Charlie-Hebdo : malaise et ambiguïté autour de la liberté d'expression

Figaro-vs-Charlie-HebdoL’affaire Charlie-Hebdo, de sa rédaction décimée aux émeutes musulmanes après sa dernière couverture, met mal à l’aise et nous place dans une situation ambiguë.
Si l’équipe de Minute avait été balayée, on voit à peu près ce qui serait passé ensuite: rien.
Si la rédaction du Monde avait été décimée, on devine que la machine à « pasdamalgme » aurait fonctionné sur le même schéma mais avec moins de monde dans les rues (parce que les types qui y écrivent sont bien moins célèbres que Cabu, Wolinski, Honoré, Charb -mis à part Plantu-) et un honorable entre soi de la gauche moins mobilisateur.
Avec Charlie-Hebdo, c’est plus difficile.
Cet hebdomadaire symbolise les troubles dissociatifs dont sont atteints les Français et en premier lieu l’Etat.
D’un côté, il veut protéger les musulmans: tout propos sur la nocivité de cette religion de fous furieux devient un propos islamophobe et sera puni par l’application des lois liberticides Pleven-Gayssot-Taubira; d’un autre côté, l’Etat plastronne à une manifestation de soutien à un journal libertaire qui caricature le prophète de ladite religion, caricature qui met à feu et à sang des pays comme le Niger et rend un peu plus chaud pour les Français, l’Afrique noire et le Moyen Orient.
On dit qu’ils furent quatre millions à défiler. Un nombre beaucoup plus important d’hommes et de femmes que ceux-là se disent « Je suis Charlie ». Il suffit d’écouter les discussions autour de soi, sur les marchés, dans les cafés, aux repas de famille.
Mais en même temps, personne n’a lu un exemplaire de Charlie-Hebdo depuis longtemps (le journal était en faillite et ses propos caca-pipi de cour de récréation n’ont rien pour enthousiasmer les familles de la France périphérique). J’aimerais voir la tête de certains acheteurs.
Le discours de Luz à l’enterrement de son amant Charb est d’un niveau de toilettes à la turque. Les pipoles et les politiques présents ont apprécié, tant mieux pour eux. La liberté d’expression, après tout passe par ce genre de grosse connerie poisseuse.
Reste la liberté d’expression.
Beaucoup d’entre nous sont pour, et dans le même temps, vont accuser la Une de Charlie-Hebdo d’être responsable des émeutes musulmanes actuelles. Autant que je sache, personne n’a obligé les fanatiques de Mahomet à regarder le dessin de Luz (pour moi, c’est surtout le « Tout est pardonné » qui passe mal. En ce qui me concerne : rien n’est pardonné, rien ne sera pardonné).
Le dessin ne leur plaît pas, alors qu’ils se torchent le cul avec en se servant de la main gauche. En quoi, une caricature est plus offensante que les décapitations, les crucifixions, les attentats suicides, les prises d’otages, les enlèvements de jeunes filles que nous imposent l’islam. Je crois que brûler, assassiner, égorger, procurent plus de plaisir aux islamistes, est davantage conforme à l’enseignement du Coran, de la Sunna et de tous les ouvrages reconnus de droit musulman, plus près de Mahomet qui n’a jamais admis la moindre critique à son égard.
En filigrane sanglant, on devine qu’il s’agit de réintroduire le blasphème, un auto-blasphème comme le politiquement correct a réussi à nous inculquer l’autocensure.
Le pape s’est mêlé de l’affaire depuis les Philippines. Pour ce type qui est tellement dans la position du dhimmi que nous verrons bientôt des minarets aux quatre point de Saint-Pierre de Rome, la liberté d’expression doit s’arrêter à la religion. Alléluia, il  excuse presque les assassins islamistes du 7 janvier. « Si un grand ami dit du mal de ma mère, il doit s’attendre à recevoir un coup de poing ! », a-t-il donné deux fois en exemple. « On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision ». Alors, on règle ses comptes à OK Charlie à coups de Kalach. Je serais un cardinal opposant à Calamity François, je me méfierais.
Demain, quelles seront les limites de la liberté d’expression?
L’homosexualité, le féminisme : c’est déjà le cas avec les lois sur l’homophobie et le sexisme (en supplément, on a une Femen sur nos timbres).
L’armée, la police, on le comprendrait (même si la fiabilité et la loyauté de certains policiers posent question: épouse au comportement radical,  agent qui rechigne à serrer la main de ses collègues féminines, patrouilleur qui converse beaucoup en langue arabe avec des personnes « radicalisées »).
L’écologie : pas question, le réchauffement climatique est une idéologie indiscutable.
L’économie : toute critique du libéralisme est inconvenante et sera condamnée pour dénigrement.
L’incompétence de Taubira et sa haine de la Nation : racisme.
Bon, il reste la pédophilie -encore que Cohn-Bendit n’a pas toujours été contre.
Demeure un seul domaine pour cette très chère liberté d’expression dont se gargarise les politicards et les médias : le populisme, l’extrême-drouââte, Jean-Marie et Marine Le Pen, le FN.
La solution pour ne pas devenir foldingo face à ces troubles dissociatifs, c’est d’être consistant dans notre rôle de citoyen qui ne tolèrera pas que des connards de musulmans viennent lui dicter ce qu’il doit penser, dans notre situation de Français de souche qui n’a pas défilé dans la grande manipulation de dimanche dernier, dans notre état d’être humain critique qui ne veut pas qu’on insulte son intelligence comme le fait la caste médiatico-politique depuis une dizaine de jours.
Marcus Graven
 

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