Ceux qui nous gouvernent sont aux antipodes de la symbolique du 14 juillet

14 juillet : ce jour est chargé de signification pour tous les patriotes. Cette année, comment ne penseraient-ils pas aux attaques sans cesse renouvelées contre la nation française provenant essentiellement – mais pas exclusivement – d’un même courant politique ? Un coup de canif par ci, une brèche par là, elles n’ont jamais été si nombreuses. Certaines ont été repoussées au moins provisoirement, d’autres menacent encore, d’autres enfin ont été couronnées d’un succès délétère. Passons en revue quelques projets ou débats récents illustrant la vulnérabilité de l’idée nationale.

SUPPRIMER LE DEFILE MILITAIRE DU 14 JUILLET

C’est l’idée saugrenue émise l’an dernier à pareille époque par la Norvégienne Eva Joly, qui grâce à un laxisme masochiste de notre législation, peut être candidate à la fonction suprême au nom de ses amis rouges camouflés en vert. En est-elle reconnaissante à la France ? Nullement puisqu’elle n’a de cesse de critiquer son identité, son histoire, sa souveraineté, et à certains égards son existence même, devenue illégitime dans la perspective d’une Europe supranationale. Une franco-étrangère peut être candidate à la présidence de la République française en crachant sur la France : tel est l’état de la démocratie française en ce début de 21è siècle.

L’an dernier donc, après avoir vidé sa boîte à idées anti nationales, elle retourne ses poches et finit par y trouver une boule puante oubliée là, qui lui paraît pouvoir être lancée opportunément à l’occasion de la fête nationale : il faut selon elle, supprimer ce dernier vestige du militarisme français qu’est le défilé du 14 juillet. Et le remplacer par un défilé « civique » dont on ne devine que trop bien à quoi il ressemblerait.

Ce faisant la candidate vert grenadine ne fait que perpétuer la tradition anti militariste de l’extrême gauche, même si jusqu’à présent cela relevait essentiellement de l’incantation. Chacun connaît les couplets anarchisants de Brassens sur le sujet. Ou les pitreries irrévérencieuses de Charlie Hebdo, quand Cavanna persiflait : « l’homme est le seul mammifère qui applaudit en voyant défiler les hachoirs prévus pour son abattage ».

Ce folklore bon enfant ne leur suffit plus. Désormais ils s’attaquent concrètement à la visibilité de nos forces armées, en attendant d’aller plus loin. Fort heureusement, ils ont rencontré l’indignation quasi générale et ont du battre en retraite. Pour l’instant. Car si demain ces soixante-huitards fossilisés étaient exhumés par une nouvelle faveur électorale, ils pourraient bien remonter à l’assaut, si on ose dire.

FAIRE PARTICIPER L’ARMEE ALGERIENNE AU DEFILE DE 2012

Les mauvais coups contre la nation ne viennent pas toujours de la gauche. Le 6 mai 2010 Le Point annonçait une initiative lumineuse de l’ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt : celui-ci avait proposé au président Sarkozy de préparer d’ores et déjà une participation de l’armée algérienne au défilé militaire du 14 juillet 2012, qui devait coïncider avec les cérémonies du 50è anniversaire de l’indépendance.

Qu’on y songe. Alors que les plaies de la guerre sont toujours à vif ; que plus d’un million de rapatriés et leurs descendants vivent dans le souvenir douloureux d’un « passé qui ne passe pas » ; que l’Algérie ne cesse de nous culpabiliser pour ce passé, allant jusqu’à nous réclamer des excuses ; qu’en France des millions d’immigrés ou descendants d’immigrés algériens font de même ; que parmi ces derniers on n’hésite pas à siffler la Marseillaise dans les stades ; qu’en 2005 le projet d’introduire dans nos programmes scolaires un enseignement des « effets positifs de la colonisation » faillit déclencher une crise diplomatique entre les deux pays ; que le soir du 6 mai 2012 des drapeaux algériens flottaient place de la Bastille, la France aurait encore dû s’infliger cette flagellation ?

Et alors, répondent les éternels repentants, ne l’avons-nous pas fait avec l’Allemagne ? Comparaison hasardeuse s’il en est. Avec l’Allemagne, il ne subsistait plus de contentieux. Entre l’Allemagne et la France, il y a respect mutuel, racines culturelles communes, frontière commune, communauté de destin au sein de l’Union Européenne. En 1954 une Communauté Européenne de Défense (C.E.D.) avec participation allemande, avait même été évoquée, puis abandonnée. Quel rapport avec l’Algérie ?

