Chère Christine Angot, moi ce n’est pas cette histoire de banane qui me tue…

Touche pas à ma bananeOn m’a toujours appris – mais peut-être me trompé-je ? – que pour éteindre un feu il ne fallait pas l’alimenter.

A force d’organiser des tables rondes sur les plateaux télé et radio, de publier des brevets de vertu de « spécialistes » du racisme et d’auteurs dont le seul talent est d’atteindre les profondeurs de la nullité littéraire en un temps record, on ne fera qu’attiser une colère trop longtemps contenue par la peur  des autorités autant que de la violence exotique impunie.

Ainsi, Christine Angot – esthète de la prose nombriliste où son petit moi s’ébat comme des rognons dans une sauce au vin ! – écrit sa colère dans Libération.  Et que dit-elle, cette dame qui méprisait jadis les œuvres littéraires des hommes et femmes politiques, dont certains s’appellent Chateaubriand ou Churchill ?!

Eh bien, Titine Angot fait une grosse colère surjouée, «  car quelque chose dans notre société se […] se dégrade, fout le camp, pourrit, est sale, est crade, est dégueulasse, est nul, est fini, est foutu […] » Du Flaubert !

Je traduis : le « quelque-chose » en question, c’est le refus – ENFIN ! –  de nous soumettre à la pensée doctrinaire post-soixante-huitarde. Oui, ça fout le camp et c’est tant-mieux ! Tant-pis si elle se sent tuée la phraseuse : « Et quand quelque chose vous tue profondément vous ne pouvez rien dire. » Il est vrai qu’une fois mort, on cause moins !

Plus sérieusement, nous asséner l’immonde et héréditaire racisme français excite un tantinet notre bile et peut inciter à un jusqu’auboutisme désabusé. Notre écœurement de subir les diatribes mensongères et meurtrières d’une joyeuse bande gouvernante – journalistes compris ! – pendant que notre pays pourrit de l’intérieur, nous chatouille le fondement, si vous préférez ! Nous n’avons pas envie que la France ressemble à ces vers de Baudelaire :

« Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion ! »

Les embusqués de la morale d’Etat, prêts à abattre les dissidents dès qu’ils se manifestent trop fort, ça commence à bien faire ! Voir Laurent Obertone empêché de dédicacer son dernier livre, Utoya, à Grenoble  parce que les pressions – disons plutôt les menaces – de SOS Racisme sont trop claires pour laisser planer le doute : « Tu viens, t’es mort ! » Le genre de méthode à la Ernst Röhm et ses S.A. ! Vous l’aurez compris, ce n’est pas cette dernière publication qui était incriminée, mais plutôt les arriérés que cette mafia associative venait solder : La France orange mécanique n’est toujours pas digérée !

Pendant ce temps…

On invite Abd al Malik, qui n’a jamais fait mystère de sa tentation djihadiste d’autrefois, pour prêcher librement son « islam quiétiste » – charmant oxymore !  On apprend qu’un cabinet noir – découvert par l’hebdomadaire « nauséabond » Valeurs actuelles – de l’Elysée a pour mission de « flinguer » Sarkozy pour l’empêcher de refaire surface. Rien ne dit que Marine Le Pen ne sera pas la prochaine « cliente » !

On va traduire en justice les « casseurs » bretons – et sûrement les brailleurs du 11 Novembre –,  et Marseille continue de perpétuer la mémoire d’Al Capone du temps des grandes heures de la Prohibition ! Les commerçants sont au bord de la crise de nerfs. Beaucoup jettent l’éponge, avec l’assurance que leurs agresseurs seront « sévèrement punis » : pas de goûter aux sports d’hiver de réinsertion !

Les délires racistes c’est pas beau, mais c’est le cadet de mes soucis ! Ce qui m’importe à MOI, MOI, MOI – merde voilà que je fais du Angot ! – c’est le sang de mes compatriotes qui coule ; la faim qui les tenaille en toute indifférence. Non, ce n’est pas cette histoire de banane qui me tue, « chère » Christine Angot !

Attention tout de même : on commence par les bonnets, ensuite on met des têtes au bout des piques !

Charles Demassieux

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