Ce qui manque aux djihadistes : la magie du Père Noël

Publié le 27 novembre 2014 - par - 828 vues
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Père noël et chiensEn naviguant sur la toile, je suis tombée sur la bande annonce d’un film, que je me suis empressée de commander. Il s’agit de  » l’apôtre » de Cheyenne Carron.  Ce film nous narre avec beaucoup de pudeur et de vérité la conversion d’un jeune homme musulman au christianisme. Pour moi, qui ai vécu durant 20 ans dans le 93 et qui ai vu ma ville tomber aux mains des barbus, j’y ai noté des petits détails que beaucoup de personnes ne savent pas de l’islam et de ses prosélytes.

Cheyenne Carron en fait une analyse profonde et surtout très juste.

Cette conversion pourrait être celle de n’importe qui, pas forcément un musulman d’ailleurs. Cependant la force du film et de son histoire est celle-là, parce qu’être touché par la grâce pour un athée est tout de même bien plus facile que pour un musulman.

De plus, si vous allez sur le site de Cheyenne Carron, visionnez l’interview des deux comédiens principaux, elle est très parlante. Car si à mon sens celui qui joue Akim, le converti, doit être de par sa vie un apostat aux yeux de nombre de musulmans, celui qui joue Youssef, le frère intolérant, suit au final la logique de son personnage.

En ce qui me concerne, je ne sais pas si je suis athée, croyante ou que sais-je. Dans ma famille, parmi mes amis, il y a de tout et nous respectons les idées de chacun. Cependant, je suis sûre d’une chose, notre société est fondée sur les 10 commandements et la parole de Jésus  » aime ton prochain comme toi-même » et p… c’est pas facile tous les jours!!!

Et je tiens à mes églises, mes calvaires, mes moines et moniales et mes fêtes religieuses chrétiennes, quand bien même je les fêterais de façon un peu païenne.

Et maintenant, alors que nos médias, ministres et autres spécialistes ne cessent de gloser sur le pourquoi du comment du départ au djihad de nombre de nos compatriotes… certains arguant du vide religieux et de c’est la faute à la laïcité… voici une petite histoire vraie :

Dans ma famille il est une tradition lors des fêtes de Noël, qui nous vient de mon grand-père maternel et à laquelle je tiens énormément.

Je précise que ma mère est suédoise et donc luthérienne, ce que je suis également de fait, mon père étant un athée qui lit les encycliques papales pour sa culture.

Chez les scandinaves, le bouc de Noël ayant disparu au profit du Père Noël, c’est donc celui-ci qui apporte les cadeaux aux enfants, le 24 au soir.

Mais revenons à nos moutons :  Chez nous il est obligatoire de ne pas se ruiner, à savoir que les cadeaux sont faits en fonction des moyens de chacun et souvent en se cotisant à plusieurs. C’EST L’INTENTION QUI COMPTE!  je me souviens enfant, m’être cotisée avec mes frères et soeurs pour acheter des savonnettes parfumées, ou deux paires de chaussettes.

Au fil du mois de Décembre, les cadeaux sont joliment emballés parce que le contenant doit être un reflet de l’attention portée à celui qui reçoit et stockés dans un grand panier. Attention, les étiquettes collées sur les paquet se doivent d’être humoristiques, tendres et/ou rigolotes. Il va sans dire qu’enfants mes frères, soeurs et moi-même, profitions comme ma mère et ses soeurs et frères avant nous, de certaines absences des parents pour aller lire les étiquettes et essayer de deviner ce que le paquet pouvait bien contenir. MAIS JAMAIS un paquet ne fut ouvert, JAMAIS.

La veille de Noël, le 24 donc, après que tout le monde s’est rendu aux vêpres, pratiquant, pas pratiquant, croyant ou non, parce que les psaumes de Noël ben ça fait partie du truc, les petits attendent l’arrivée du Père Noël en personne. Et les grands, à partir de l’âge de ne plus y croire jusqu’à 100 ans et plus jouent le jeu…à fond. Lumière tamisée et observation du ciel par la fenêtre. Un Tonton parti chercher du pain… à 10 ou 11 heures du soir (les petits n’y voient que du feu ) tient le rôle!

