Cécile Duflot, une compagne de route de l'islam

Ben, ils n’auraient pas dû aller aussi loin…
Ce dimanche midi, la demoiselle Cécile Duflot, grande chef en sursis des compagnons de route de l’islam politique maquillé aux couleurs avenantes du « développement décroissant et durable », avait droit à son heure de gloire, dans une émission télévisée pour elle toute seule.
L’émission consiste à faire commenter l’actualité de la semaine par une personnalité. Ce dimanche, c’était le tour de la demoiselle en vert représentant l’écologie jolie, Joly…
On n’avait pas encore le résultat du vote de ces méchants Suisses, qui l’avaient déjà beaucoup peiné et s’étaient attirés l’ire de son alter ego, un certain Cohn Bendit, en votant que les mosquées de Suisse ne devaient pas être flanquées de minarets hauts parleurs de l’appel à la soumission à la charia. On se souvient que l’ex «Dany le rouge» poussera l’indignation sélective jusqu’à demander qu’on renvoie les Helvètes aux urnes, pour leur faire ravaler leur vote «ignoble» et «xénophobe».
Polie, la charmante journaliste ne demandera pas à la cheftaine de l’écologie politique ce qu’elle pensait du procès qui commençait le jour même, devant le tribunal correctionnel de Larbaa Eth Irathen en Kabylie et de la sanction demandée pour les quatre Algériens Kabyles traînés devant le tribunal. Les quatre délinquants ont été emprisonnés puis mis en jugement, pour avoir commis un horrible crime de lèse « nation arabo-islamique » d’Algérie. En effet, ils s’étaient scandaleusement permis d’organiser… « Un lieu de culte illégal » pour se réunir et prier à quatre avec un pasteur.

Qu’aurait dit répondu Cécile Duflot ?

