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Charlie, tu es définitivement lâche…

Charlietoutestpardonne« 1 an après, l’assassin court toujours », pendant que le courage prend ses RTT chez Charlie Hebdo !

Dans la France occupée, dans les pays du Bloc soviétique, en Argentine, au Chili, du temps des dictatures, et partout où la liberté rampait avec un canon sur la tempe, des femmes et des hommes se sont battus, malgré les menaces, les tortures, les exécutions qui leur étaient promises. Mais ces femmes et ces hommes ne se sont jamais trompés d’ennemi. Ils n’ont pas choisi un bouc émissaire commode pour déverser leur frustration de ne pouvoir vaincre leurs vrais bourreaux. Charlie Hebdo a préféré faire le contraire et ce, dès le lendemain des attentats. Mais avec son numéro spécial du 6 janvier 2016, le journal satirique s’est surpassé.

Dans son  papier, le dessinateur Riss, survivant du carnage, a cette phrase remarquable : « Rien à foutre de rien. », pour résumer l’état d’esprit de son journal. Tout dire sans retenue, au risque de blesser gratuitement, avec sadisme et délectation. Ou quand Charlie Hebdo se mue en bêtisier de caniveau ! Certes, on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui. Charlie n’en a cure : il rit même de ceux qui l’ont soutenu. Non, rectification, Charlie rit surtout des chrétiens, forcément fanatiques et pédophiles, lesquels sont surreprésentés dans ce numéro. Pages 28 et 29, nous avons l’inévitable homme d’Eglise sodomisant un enfant de chœur, comme c’est original ! Ce même homme d’Eglise voisine avec al-Baghdadi et Tariq Ramadan, entre autres. Charlie a préféré rester discret avec les enseignants laïcs pédophiles et violeurs ; faudrait voir à pas froisser son lectorat ! A croire que les frères Kouachi étaient des barbouzes du Vatican déguisés en islamistes !

Par contre, Charlie ne rit pas des flatteries, oubliant son La Fontaine : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. » Ainsi, sur une pleine page intitulée « Ils nous soutiennent encore », la prose facile et consensuelle des Adjani (pillant au passage Paul Eluard), Viard, Binoche, Pellerin (ministre très érudite, selon Yann Moix !), etc., s’étale comme un plain-chant socialiste !

Et surtout, il y a l’EXTRÊME DROITE, dont les représentants, selon Charlie, « ont été incapables de dépasser le stade primaire de la détestation ». Ce qui est aussi mensonger que dégueulasse car nous autres, attachés à notre identité culturelle – donc extrémistes ! –, avons souvent pris ta défense, Charlie, lorsque tes nouveaux amis rêvaient, comme tu le dis si bien, de te voir crever !

Pour finir, puisque tu as la haine de la foi chrétienne plus chevillée au corps que pour n’importe quelle autre religion, Charlie, laisse-moi te raconter ceci :
Il y a un certain temps, je me recueillais seul dans une église. Pas loin de moi, agenouillée, un petit bout de bonne femme noire, le visage suppliant et immaculé de gentillesse, priait. Elle ne respirait pas le fanatisme, plutôt l’humilité et l’acceptation des difficultés de sa vie. C’était quelques jours après les attentats de janvier. Eh bien vois-tu, Charlie, je suis convaincu que dans ses prières, il y en avait au moins une pour toi !

Aussi, lorsque Riss écrit que « les convictions des athées et des laïcs peuvent déplacer encore plus de montagnes que la foi des croyants », je n’ai qu’une réponse : toi, Charlie, tu es devenu un laïcard intégriste, ce même intégrisme qui commanda autrefois les massacres de prêtres et de croyants çà et là. Si, selon Gérard Biard, « la laïcité préserve de la Saint-Barthélemy, de l’Inquisition, du califat de Daech », elle ne préserve pas des exterminations perpétrées par ladite laïcité. L’Histoire est une pièce avec un avers et un revers ! En d’autres temps, tu aurais certainement participé à des horreurs dont tu as été victime, Charlie !

Enfin, tu es un lâche, Charlie, car tu frappes désormais pour faire mal – voir ton dessin grimant Nadine Morano en enfant trisomique de De Gaulle, lequel eut effectivement une petite fille trisomique. Plutôt que de viser franchement tes assassins, tu préfères tirer sur l’ambulance. C’est classe !

Et au fait, on peut aimer le rock, la bande dessinée, les filles libres de leur corps et de leur esprit, et croire en Dieu ! Dans tous les cas, je revendique définitivement de ne pas être Charlie, comme je ne suis pas Voici, car tes amalgames foireux entre le christianisme – dont je ne nie pas que certains illuminés l’interprètent à leur mauvaise sauce, pas au point de flinguer du laïcard cependant ! – et l’islam sont du niveau d’un tabloïd !

Charles Demassieux