C’est leur école ouverte qui est responsable de l’assassinat de Fabienne

Publié le 9 juillet 2014 - par
Share

islamophobie...La maîtresse, celle qui bien souvent était aussi appelée maman, a été tuée devant ses petits de la classe de dernière année de maternelle.

Elle était institutrice à l’école maternelle publique Édouard Herriot,dans le quartier de Lapanouse à Albi, classé zone urbaine sensible depuis 1996 avec son cortège de vols, insultes, menaces, règlement de compte au fusils, coups de couteau,trafic de drogue, incendies de voitures…

Rachida, originaire du Maroc, froide et déterminée, lui a porté le coup de couteau avec la plus extrême violence,  le coup de couteau prémédité, en plein poitrine, bien planté, d’une main ferme, pour tuer, à la vue des petits et de qui pouvait bien se trouver là. Elle a bien pris soin de dire à la mère d’une enfant de la classe terrorisée par la scène et la vision insupportable de la jeune femme au sol « J’ai tué, appelle la police ».

Cette exécution n’est pas sans rappeler celles de Mohamed Mérah, notamment dans l’école juive lorsqu’il met le canon de son révolver sur la tête de la petite fille avant de tirer.

Elle n’est pas sans rappeler celle d’Abdallah Boumezar le meurtrier des deux gendarmes à Collobrières notamment lorsqu’il jette la seconde au sol, « lui frappe la tête à coups de pieds avant de lui tirer en plein crane, à bout portant, installé à califourchon sur sa victime » (My TF1 news  gendarmes tuées…)

Ou bien encore celles de Mehdi Nemmouche dans le musée juif de Bruxelles.

Des mots viennent à l’esprit : inimaginable, inhumain, terrorisme.

Mais la question qui se pose cette fois-ci est : comment cette Rachida a pu commettre son crime à l’intérieur de la salle de classe ? Pour quelle raison n’importe qui a toute liberté de se déplacer à l’intérieur de l’école ?

Depuis des dizaines d’années, depuis les années Mitterrand, la politique scolaire des différents gouvernements, avec le soutien des syndicats, la FSU notamment, a en permanence mis au centre de ses objectifs « d’ouvrir l’école », «  d’ouvrir l’école sur la vie » , d’ouvrir l’école aux parents d’élèves avec l’aide des revendications notamment de la FCPE, et aujourd’hui « d’ouvrir l’école sur la société ».

Les enseignants ont longtemps résisté considérant à juste titre que l’école doit rester un sanctuaire à l’abri de la violence de plus en plus prégnante, en particulier dans les zones à risques élevés que sont les zones sensibles.

Mais la pression dans les écoles primaires et maternelles accentuée  par le matraquage idéologique, la surveillance des inspecteurs d’académie, le contrôle obligé des Directeurs, les conseils d’école offrant large place et prérogatives aux parents arrive aujourd’hui à un paroxysme qui écrase les rares velléités de résistance, voire amène de plus en plus d’instituteurs  à s’inscrire dans cette politique.

On en arrive à ce que des parents font changer les manuels scolaires « mais qui sont-ils pour décider à notre place ! » s’exclamait  à ce sujet une amie instit ; on en arrive par exemple à ce que le conseil d’école décide tranquillement que les saucisses pour la kermesse seront halal parce qu’il y a des élèves musulmans ; on en arrive à ce que l’ouverture de l’école veut dire portes ouvertes, comme dans cette école d’Albi avec les conséquences qu’on connaît.

Et alors ?

Alors, tous les tenants de cette politique meurtrière versent des larmes ; ce sera à qui fera preuve de la plus forte émotion. Le SNUIPP-FSU fer de lance  de l’ « ouverture » va même jusqu’à proposer une action terrible : une minute de silence à la rentrée. Quelle indécence !

Le ministre s’est déplacé. Il s’appelle Benoit Hamon. Depuis la fin de ses études il vit de la politique au PS.

«  (…) Il faut protéger l’école de la République de la violence » a t-il déclaré. Bien ! Et d’ajouter immédiatement « Mais la protéger n’est pas la fermer. Cette école était ouverte sur le quartier. Le quartier n’est pas en cause dans cet acte abominable. »

Quelle ignominie !  Quel déni de réalité ! Quelle menace sur les instituteurs qui envisageraient tout naturellement de fermer les portes de leur écoles pour assurer un minimum de protection !

Et il va plus loin le commissaire politique  « que demain, on protège mieux l’école, on l’apaise. On la préserve de cette violence, des conflits qui peuvent s’y nicher. »

Il accuse ainsi les enseignants d’être la cause des violences qui secouent l’école parce qu’ils n’abandonnent pas assez vite leurs certitudes pédagogiques.

Dans ce discours, transparait le message selon lequel si Fabienne a été assassinée c’est quelque part, aussi, de sa faute.

Le ministre Hamon fait  bien son travail de fossoyeur de l’école de la République.

De la République et de la laïcité.

Institutrices, instituteurs,  en mémoire de la maîtresse assassinée, entrez en résistance.

Jean Théron

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.