffrey Delavallée

Néo-communiste gaulois belge