Si assez rapidement les responsables de droite exprimèrent leur désapprobation ou leurs réserves devant cette nouvelle forme de masochisme, le doute demeurait en cas de victoire de la gauche. La célébration de l’indépendance algérienne intervenant quelques semaines seulement après, que nous préparerait-on ?

Fort heureusement, les circonstances ne permirent pas cet attentat contre notre dignité. Le bref laps de temps entre l’élection du nouveau président puis de la nouvelle assemblée et la date fatidique était incompatible avec la minutieuse préparation d’un évènement aussi délicat. Cela d’autant plus que les difficultés économiques mobilisent toutes les énergies, ne laissant pas de place à des initiatives divisant les Français.

Mais surtout la célébration de l’indépendance fut contre toute attente extrêmement discrète des deux côtés de la Méditerranée, discrétion déjà observée en 2010 au moment des indépendances africaines. Car le bilan est cruel pour les peuples décolonisés. Comment célébrer dans la liesse une « libération » qui a vu la puissance coloniale remplacée par des régimes autoritaires corrompus, ne laissant d’autre choix aux peuples « libérés » que d’émigrer chez l’ancien colonisateur ?

Cette célébration en catimini rendait caduc le projet d’un ambassadeur irresponsable. Pour combien de temps ?

MODIFIER LES PAROLES DE LA MARSEILLAISE

C’est déjà une vieille rengaine si on ose dire : les paroles de notre hymne national composé dans la tourmente révolutionnaire sont trop violentes. Dans les années 90 c’est à gauche (comme par hasard) que naquit l’idée d’en changer, sous la houlette de personnalités comme Danièle Mitterrand et Bernard Tapie, vite rejoints par la plupart des bobos, des ecclésiastiques (le Père Toulat, l’abbé Pierre), et quelques élus de la droite honteuse.

Deux siècles d’histoire ont recouvert le chant de Rouget de Lisle d’une patine précieuse qui reflète les heures inoubliables de notre roman national : les révolutions de 1789 à 1870, Front Populaire, Résistance, Libération. Changer son texte, c’est trahir ce glorieux passé. Et par quoi le remplacer ? Un hymne national qui n’est pas composé dans un moment fort de l’histoire ne peut être que fade. Et qui déciderait du nouveau texte ? Aucun consensus ne se dégagerait jamais. Un hymne national est imposé par les évènements, il n’est pas choisi par consultation.

Et puis s’il fallait se formaliser de cette violence, il faudrait aussi changer la date de notre fête nationale. La prise de la Bastille fut un évènement certes symbolique, mais barbare et inutile. Après avoir libéré sept prisonniers de droit commun (et aucun détenu politique) la foule a sauvagement massacré la garnison et le gouverneur qui s’étaient pourtant rendus sans combattre afin de ne pas faire couler le sang. Et le roi projetait déjà de démolir cette vieille bâtisse médiévale presque vide.

On pourrait donc remplacer le 14 juillet par d’autres dates de la Révolution, tout aussi symboliques mais sans connotation violente : 26 août 1789 (déclaration des droits de l’homme), 21 septembre 1792 (proclamation de la république)… Alors après la Marseillaise, les repentants vont-ils s’attaquer à la fête nationale ? Qu’ils nous fichent la paix, ces verts/rouges et autres Front de Gauche qui en refusant de chanter la Marseillaise, en acceptant qu’on la siffle, rejettent non pas un texte, mais ce qu’il représente : la nation française et son passé.

C’est justement pourquoi nous le défendrons.

RENONCER A NOTRE SIEGE PERMANENT AU CONSEIL DE SECURITE

Encore une proposition des verts/rouges, qui dans leur haine de la France débordent d’imagination. La France est depuis 1945 l’un des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité. Certes la composition de ce dernier, avec les cinq vainqueurs de la 2è guerre mondiale, peut être considérée comme anachronique. Reste que sa modification n’est pas pour demain, compte tenu de la foire d’empoigne qu’elle réserve. Et que pour la France c’est un motif de fierté que d’être encore parmi les cinq « grands » en ce lieu.

Fierté de la France ? Inacceptable aux yeux de ses ennemis de l’intérieur. Lesquels proposent ni plus ni moins que de faire remplacer le siège de la France (et le Royaume Uni ? On aimerait entendre nos verts/rouge à son sujet) par un siège européen. Pour l’instant ils se heurtent à leurs alliés socialistes et communistes. Pour l’instant.

