Cérémonie des Bobards d’Or: Askolovitch et Chloé Leprince primés….

Publié le 11 avril 2011 - par - 1 138 vues
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J’entends souvent qu’à Riposte Laïque nous faisons de la critique un mode de vie ; que nous voyons le mal partout ; que nous ne sommes jamais contents ; qu’il y a toujours un caillou gênant dans notre chaussure. Etant par nature plus proche d’un pessimisme antifestif que de l’esprit perpétuellement béat de notre temps, appréciant les ronchons et fuyant les gens satisfaits, je me sens donc très à l’aise dans un Riposte Laïque que ne contentent pas les ravages subis par notre société, et l’affadissement tragique d’une conscience nationale toujours moins française et plus prompte à se déculotter devant les ayatollah de la pensée immigrationniste et islamophile.

Mais, quand quelque chose de vraiment pertinent se produit, lorsque dans un monde de crétins décérébrés qui confondent islam et religion et bêlent d’admiration devant le merveilleux courage des clandestins tunisiens qui jettent à la mer des femmes jugées dangereuses pour l’équilibre des bateaux, quand au milieu de toute cette chienlit une poignée de gens se lèvent et prennent des initiatives sensées, je m’en réjouis, et Riposte Laïque avec moi.

Ainsi ai-je eu le plaisir d’être invitée à la Cérémonie des Bobards d’Or. On ne présente plus cette initiative de la fondation Polémia, dirigée par le brillant et élégamment tonitruant Jean-Yves Le Gallou. Jean-Yves Le Gallou a précédé Riposte Laïque dans la cohorte des esprits libres qui ont été traînés à la XVIIème par nos amis les TouchePas-TouchePas (je nomme ainsi toutes les associations antiracistes dont la liste est par trop longue et l’énumération par trop fastidieuse, trouvant que ce nom est par ailleurs tout à fait conforme à l’obsession raciale et tribale qui anime chacune de leurs pitoyables initiatives). Il nous est donc, à Riposte Laïque, particulièrement sympathique. Toute personne qui dénonce publiquement efficacement, et avec humour, la désinformation du ghotta journalistique qui ment à l’opinion, a d’ores et déjà notre soutien.

Cette année, les Bobards d’Or avaient la pression. Devant la quantité de mensonges énormes proférés par un paquet de starlettes et de journaleux, on vacille, on hésite, on tergiverse. La moisson est abondante, et les ouvriers partagés : quand on peut se mettre un Olivier Mazerolle sous la dent, un Jamel Debbouze, une Anne-Sophie Mercier, un Jean-Jacques Bourdin, on se sent soudain comme un gosse dans une pâtisserie, trépignant de devoir élire le baba au rhum plutôt que le Saint Honoré.
Mais nous sommes hélas, des adultes. Nous devons poser des choix responsables et cohérents. Il nous aura fallu voter…

Cécile Bittner, jusqu’alors inconnue au bataillon, aura donc vu son travail reconnu à la hauteur de ses qualités d’investigations. La journaleuse déclara en effet, sans se tordre de rire et avec le plus grand sérieux, qu’ « à chaque crise les frontières se ferment davantage à l’immigration ». On ne recommandera surtout pas à cette jeune femme de changer de métier ; au contraire, il semblerait qu’une carrière entamée sous de si brillants auspices lui promet nombre de chroniques dans les années à venir. Il n’est qu’à voir le cas de notre grand admirateur, Claude Askolovitch, lui aussi distingué, dans la catégorie Radio, par les Bobards d’Or.

Claude Askolovitch, prompt à traîner Riposte Laïque dans la boue, qui décréta sur Europe 1 que « les gays se marient partout dans le monde ». Partout, en effet, si l’on met de côté quelques détails qui s’appellent l’Asie, l’Afrique, l’Océanie, les pays musulmans, Israël, et la majorité des pays d’Europe. Aux Etats-Unis, il n’est autorisé que dans quelques Etats, et a même été interdit par référendum en Floride, en Arizona et en Californie. Qu’on se le dise, donc, Claude Askolovitch vérifie minutieusement chacune de ses sources et chacune des informations qu’il délivre d’un ton péremptoire. Dormez tranquilles, braves gens : soyez sûrs que quand Askolovitch estime que critiquer l’islam, c’est faire preuve de racisme, c’est après avoir longuement réfléchi et creusé la question.

