Cher Abdennour Bidar, vous rêvez d'un islam qui ne peut exister

bidarLa Lettre ouverte au monde musulman (1), d’Abdennour Bidar (2), connaît un franc succès (3), ce dont je me réjouis, car le problème que l’auteur a le courage d’aborder est LE problème de ce début de siècle. Néanmoins, j’ai cru y déceler quelques erreurs. D’où les lignes qui suivent.

Pour tout musulman qui se veut musulman, l’islam n’est ni la « souffrance » ni la « misère » : c’est l’illumination de la Parole divine ! De ce fait, l’islam ne « perd » pas « son temps » : il est le Temps ! Il ne « perd » pas non plus « son honneur » : il est l’Honneur ! Le « monstre né de lui » n’est « monstre » qu’aux yeux de l’Occident – qui n’est pas l’islam. L’islam n’est donc pas monstrueux. Il ne relève d’aucune « errance ». Ses « contradictions » ne sont qu’apparentes : Dieu ne saurait se contredire.

Quant à l’incapacité qu’aurait l’islam « à trouver sa place dans la civilisation humaine », c’est encore une illusion occidentale, puisque l’islam se présente avec certitude comme la civilisation par excellence, la communauté musulmane se disant au-dessus de toutes les autres communautés.

Les monstruosités commises par les djihadistes ne défigurent en rien cela, car l’identité musulmane est respectée : elle est inscrite dans le Saint Coran, que les djihadistes appliquent à la lettre.

D’ailleurs, si l’islam dénonçait ses propres violences, il ne serait plus l’islam. Aussi n’a-t-il que faire de « l’autocritique » : cela supposerait qu’il pût se tromper. Or, comment l’islam se tromperait-il puisqu’il est Dieu s’adressant aux hommes par l’intermédiaire du Saint Coran ? Allah qui se tromperait serait-il encore Allah ?

Voilà pourquoi croire en un « moment historique » providentiel qui conduirait l’islam à se « remettre en question » relève de la plus grande naïveté.

Certes, l’islam a pu créer « de la beauté », insuffler « du sens », interroger le « mystère de l’existence »… Mais à la question qui nous préoccupe aujourd’hui – à savoir pourquoi le monstre islamiste « a-t-il pris le masque de l’islam et pas un autre » ? – la réponse est simple : c’est parce que ce prétendu masque, c’est encore l’islam !

Maurice Vidal
(1) Editions Les Liens qui Libèrent, 1-04-2015.
(2) Philosophe et écrivain français, né en 1971 à Clermont-Ferrand.
(3) Plus de trois millions de lecteurs !

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