RENONCER A NOTRE FORCE DE FRAPPE

Michel Rocard a fait dans sa culotte en juin dernier, suivi par son camarade Paul Quilès. Nos deux socialistes ont imaginé de ressusciter un débat clos depuis les années 60, celui de la force de frappe nucléaire, à laquelle il faudrait renoncer sous prétexte que c’est cher et que cela ne sert à rien. A l’heure où l’Iran cherche à se doter de l’arme nucléaire, où l’imprévisible et dangereux Pakistan islamiste en dispose déjà, ils nous proposent d’affaiblir la France. Il y a là de quoi donner des arguments aux partisans de l’Eurabia.

La guerre froide est finie, et alors ? D’autres dangers ne sont-ils pas apparus ? D’autres ne peuvent-ils apparaître ? Quelle serait la place de la France dans le monde si elle renonçait unilatéralement à la dissuasion nucléaire ?

On retrouve là à la fois une autre tendance de l’antimilitarisme de la gauche, et un nouvel angle d’attaque contre ce qui reste de la puissance française. Une France qui n’aurait plus ni siège permanent au Conseil de Sécurité, ni armement nucléaire, tandis qu’un état islamiste et peut être un deuxième disposeraient de la force de frappe, et que le monde musulman ferait son entrée au Conseil de Sécurité : voilà ce qu’ils veulent.

DONNER LE DROIT DE VOTE AUX ETRANGERS

Tout a été dit sur la catastrophe nationale que serait le droit de vote des immigrés, et il est inutile d’y revenir. Mais en ce 14 juillet qui suit de près le retour au pouvoir d’une gauche immigrationniste, le patriote se demande si ce n’est pas la dernière fois que la fête de la nation est célébrée avec un corps électoral exclusivement national. Et qu’on ne nous dise pas qu’il s’agit uniquement des élections locales, ce qui de toute façon est déjà inacceptable. Car une fois la boîte de pandore ouverte elle ne se fermera plus, et bien vite la revendication d’une participation aux élections nationales apparaîtra.

Ceux qui rêvent de brader notre souveraineté oseront-ils franchir le Rubicon ? Il semble que leur majorité soit insuffisante au parlement pour représenter les 2/3 des suffrages indispensables à toute réforme de la constitution, et le référendum serait alors indispensable. Jugeront-ils que les circonstances le permettent, ou la prudence l’emportera t’elle encore ?

FALLAIT-IL SUPPRIMER LE SERVICE NATIONAL ?

Un sondage paru le 14 juillet indique que 62 % des Français regrettent le service militaire. Fallait-il en 1997 supprimer l’armée du peuple, ce facteur de cohésion nationale, cette occasion inégalable d’inculquer à une partie de la jeunesse les valeurs de discipline, sacrifice, patriotisme ? La question se pose avec acuité au moment où de toutes parts on propose de recourir à l’encadrement militaire des délinquants mineurs, avec un début d’application depuis le 1er janvier 2012.

Certes la plupart des grands pays occidentaux a fait de même, mais chez nous la conscription, créée par la Révolution, supprimée par les régimes postérieurs et rétablie par la III è république, a une valeur symbolique qu’elle n’a pas ailleurs. Et du reste même chez nos voisins le bien-fondé de cette suppression commence à être discuté, comme en Grande Bretagne. Les arguments économiques qui avaient été avancés en faveur d’une armée exclusivement professionnelle sont à mettre en balance avec le coût économique et social de l’absence de repères dans une certaine jeunesse. L’argument tiré de la disparition de la menace soviétique peut sembler bien optimiste.

Peut-être l’avenir obligera t-il à rouvrir ce débat.

Ce tout d’horizon n’est hélas pas exhaustif. On aurait pu y ajouter par exemple les intrusions sans cesse renouvelées de la législation européenne sur notre politique migratoire ou notre identité nationale. C’est que les racines du mal sont anciennes. « Nous n’avons pas pu apprendre à la bourgeoisie le sens de l’intérêt national » disait de Gaulle à Michel Debré au soir du 27 avril 1969, avant d’annoncer sa démission. Encore péchait-il par optimisme, lui qui un peu plus tôt pensait pouvoir prophétiser : « dans trente, trente cinq ans on redécouvrira la France ». Trop court mon Général. Près de quarante deux ans après votre disparition, la France doit encore lutter pour sa survie.

Jean de la Valette

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