Le Figaro n’a pas non plus échappé à l’œil acéré des Bobards d’Or. Tout le monde avait pu se pâmer de rire en découvrant sa «une » qui saluait la merveilleuse fécondité des femmes françaises, laquelle fécondité était illustrée par la photo de neuf bébés tout blancs, bien blancs, absolument et définitivement blancs : dans un monde où les castings des publicités sont désormais conçus non en fonction du talent des candidats, mais de leur capacité à montrer patte noire, marron ou jaune, ce manque de diversité aurait dû valoir un sévère rappel à l’ordre au Figaro. Quant à l’article accompagnant ce chef d’œuvre hypocrisie photographique, il minimisait allègrement l’importance des naissances d’origine étrangère, alors que celles-ci s’élevaient déjà, selon un recensement de 1999, à plus de 150 000 par an. Le Figaro, sur ce coup-là, aurait mieux fait de la jouer franchement faux-cul, d’user de la carte de la diversité, et de nous mettre quelques bébés noirs et jaunes, histoire que la tribu des TouchePas-TouchePas se tienne tranquille. Curieusement, d’ailleurs, les TouchePas-TouchePas n’ont rien dit (mais comme ils ont fort à faire depuis quelques mois, nous leur pardonnons donc  de bon coeur ce lamentable oubli).

Dans la catégorie Strass et Paillettes, ce sont finalement les amis de Roman Polanski qui ont emporté un Bobard d’Or (contre l’inénarrable Jamel Debouzze), pour l’ensemble de leur déclarations justifiant le viol de la fillette de 13 ans que le digne réalisateur avait quelque peu « malmenée » alors qu’il était plus jeune et moins riche qu’aujourd’hui, mais déjà, on le voit, très soucieux de préserver la dignité de chaque être humain. Qu’importe. Tout fut dit pour légitimer Polanski. La « jeune fille » avait, au moment des faits, déjà plein de copains. Polanski était maintenant vieux. Et les media vraiment très très méchants de pourchasser ainsi un pauvre monsieur fort blanchi par ses travaux guerriers , et dont on faisait soudain une sorte d’Agecanonix bavant aux portes de la mort.

Mais ma préférée, ma chérie à moi, celle que les Bobards d’Or ont affublé, à raison, d’un noble Cafard d’Or, c’est Chloé Leprince, de Rue 89, qui, dans la désormais célèbre affaire du prétendu ophtalmo raciste (tout à fait ophtalmo, point du tout raciste), avait très déontologiquement livré dans un article le nom et l’adresse dudit ophtalmo. De quoi nous rappeler les-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire, où les papas spirituels de notre douce Chloé désignaient à la vindicte populaire des femmes accusées d’avoir couché avec de l’Allemand. Chloé n’a pas de tondeuse, mais use aussi allègrement du traitement de texte pour salir gratuitement la réputation d’un médecin. J’espère que depuis, elle rase les murs et dort très mal. En attendant, elle a reçu une belle ovation aux Bobards d’Or, et j’ai ragé de ne pas la voir venir chercher son prix.

Avec les Bobards d’Or et le travail mené par la fondation Polémia, nous tenons le bout d’une de ces ficelles qui peuvent faire vaciller le système, et qui le font déjà trembler sur ses fondations, à l’heure où les internautes accèdent d’un simple clic à l’information réelle et complète. Le téléspectateur et l’auditeur admiratifs et perpétuellement respectueux d’hier n’existent plus : à l’ère des Bobards d’Or, de plus en plus de Français regarderont et écouteront désormais les media dans le même état d’esprit que devant Vidéo Gag ou Rire et Chansons. Riposte Laïque souhaite donc une excellente continuation aux Bobards d’Or, et leur renouvelle tous ses vœux de bonne santé !

Antigone

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