Chambres à gaz : je suis excédé par la nouvelle affaire Le Pen

Publié le 5 avril 2015 - par - 4 209 vues
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jeanmarielepen2Je ne connais pas personnellement Jean-Marie Le Pen ni les raisons du contexte de sa récente déclaration sur les chambres à gaz. Je trouve même que cela a été une faute politique qui a donné immédiatement du grain à moudre à la bienpensance donneuse de leçons. Et cette dernière ne s’est pas privée : propos racistes, élucubrations, propos haineux, éructations, antisémitisme, négationnisme, pétainisme, elle nous a sorti toute la panoplie qui lui est habituelle. Le CRIF est consterné et l’Union des étudiants juifs de France va déposer plainte pour contestation de crimes contre l’humanité.

Et pourtant, si Jean-Marie Le Pen avait raison ?

Les chambres à gaz mises en œuvre par les nazis n’étaient qu’un moyen parmi d’autres pour éliminer au plus vite les ennemis et les indésirables du régime et ce, principalement les juifs. Mais il serait faux de croire que ces derniers étaient les uniques victimes des chambres à gaz. On estime à 6 millions ceux à avoir perdu leur vie par ce moyen.

Il y eut d’autres méthodes. Dans la plupart des cas, les nazis tuaient les détenus au travail par la dénutrition, les mauvaises conditions d’hygiène, l’absence de soins, les mauvais traitements, etc., tous ces facteurs qui faisaient que les prisonniers mouraient à petit feu tout en produisant de manière forcée et jusqu’à leur dernier souffle pour le Grand Reich. Ils furent également des millions, hommes, femmes et enfants, pauvres êtres décharnés, à bout de forces, à ne plus pouvoir se relever, à sentir leur vie s’envoler. Mais là, il semblerait que cette mort n’intéresse pas beaucoup nos moralisateurs

Mais il y eut bien d’autres morts occasionnés par ce conflit. Ainsi, on estime entre 42 et 50 millions de pertes civiles durant cette guerre et entre 22 et 25 millions de soldats qui ont péri durant cette période (Wikipédia), au total entre 60 et 80 millions de personnes.

Alors, bien sûr, 6 millions de gazés, ce n’est pas rien, c’est même horrible. Mais à bien y réfléchir, était-il plus noble de mourir en quelques secondes dans une chambre à gaz  que les 70 millions d’autres auxquels on a pris la vie, écrasés sous les bombes, brûlés par le phosphore, tués par les obus et les balles, dans les tranchées, au bord des routes, morts de famine et d’épuisement dans les prisons et les camps, jetés dans les fosses communes, brûlés dans leurs maisons, morts de faim, de soif, de frayeur, de blessures, étaient ils seulement des banals détails de l’histoire ?

Et les 26 millions de morts subis par les pays de l’Union soviétique étaient-ils des quantités négligeables par rapport au 6 millions de gazés ?

Sait-on qu’il y eut plus d’un millier d’Oradour-sur-Glane en Russie ? Oui, vous avez bien lu, mille fois plus qu’en France ! Les nazis considéraient les Russes comme des Untermenschen, des sous-hommes, ce n’était nullement le cas pour les Français. Sur ce point, Jean-Marie Le Pen avait aussi raison.

Alors, cessons cette comédie ridicule. Certes, la Shoah a été une chose épouvantable, mais ni plus ni moins que les milliers d’horribles détails qui constituent l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il n’y a pas de morts meilleurs et plus à plaindre que d’autres. Pourtant, c’est ce qu’on voudrait nous faire croire.

Jean-Louis Burtscher

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