Chez Taddéi, Zemmour face à la meute Attali-Autain-L’Humanité-Dubet…

Publié le 12 octobre 2014 - par - 4 294 vues
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zemmourwanted-1Sur le plateau de « Ce soir ou jamais » de Frédéric Taddeï, ils sont deux contre la meute habituelle. Mais Philippe Nemo a des difficultés à s’exprimer clairement et d’une manière incisive. Il a pourtant commis en 2011 un excellent petit livre: « La régression intellectuelle de la France » (http://ripostelaique.com/la-regression-intellectuelle-de-la-france-de-philippe-nemo-en-finir-avec-la-judiciarisation-du-debat.html ).

Alors Zemmour, comme d’habitude, fait face. Seul.

Attali – Attila de la nation, des Français de souche, de notre histoire – est d’une arrogance telle qu’elle s’est métamorphosée au fil des ans en une stupidité pittoresque, presque risible. Allégorie vivante de l’élite autoproclamée, « hors sol » (comme dit Zemmour), il prône l’ouverture, le métissage, voit les musulmans comme une immense richesse pour notre pays. Il déclame une utopie indigeste, des idioties sur la société de demain et de son gouvernement mondial en un chapelet de phrases si creuses qu’elles le rendent finalement transparent. Il ne parle que de lui-même, de ce qu’il a vu, de ce qu’il a analysé grâce à son savoir incommensurable, ses dons de voyance, son intelligence universelle, d’aéroport en aéroport. Zemmour lui fait remarquer que la vraie vie se passe en dehors des aéroports. Attali ne l’entend pas. Il s’écoute. C’est si délicieux qu’il ne s’en lasse pas. Il se cite et se récite.

On apprend au détour d’une de ses tirades que Cynthia Fleury, également invitée par Taddéï, philosophe et psychanalyste, chroniqueuse à L’Humanité, travaille avec lui sur certains projets. Ce qui me la rend aussitôt suspecte. Et quand, elle soutient le discours remplaciste en lançant que l’intégration ne doit pas venir seulement des immigrés, mais aussi des Français de souche qui ont l’obligation de s’intégrer à la nouvelle société qui naît sous leurs yeux (discours repris de celui de Terra Nova), là, elle fait plus que m’agacer. Sous ses dehors de prêtresse au discours chamanique (gloubi-boulga philosophico-psychanalytique), elle n’est pas la moins dangereuse du lot.

Quand arrive son tour, Clémentine Autain balance le vieux discours de la gauche ectoplasmique auquel vient s’agglutiner depuis des mois le refrain : « Les musulmans ne sont pas l’ennemi intérieur ». Pour le reste, sa parole fonctionne à vide. Zemmour est qualifié par réflexe pavlovien de fasciste, d’homophobe, de sexiste, de raciste. Clémentine Autain, héritière d’une famille médiatico-bobo, commet la sempiternelle agglomération des quartiers supposés ghettoïsés et de la France périphérique. Guilluy démontre dans son dernier livre, l’inanité de cet amalgame. Peu importe, il ne peut venir à l’idée de la dame à la pensée prémâchée qu’elle pense mal. Voire pas du tout. Ce sont les autres, les « populistes » comme Zemmour qui ont tout faux. Ça ne se discute pas. Et si la hautaine Autain ne peut traiter l’opposant Zemmour avec sa condescendance coutumière (difficile de taxer le polémiste de presque débile, de mal éduqué, de manipulé comme la gauche le fait des électeurs du FN), elle joue à la vigie antifasciste en lançant les signaux simplistes habituels sur les propos nauséabonds, l’histoire qui bégaie, le retour des heures les plus sombres de notre passé…

Et voici, François Dubet, le sociologue de service, qui en bon disciple de Bourdieu nous ressort les plats passablement moisis sur l’éducation et la solidarité – sciemment confondue avec la fraternité -. Point d’orgue de ses interventions conformistes : il faut redonner aux gens le désir de payer des impôts pour ceux qu’ils ne connaissent pas. En clair, aux immigrés qui vivent sur notre dos. Il faut continuer à les loger, les nourrir, les soigner, les laisser pourrir notre enseignement. Et avec une telle attitude, nous devrions redevenir optimistes, heureux, sans peur et sans reproche, sortir enfin de la cage aux phobes dans laquelle nous enferment des salopards comme Zemmour.

Revenons à Attali qui nous éclaire en nous révélant la vraie mission de l’école : apprendre aux élèves à devenir eux-mêmes.

Et c’est ainsi que notre culture disparaît, que notre école ne transmet plus rien, abandonne les enfants à la théorie du genre, à l’histoire de l’Autre, à l’estime de soi, à un humanisme bêlant. Peu importe que dans les classements internationaux, notre enseignement soit en queue de peloton, l’essentiel est que les élèves y deviennent eux-mêmes. Le songe d’Attali sonne bien creux. Mais les gens comme lui sont encore au pouvoir. Il est temps de les foutre dehors.

Marcus Graven

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