Soudain, une grand-mère ou arrière grand-mère s’exclame avoir aperçu quelque chose là dans le ciel, les petits le nez collé à la vitre disent ne rien voir, mais si là derrière la cheminée de l’immeuble, ou la maison d’en face, renchérissent les grands enfants. A ce moment précis trois coups frappés fermement résonnent à la porte!!! C’est lui, il est là. Bien évidemment, les petits sont très intimidés et c’est un adulte qui ouvre et souhaite la bienvenue au Père Noël. Osons le dire le personnage est un peu inquiétant dans son habit rouge, sa grande barbe presque entièrement cachée sous sa capuche.Il marche avec difficulté car il est très vieux, à l’aide d’une canne, courbé sur un ventre énorme ( merci les deux oreillers retenus par la ceinture ), ployant sous sa hotte et l’éclairage ténu accentue les ombres. Sa voix forte est chevrotante et comme il est vraiment très très vieux, il lui arrive de se tromper dans les prénoms et les cadeaux mais tout s’arrange.

Je me souviendrai toujours d’un Noël où toute la famille était réunie, avec en plus un peu de parentèle éloignée, durant lequel un de mes frères nous joua un Père Noël, un peu gris et chancelant de tous les petits verres bus dans les familles visitées précédemment et qui appela ma mère, la grand-mère des petits donc, « poulette », se trompant de destinataire, et hop la voiture télécommandée à l’ancêtre et les chemises Damart au bébé… Tous les grands pleuraient de rire…

MAis bien sûr le Père Noël doit repartir, il a tant d’enfants à visiter… il repart. Et tonton réapparaît doublement dépité, parce que la boulangerie était fermée et qu’il a raté le Père Noël!!!

Cependant, le rituel doit continuer. Et une sorte de Monsieur Loyal ou maître de cérémonie doit officier, car il est ABSOLUMENT hors de question que chacun reste dans son coin à ouvrir égoïstement ses cadeaux.

Chez mes parents c’était mon père qui s’y collait et mes enfants adoraient voir ce grand-père sévère et un peu craint se faire trublion presque pitre pour l’occasion.

Le maître de cérémonie se place donc à  moitié de la pièce, un peu au fond, entouré de tous les cadeaux à distribuer. Chacun s’est installé dans les replis du canapé, dans un fauteuil, par-terre sur un coussin et ATTEND.  Le maître de cérémonie saisit un premier paquet et en lit religieusement l’étiquette, un grand sourire aux lèvres. La personne désignée se lève et va chercher son cadeau, qu’elle ouvre de retour à sa place, sous les yeux attentifs des convives qui s’émerveillent du présent. On remercie d’un signe de tête, d’un sourire et la distribution reprend, l’officiant faisant attention à être équitable dans le roulement.  Evidemment, cela met un certain temps, mais Noël n’a lieu qu’une fois par an. Une fois le dernier cadeau ouvert, tout le monde se lève et s’embrasse pour remercier de la chaude paire de collant, du réveil qui remplacera avantageusement l’ancien fracassé au sol, du joli dessin etc etc.

Mes enfants sont grands maintenant, l’aînée a eu 22 ans, la dernière en a 13.  Mais ils tiennent à ce que Noël soit célébré de cette façon. Ils veulent jouer le jeu pour leurs petits cousins, ils veulent voir le père Noël arriver et tant mieux s’il est un peu ivre et gâteux. Et surtout, peu leur importe les cadeaux, ce qu’ils veulent c’est être en compagnie de tout le monde et voir leur grand-père présider et rigoler en lisant les étiquettes. Parce qu’au fond le plus important, ce n’est pas tant le contenu que  le message sur l’étiquette. Puisque c’est ce message qui porte toute l’importance et tout l’amour que le ou les offrant(s) vous porte(ent ). A tel point que si Noël doit être fêté chez les grand-parents paternels, ils exigent que leur père soit le maître de cérémonie.  Au début ça déroutait ma belle-mère, cependant elle a dû s’y plier.

Cette narration pour dire que ce qui vous retient de partir faire le con ou pire, de tomber dans la délinquance ou pire… c’est l’amour. Et que dire cet amour ne suffit pas, il faut des preuves. L’étiquette sur le présent en est une et il y a mille et une façons de le prouver. A vous de trouver les vôtres. Mais n’hésitez pas à copier. Elever un enfant, ce n’est pas juste lui dire fais ci fais pas ça et le couvrir de présents aux fêtes. Elever un enfant, c’est lui prouver qu’on l’aime pour ce qu’il est, malgré ses défauts, le gronder, le tancer et punir quand cela s’avère nécessaire et l’inscrire dans une tradition.

Je gage que c’est ce qui manque aux candidats au djihad.

Laurence Jean

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