Certains lyncheurs de Wilders ne feraient-ils pas du racisme à l'envers ?

Notre décision de publier Fitna, sur notre site, et de le faire parvenir, accompagné d’une interview de Geert Wilders, à nos lecteurs, nous a valu quelques protestations, et parfois insultes, de la part de certains abonnés.
Quelques bonnes âmes nous ont reproché de reproduire un film qu’ils ont catalogué comme raciste.
Le film est rarement condamné pour son contenu.
Le raisonnement de nos contradicteurs est souvent le même : Fitna = Wilders = droite populiste = raciste.
Egal à lui-même, le Mrap a sorti un communiqué qui va encore plus loin que les protestations des intégristes islamistes, qualifiant le film de « criminogène » (1).

Dans ce contexte passionné, il faut être reconnaissant à Mohamed Sifaoui d’avoir immédiatement pris la défense de ce film, dans lequel il voit d’abord une critique contre l’intégrisme, et surtout pas une œuvre raciste (2).
Cela n’occulte absolument pas le fait que d’authentiques racistes peuvent utiliser le film de Wilders pour faire avancer leur idéologie, et stigmatiser les populations arabo-musulmanes, sans aucune distinction.
Il est intéressant d’examiner les arguments de ceux qui qualifient ce film de raciste, amalgamant bien sûr dans ce jugement tous ceux qui, comme nous, défendent, au nom de la libre critique de tous les dogmes, donc de toutes les religions, donc de l’islam, le droit de ce documentaire à être diffusé.
L’ayatollah Khomeiny, inventeur du terme « islamophobie », pour justifier la condamnation à mort de Salman Rushdie, en 1989, se doutait-il qu’il aurait autant de relais, dans l’opinion, près de vingt ans plus tard ?
Pouvait-il imaginer que toute une partie de la gauche compassionnelle et de l’extrême gauche pourrait voir, de manière obsessionnelle, dans la critique des demandes communautaristes des dignitaires musulmans « un racisme à peine voilé » ?
Pouvait-il se douter qu’un président de la République française, à Alger, amalgamerait l’islamophobie à l’antisémitisme ?
Une religion n’est pas une race, et ceux qui pervertissent le combat antiraciste n’ont qu’un seul objectif : faire taire ceux qui n’acceptent pas les intimidations des islamistes, et leur volonté de communautariser la société.
Mais quels sont les vrais racistes ? Ceux qui, dans la tradition des libres penseurs et des Lumières, s’autorisent à critiquer une religion, un livre sacré, un prophète ? Ou bien ceux qui veulent enfermer les populations qui ont le plus besoin de la liberté de conscience, de la séparation du religieux et du politique pour s’émanciper de la dictature cléricale, et des dégâts qu’elle occasionne dans la vie quotidienne des populations, et d’abord chez les femmes ?
Rappelons que ces braves gens, dont la direction du Mrap et de la LDH, et toute une partie de la gauche, pendant plus de dix ans, ont fermé les yeux devant le massacre de dizaines de milliers de féministes et de laïques algériens par les fous d’Allah, au nom de la fumeuse théorie du « qui tue qui », visant à faire endosser au gouvernement algérien les crimes des intégristes islamistes.
Ces derniers jours, les mouvements antiracistes français se sont particulièrement distingués.
Avant de produire son communiqué sur Fitna, la direction du Mrap avait pris la défense d’un préfet de la République, Bruno Guigue, révoqué pour être sorti de son devoir de réserve, et surtout pour avoir comparé Israël avec l’Allemagne nazie (3).
Quant à la LDH, elle accueillait, ce samedi 29 mars, dans ses locaux un débat non mixte ( !) autour d’un livre, « Les filles voilées parlent », (4) écrit autour du professeur de philosophie Pierre Tevanian, qui voit dans le refus du voile à l’école, en France, du colonialisme et du racisme.
Même Dominique Sopo, président de SOS Racisme, aux positions souvent courageuses contre les islamistes, se sent obligé de participer au lynchage de Wilders (5). Il reproche au député hollandais de ne s’en prendre qu’à un seul monothéisme. Question à Dominique, quand il défend le droit des femmes, en Pologne, face aux intégristes catholiques, se sent-il obligé de faire référence au droit des femmes de Téhéran ?
Ces gauchistes compassionnels, pleins de repentance et de culpabilité post-coloniale, accepteraient-ils que leur femme, leur sœur, leur maîtresse, leur amie, bien blanche, bien européenne, bien occidentale, subisse le port du voile ? N’est-ce pas une forme de néo-racisme que de considérer, au nom de relativisme culturel, que finalement, le voile, c’est bien bon pour les Arabes, puisque c’est leur tradition.
N’est-ce pas une forme de néo-racisme que de considérer, toujours au nom du relativisme culturel, que la religion a une telle importance, dans les pays de tradition musulmane, qu’on n’a surtout pas le droit de la remettre en question, surtout quand on est blanc comme Geert Wilders ?
N’est-ce pas une forme de néo-racisme que de défendre Ayaan Hirsi Ali, qui est encore plus radicale contre l’islam que l’auteur du film Fitna, et de qualifier un Robert Redeker hier, un Geert Wilders aujourd’hui, de raciste ?
N’est-ce pas une forme de néo-racisme que de considérer que finalement, les lumières, la laïcité, la séparation du religieux et du politique, l’égalité hommes-femmes, le droit de croire, ou de ne pas croire, c’est bien bon pour les Européens, mais que les musulmans n’y auront jamais droit, et auront toujours besoin de l’islam pour façonner leur société ?
Avoir une vision universaliste du monde n’est-ce pas contribuer à l’émancipation de tous les individus de la planète de l’emprise de dogmes totalitaires ?
Ce qui devrait guider tous les citoyens se réclamant des valeurs progressistes n’est-ce pas, plutôt que d’abandonner des populations à la dictature de l’islam, de tout faire pour que, le plus vite possible, ils aient les moyens de s’en émanciper ?
Il a fallu, en France, une bataille terrible, étalée sur plusieurs siècles, pour que les Lumières triomphent de l’obscurantisme.
Les descendants de Mohamed Sifaoui, d’Ayaan Hirsi Ali, de Taslima Nasreen sauront gré à tous ceux qui ont fait circuler un film comme Fitna d’avoir, modestement, contribué à leur délivrance de l’obscurantisme de la religion musulmane, comme le combat des libres-penseurs nous a délivré de l’obscurantisme catholique.
Il serait temps enfin que les Républicains s’emparent des thèmes soulevés par le film et l’interview de Geert Wilders, notamment l’intégration par le travail et le respect des règles du pays d’accueil, faute de quoi, ils vont laisser de vrais racistes amener des mauvaises réponses à des questions incontournables.
Lucette Jeanpierre
(1) http://www.lalibre.be/actu/europe/article/411540/le-mrap-juge-criminogene-la-diffusion-du-film.html
(2) http://www.mohamed-sifaoui.com/article-18190326.html
(3) http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-13938-145-7-communique-mrap-bruno-guigue-devoir-denoncer-sanctionne.html
(4) http://lmsi.net/spip.php?article732
(5) http://www.liberation.fr/rebonds/318438.FR.php

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