Aurait-elle foudroyé cette mise en jugement inique ? Aurait-elle dénoncé ce manquement à la liberté du culte ? Se serait-elle dressée, de toute la verve puissante de l’indignation écologique et durable qu’on lui connaît ? Elle qui sait tonner contre le méchant Israël qui fait du mal au gentil Hamas, aurait-elle exigé instamment que la justice algérienne renonce à ce procès d’opinion, afin qu’elle reconnaisse aux Algériens chrétiens, – arabes et berbères-, la disposition de la liberté de conscience la plus élémentaire et qu’ils puissent enfin posséder le droit de se réunir dans un lieu privé ou public pour y prier comme ils le l’entendent ?!
Non, elle ne se serait pas ainsi positionnée !
Sans doute était-ce d’affreux nostalgiques de la Numidie de Saint Augustin et de l’Algérie française, ces quatre Berbères d’Algérie « république arabo-musulmane », c’est pourquoi l’on n’aura pas eut l’outrecuidance de poser la question à la donzelle de l’écologie.
Sans doute d’ignobles personnages ces quatre Kabyles.
En effet, comment oser passer de l’islam obligatoire et exclusif, merveilleux message divin, au christianisme protestant, adhésion volontaire et hautement risquée n’offrant pas automatiquement un ticket pour le paradis avec ses charmantes hôtesses aux yeux sombres et baissés?…
C’est sûrement pourquoi on se sera abstenu de faire commenter cette mise en jugement par le porte-parole de l’écologie politique, femme si sourcilleuse de liberté religieuse lorsqu’il s’agit des femmes grillagées, si véhémente quand sont en cause les « droits » vestimentaires de ces femmes que l’on nous dit « volontaires » pour affirmer leur enthousiasme pour l’emprisonnement à vie sous prétexte de liberté religieuse islamique.
Cette semaine se terminait aussi sur une nouvelle condamnation de l’existence d’Israël
Cette fois, c’était par les instances du Fatah. Le Fatah, rappelons-le, c’est le parti des négociateurs de la paix avec Israël. Mais mademoiselle Duflot n’a pas été invitée à donner son point de vue. Cela aurait pourtant été intéressant.
En effet, on aurait aimé pouvoir poliment et publiquement faire observer aux instances dirigeantes du Fatah, qui viennent une nouvelle fois de condamner l’existence d’Israël, qualifié par elles, je cite : « d’état fondé sur une religion, d’état raciste »… Messieurs les chefs du Fatah, si Israël « est fondé sur une religion », s’il est « raciste » pour ce motif, il est en bonne compagnie. Il se retrouve avec la Lybie « raciste » du « socialiste arabe islamiste » Mouammar ; il est en bonne compagnie avec l’Iran « raciste » dont le chef est prêt à envoyer cent mille iraniens à la potence pour défendre la « révolution islamique » ; il est en bonne compagnie avec le Soudan de l’inculpé du TPI, le Président El Béchir, dont le combat est soutenu par vous mêmes si l’on doit en croire les déclarations du Président de l’Autorité palestinienne lorsqu’il est venu à Khartoum il y a quelques mois ; il est en bonne compagnie avec le FLN algérien « raciste », ses émanations gouvernementales et ses compagnons de route depuis 45 ans…
J’observe cependant, que cette dernière, la religion sur laquelle « l’état raciste » d’Israël serait assis, à la différence de l’islam d’Algérie et d’ailleurs, n’est manifestement pas une religion monopolistique. Dans l’état « raciste assis sur une religion », on ne défère pas devant les tribunaux et on ne condamne pas des musulmans et des chrétiens pour diffusion et lectures publiques du Coran et des Evangiles.
Les victimes du «racisme» d’Israël, les musulmans de ce pays, ont des lieux de cultes officiels ; ils entretiennent et bâtissent des mosquées. Les chrétiens peuvent distribuer des évangiles et ouvrir des lieux de cultes ; les Bahaï persécutés en Iran y disposent de leur centre mondial ; les Alaouites y vivent, sans risquer leur liberté et leur vie, les Druzes aussi… bref, le Fatah dénonce un «racisme» religieux qui ressemble, comme deux gouttes d’eau, au régime d’égalité politique et confessionnelle des états modernes.
Mais, notre journaliste n’aura pas eu l’outrecuidance de lui demander un commentaire sur ces questions d’actualité de la semaine, à la cheftaine de l’écologie islamisante.
La question des limites de la tolérance ou de l’intolérance, la question des limites de la liberté (1) religieuse, fut abordée uniquement sous l’angle de l’affaire de la « voilée » de la crèche associative de Chanteloup-les-Vignes. La réponse de la cheftaine de l’écologie politique est claire, malgré ses subterfuges.
A la question posée poliment par la journaliste, -à savoir : est-ce que les responsables et l’équipe de la crèche avaient tord ou raison de refuser le prosélytisme religieux sur le lieu de travail au moyen d’un vêtement ostentatoirement islamiste-, qu’avons-nous entendu ? Rien, nous n’avons rien entendu. Il aura fallu l’insistance polie de la journaliste, revenant par trois fois à la charge, pour obtenir cette réponse jésuitique de mademoiselle Duflot : (elle reprocherait, C. Duflot) à l’équipe, « d’être allée jusqu’au bout d’une démarche et d’une procédure conflictuelle et médiatisée, d’être allée trop loin »… en d’autres termes, la voix de son maître des petits hommes et femmes verdâtres reproche à l’équipe d’avoir opposé la neutralité et la laïcité du lieu de travail, à l’exigence religieuse d’une propagandiste exigeant tout l’espace social pour manifester ses croyances et qui prétendait ainsi pouvoir transformer son lieu de travail en lieu d’affirmation et d’agitation religieuse.
Pour la demoiselle Duflot, la liberté des uns, – hyper croyants de l’islam-, ne s’arrête pas où commence la liberté des autres, croyants d’autres religions et incroyants. En d’autres termes, le programme qu’annonce le parti de l’aspirante à la Présidence de la république (Eva Joly) prévoie la mise en œuvre en France de la charia et sa dictature, ainsi que la mise au pas des défenseurs et des partisans de la Laïcité.
Alain Rubin
Lire également :
http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/pourquoi-cecile-duflot-n-a-t-elle-72746
(1) On va nous dire de l’autre côté de la barre, du côté des tenants et des soutiens de l’islam politique, du côté de ses sympathisants et courtisans : que la liberté religieuse musulmane ne saurait avoir de bornes, sinon elle ne serait plus la liberté religieuse musulmane. En d’autres termes, il n’y aurait de limites à l’exercice de la liberté religieuse musulmane que celles décidées par les croyants musulmans eux-mêmes. Je dis bien croyants musulmans, parce que dans ce pays comme la plupart des autres, tous les cultes ont admis la règle que leur exercice est cadré et limité par la loi du pays.
Revenons aux principes : La liberté est par définition limitée dans son exercice. Je ne plagierai pas Saint Just qui affirmait, déclarant la guerre à la tyrannie : pas de liberté pour les ennemis de la Liberté ! Je rappellerai seulement le principe général qui veut que la liberté des uns s’arrête là où commence la liberté des autres.
Le droit de grève illustre bien la question soulevée par la femme voilée sur son lieu de travail.
Le droit de grève est en France un droit constitutionnellement reconnu. C’est aussi un droit reconnu personnellement à chaque salarié travaillant dans ce pays, mais qui s’exerce collectivement. C’est une contradiction apparente. Les modalités de son exercice sont fixées par la loi. Il supporte des limites ou des restrictions pour le rendre compatible avec certaines exigences. Exemple, la liberté de travail des non grévistes.
La liberté de religion et d’exercice des cultes entre dans les mêmes clous.
Si la voilée de Chanteloup les Vignes était venue au travail vêtue d’un ample drapeau rouge portant le portrait de Joseph Staline, tout le monde aurait convenu, y compris la demoiselle Duflot, qu’il était licite d’exiger qu’elle n’affiche pas ostentatoirement ses opinions politiques staliniennes sur son lieu de travail. Mais dans le cas de la voilée, nous aurions affaire à une autre humanité, une humanité au-dessus des autre ; dans son cas, les opinions ou convictions religieuses seraient d’une essence supérieure, elles ne devraient pas se soumettre à l’obligation de neutralité du champ professionnel et aux limites imposées par la liberté et les opinions des autres ?

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