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Charles Michel a soumis l’Europe à Erdogan : démission !

Tous les médias ont relayé hier les images incroyables de l’accueil réservé par Erdogan à Ankara aux deux dignitaires de l’UE, Charles Michel et Ursula von der Leyen. Un accueil outrancier, outrecuidant pour la présidente de la Commission, laissée seule debout sans fauteuil alors qu’Erdogan et Michel avaient, eux, droit à un confortable siège. Tout le monde y a donc été de son couplet sur la misogynie d’Erdogan, le message passé à son électorat le plus rigoriste dans les préceptes de l’islam, la gifle envoyée à l’Union européenne, mais aussi aux valeurs de l’Occident tout entier. La photo de l’accueil prodigué, il y a quelques années, à Donald Tusk et Jean Claude Junker, tous deux assis aux cotés du sultan d’Ankara, a convaincu tout le monde de l’intentionnalité de la mise en scène.

Peu en revanche ont relevé la goujaterie, mais au-delà la stupidité et la veulerie du belge Charles Michel, le président de l’Europe. Pendant que sa collègue allemande restait debout, probablement interloquée, à se demander si elle n’était pas vouée à rejoindre les épouses en cuisine, Michel restait, lui, affalé, le séant enfoncé dans l’épais velours du fauteuil qui lui était réservé. Sans piper mot sur le caractère incongru et même inacceptable de la scène. Le même Charles Michel, qui envoyait le 8 mars dernier, pour la journée internationale de la femme, un dernier message à toutes celles qui résistent à l’oppression, à l’inégalité de leur condition, n’a pas su piper un mot de protestation face à Erdogan.

Et là, on est en droit de se demander comment de tels dirigeants, censés nous représenter, peuvent prétendre défendre nos valeurs, et au-delà nos intérêts. Alors qu’Erdogan s’acharne à piétiner les Européens en Syrie, en Libye, à Chypre, qu’il tient meeting en France pour appeler ses compatriotes expatriés à ne surtout pas s’intégrer, qu’il nous livre un chantage permanent sur les réfugiés dont Bruxelles lui paie grassement la garde, voilà que Michel s’aplatit au vu et au su du monde entier. On comprend mieux maintenant pourquoi Erdogan avait sollicité, il y a quelques mois, au plus fort des tensions avec la France, la médiation de Bruxelles : avec de tels serpillières en face de lui, il ne pouvait qu’être certain d’une issue plus que clémente à ses exactions. Erdogan a de beaux jours devant lui : l’UE, qui devait faire de nos pays un pôle de puissances capables de rivaliser avec les États-Unis et la Chine, est incapable de tenir la Turquie en respect. Face à une telle déroute, les dirigeants doivent prendre leurs responsabilités : Charles Michel, démission !

Olivier Piacentini