C’est le Front national qui a pompé le programme de Nicolas Dupont-Aignan

Il semble que Daniel Reichert prenne les choses à l’envers ; ce n’est pas D.L.R. qui « pique » le programme du F.N. mais l’inverse. Croyez-vous que cette montée, indéniable, du F.N. ce serait produite avec le corpus de ce parti d’il y a 10 ans ? Croyez-vous que ceux qui le rejoignent seraient venus au temps du « détail(1) », imaginez-vous Florian Phillipot côtoyant Roger Holeindre ? ou Carl Lang à Valmy !

Il y eu au F.N. une majorité anti-républicaine et plutôt pro-Europe – le départ des identitaires n’est pas fortuit – ; la critique libérale du rôle économique et redistributeur de l’état, le haro sur les fonctionnaires, firent longtemps partie du fond de commerce de Jean-Marie Le Pen, ces lignes de forces paraissent aujourd’hui disparues. Nation, République et Social sont maintenant réconciliés dans le programme du F.N., parfait ; je suis de ceux qui veulent croire que cet assemblage est acté, durable et sincère, mais je reste attentif aux capacités et modalités de rassemblement des citoyens qu’offre ce néo-F.N. ; aujourd’hui, je ne suis pas encore convaincu.

Déjà dans l’entourage de Charles Pasqua, Nicolas Dupont-Aignan prônait une république jacobine, colbertiste et sociale, bonapartiste pourrions-nous dire, de tout temps il a affiché son opposition au « machin » de Bruxelles ; sa volonté de défaire l’Euro (et même de ne pas le faire) est depuis toujours exprimée, c’est d’ailleurs pour cela qu’il fut marginalisé cette dernière décennie.

Nicolas Dupont-Aignan et Debout La République ont des choix politiques, économiques et sociaux qui n’ont pas varié, ce qui est loin d’être le cas du F.N.(2) ; qui donc imite l’autre ?

Inversé aussi le syllogisme du racolage, ou d’une insigne mauvaise foi, ou peut être simplement stupide ;  D.L.R. cherche à représenter cette part essentielle de la conscience collective française, le fond gaulliste-social, encore très présent chez les électeurs de l’U.M.P. , et ce, pour les amener vers le camp du recouvrement de la souveraineté, de la tierce-voie économique, de la république nationale et fraternelle.

Non Monsieur Reichert, Nicolas Dupont-Aignan avait 10 ans d’avance sur le F.N., et si Marine Le Pen n’avait pas porté ce nom, elle n’aurait eu aucune peine à nous rejoindre, laissant le F.N. à ses démons du passé.

Et ils ne sont pas si loin, vos propos vils et insidieux sur le financement sentent mauvais et insultent les militants qui dépensent et se dépensent sans compter pour faire vivre Debout La République ; Nicolas Dupont-Aignan lui, n’a pas eu la chance de faire un héritage mirobolant !

Pour conjurer les mauvais esprits Marine Le Pen avait eu, comme choix apotropaïque, quelques velléités de changer le nom de son parti ; aujourd’hui qu’il s’affiche républicain et promeut le redressement de la France, je lui suggère « Debout La République ».

« Les mêmes causes produisent les mêmes effets » … « toutes choses étant égales par ailleurs » , il ne faut pas oublier la fin de l’énoncé !

Souhaitons donc que nous ne soyons pas en « 34 », parce que un « 36 bis » et ses conséquences sur les capacités de la France à résister à l’expansionnisme germanique signifierait l’acte de décès de notre nation.

Le maintien possible de Pierre Cohen à Toulouse est emblématique de ce risque ; la politique ce n’est pas uniquement le verdict des chiffres mais aussi le jeu des symboles, entre la peau de l’ours et celle du lion de Némée il y a la mesure de la sagesse, à se croire trop tôt arrivé il arrive que l’on arrive pas.

Le F.N. puissant est face à une lourde responsabilité, grandit trop vite ses pieds sont d’argile, son encadrement est notoirement insuffisant en qualité et quantité ; devenu par l’imbécillité et les calculs du P.S. et de l’U.M.P. le réceptacle de l’amour de la France et de sa volonté d’indépendance il en deviendrait, en échouant, le fossoyeur.

Gérard Couvert

(1) marqueur temporel sans jugement sur le fond

(2) dont le retournement à 180° est comparable à celui du PS en 1983

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