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Ce qui m'interroge, c'est qu'une certaine gauche se préoccupe plus des sans-papiers expulsables que des ouvriers expulsés

Depuis janvier 2008, les entreprises »dégraissent » :
PSA 1050,la Caisse Épargne 4500, Natixis 850, Imperial Tobacco 2440, Doux 647,Saint-Gobain 4000, Renault 6000, la Camif 509, Crédit agricole 500.
1050+4500+2440+647+4000+6000+509+500 =19686.
Remarquons, au passage, la délicatesse du terme « dégraisser »:enlever la graisse d’un animal.Fam: alléger les frais, notamment en licenciant le personnel. Le  » Fam » a été ajouté en 1976 ( début de la crise )
Le dégraissage consiste à fermer des usines en France parce que les salaires sont jugés trop élevés, pour aller installer les mêmes usines en Europe et ailleurs (Vive l’ Europe et la mondialisation) avec une main-d’oeuvre moins chère. Ou encore licencier une partie du personnel pour alléger les charges en demandant au personnel restant le sacrifice de salaires moins élevés avec plus d’heures de travail. (c’est travailler plus pour gagner moins). Mais la première charrette précède la deuxième et la troisième avant fermeture.
Et le chômage, c’est 4,3 millions de chômeurs ou précaires. (Le Progrès et Marianne).

Les méthodes sont différentes pour avoir le « dégraissage » parfait, sans trop de vagues. La Caisse Épargne, elle, supprime en annonçant 4500 postes non-remplacés. Dans l’Éducation nationale, même méthode, 19500 suppressions de postes avec des départs à la retraite non-remplacés.
C’est bien pratique, cette méthode ! Si on a besoin de personnel ponctuellement, il y a le volet des vacataires, intérimaires, et bien sûr, les sans-papiers. On ne va pas se casser la tête à vérifier si les papiers sont vrais ou faux non ? Voilà l’armée de travailleurs dociles, qui ne vous embêtent pas avec les 35 heures ni les salaires ?

On peut leur demander de travailler beaucoup plus pour gagner beaucoup moins

Et si des militants de « gauche » les soutiennent , en pensant faire leur BA , on ne va pas s’en plaindre. S’ils deviennent trop revendicatifs avec leurs papiers, on les remplacera par d’autres.
Ce qui m’interroge, c’est cette espèce de résignation de la gauche à accepter ces licenciements qui « se ramassent à la pelle » comme feuilles d’automne. Ce qui m’interroge, c’est que les pages des journaux d’une certaine gauche parlent beaucoup plus des sans-papiers que des ouvriers, employés jetés comme des malpropres.

Ce qui m’interroge, c’est qu’une certaine gauche se préoccupe plus des sans-papiers expulsables que des ouvriers expulsés

Mais voilà, la gauche socialiste a entraîné l’ensemble de la gauche ( sauf la gauche républicaine) dans cette Europe » plus-plus » et pour cela, il faut abolir les états-nations et nier la souveraineté du peuple pour éviter les luttes, et pouvoir tranquillement casser le code du travail, tous les acquis du Conseil national de la résistance et réaliser ainsi l’Europe « moins – moins » dont le capital a besoin
Moins d’emplois en France, de moins en moins. ( Certains ont parfaitement compris que l’Europe ne sera jamais plus-plus et que le mieux est d’en sortir )
Pour des militants progressistes, le travail devrait être de lutter avec les licenciés, pour garder l’emploi en France
Ce serait un vrai projet de développement durable, avec économie de déplacements, avec économie de carburant !
Revenir à la question du sens du travail , à la gestion rationnelle des intérêts bien compris du travailleur et de la collectivité ( ce sera mon prochain article lié à la nation )

Vivre et travailler au pays

Évidemment, aider les pays en voie de développement pour que leur population puisse, elle-aussi, « vivre et travailler au pays  » ( et éviter ainsi qu’ils soient contraints à émigrer)
On vit une époque formidable. L’université du MEDEF ( courroie de transmission sarkozienne) a tenu son université d’été.Et là, j’ai été prise d’un fou rire inextinguible: le thème?  » Travailleurs, travailleuses, unissons-nous » Unissons-nous, pas « unissez-vous » De vrais marxistes, ces patrons! qui proposent aux travailleurs qu’ils licencient l’union et la lutte fina-ale ! c’est beau, non ? Ils détournent le langage de la gauche. Leur but ?

Supprimer la lutte des classes

Nous aussi, nous sommes des travailleurs, travailleuses! comme vous! unissons-nous!
C’est vrai qu’eux aussi peuvent être licenciés .(sortez vos mouchoirs)
Les patrons du CAC 40 gagnent 300 à 500 fois le salaire moyen de leurs employés.
De mon fichier Edvige, je sors la fiche au hasard, d’un pauvre patron
Zacharias Antoine (BTP) Vinci. 50 millions d’indemnités, dernier salaire annuel 4,3 millions d’€, prime de départ 12,8 millions d’€, une retraite de 2,5 millions d’€. Plus-values 260 millions d’€
Et pendant ce temps-là? C’était les vendanges à Montmartre, repas de quartier, une jolie fille à la jupe très courte monte à l’échelle , la foule crie  » Plus haut! Plus haut !  » accompagnant cette ascension d’encouragements égrillards.
Une habitante qui festoie, verre en main  » j’aime mieux être là qu’aux Invalides  »
Tiens, que se passait-il donc aux Invalides ce samedi 13 septembre 2008?
Mireille Popelin