Centrafrique : la preuve de l’incapacité de l’Afrique à assumer son indépendance

Publié le 28 novembre 2013 - par - 1 117 vues
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Après la Côte d’Ivoire, après le Mali, c’est au tour de la Centrafrique d’appeler la France à son secours. Encore un exemple de l’incapacité de l’Afrique à assumer seule son indépendance. En un demi siècle, ce continent qui avait tout pour réussir en 1960, est retourné à ses démons ancestraux, guerres inter-ethniques, massacres, pillages et viols, aggravés par une corruption généralisée. Ce sont plus de cent coups d’Etats et de conflits armés qui se sont succédés en Afrique depuis l’indépendance, faisant de ce continent le plus pauvre de la planète, malgré ses immenses richesses géologiques.

Comme en Somalie, il n’y a plus d’Etat en Centrafrique, le pays étant livré aux rebelles de la Séléka, assemblage hétéroclite de musulmans venus du Nord et de pillards de tout poil, qui mettent Bangui en coupe réglée et massacrent les chrétiens. Certes, cette nouvelle intervention française est légitime, d’autant plus qu’aucune autre armée au monde n’a une parfaite connaissance de l’Afrique comme l’ont nos légionnaires et nos troupes de Marine, mais elle appelle plusieurs remarques. Tout d’abord on ne peut que déplorer la démission d’Obama, qui a carrément abandonné ce continent, trop content de laisser carte blanche aux Français. Ensuite, on constate une fois de plus l’égoïsme de l’Europe, si prompte à voler au secours des pays surendettés de la zone euro, mais incapable de venir aider la France quand il s’agit de stabiliser les pays africains en plein chaos. Enfin, il est permis de s’interroger sur les capacités réelles de la France à jouer les gendarmes de l’Afrique, vu le nombre de régiments dissous et les coupes budgétaires drastiques au ministère de la Défense. Quels que soient le professionnalisme et la motivation de nos soldats, faire toujours plus avec toujours moins est un principe simpliste qui va vite trouver ses limites, l’élastique se tendant de plus en plus. Nous avons encore une armée de première catégorie, mais pour combien de temps ?

Jacques Guillemain

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