Chouette, une nouvelle saison avec Caron, ridicule bobo haineux

Publié le 26 mars 2014 - par - 2 951 vues
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J’avais confiance, j’y croyais, je ne pouvais me résigner à  la rumeur qui enflait, Aymeric ne pouvait nous lâcher à un moment où la bête immonde pointe de plus en plus son groin nauséabond. C’est fait, c’est gagné, il reste !

Chaque fin de semaine, il va continuer d’éclairer le peuple, nous dire où est le bien, où est le mal et traquer, sans faiblir, les hérétiques, ceux qui sèment le doute dans les esprits faibles et influençables.

Ce qui est bien avec frère Aymeric c’est que visiblement lui ne doute  jamais et il a un sens inné pour forcer les mal pensants dans leur tanière idéologique.

Sous le visage lisse de joli garçon sympa de pub pour shampooing et sous la voix suave du steward avenant  surgit soudain le ton sec  et l’œil courroucé du petit commissaire politique.

Son université du KGB à lui, c’est l’école de journalisme, et, ce qui se fait de mieux dans la profession, l’école de Lille. C’est du garanti, 100% pure gauche, 100% politiquement correct ! Aucun dissident n’émerge  de ce type d’usine à formater. C’est déjà si dur de trouver un job comme précaire prolétarisé dans une sous rédaction qu’il faudrait être fou pour jouer les esprits rebelles.

Si tu n’as pas envie de passer ta vie comme rubricard sur un site spécialisé dans les ustensiles pour chiens et chats ou comme chroniqueur dans une radio locale sur les cultures et traditions du terroir, tu dois apprendre vite à savoir la boucler. Sois dans le moule et tais-toi ! Ou mieux encore, sache opportunément montrer que tu es un bon petit soldat de l’ordre cathodique.

Les plus malins, les plus mobiles, des têtes d’affiches comme Ardisson, Gaccio, Thoen ou Taddeï, essaient de donner le change sur leur degré d’impertinence. Les dandys du PAF flirtent- un tout petit peu- avec les marges, jouent de la dérision, miment l’insolence et la subversion et  laissent entendre que tout, après tout, n’est que spectacle et comédie.

Caron, lui, c’est un bloc monolithique. Il ne plaisante pas, il ne laisse rien passer, il affirme, il déroule une introduction besogneuse qui annonce et cadre l’offensive, cite avec application les phrases déviantes, il bosse, il a visiblement souligné et annoté le livre du coupable, il exige les sources, repose autant que nécessaire la question qui piège (pense-t-il). Il est ramassé sur lui-même, concentré et appliqué, pas la moindre trace d’humour, d’ironie ou de distanciation dans son attitude, il est fâché et il le fait savoir. Il ne dialogue pas, il interroge, mieux, il met à la question. Il attend l’aveu du pécheur.

Le problème avec Caron, c’est qu’il n’a pas le niveau, et plus il attaque, plus ça se voit. Il fonctionne sur une pensée binaire, c’est oui ou c’est non, c’est noir ou c’est blanc. Il ne perçoit pas la complexité du sujet, l’ambivalence des idées et des êtres, la relativité des vérités établies. Il veut à tout prix pousser l’autre dans ses contradictions, sans voir que la contradiction apparente peut cacher une subtilité plus lointaine à saisir. Il croit abattre une muraille alors qu’il enfonce juste une porte ouverte.

Problème là encore, plus il charge tête baissée, plus il fait ressortir la finesse posée de sa partenaire. L’attelage ne tient plus, le déséquilibre est trop visible. Les deux ne se supportent plus. Et c’est là que l’affaire de pesante et besogneuse devient amusante et piquante.

Son agressivité primaire insupporte la subtile Natacha Polony et elle n’arrive plus à cacher le mépris  qu’elle ressent pour son insuffisance brutale et satisfaite. Face au débonnaire Tillinac que le ténébreux Aymeric poursuit de sa hargne, elle finit par lui lâcher qu’il n’a pas compris la réponse de l’autre, « la question n’est pas là Aymeric », lui balance-t-elle grinçante, ajoutant comme un coup de grâce à la réplique furieuse de son coéquipier, « je n’ai pas dit que tu étais bête, mais tu ne comprends pas !».  On n’est plus très loin du diner de con !

Même chose avec l’inclassable Frigide Barjot, Polony recadre l’insinuation fielleuse (de racisme, bien sûr)  d’un Caron énervé qui incapable d’ironie et de répartie, rétorque avec une agressivité qui n’arrive pas à dépasser le premier degré. Echange d’amabilités acides entre collègues ;  ça tournerait vite à l’empoignade sur les bancs de la classe si la diaphane Natacha ne s’efforçait de rester dans le registre du persiflage distancié. Chacun se bat avec les armes qu’il peut.

Caron sent qu’on ne le prend plus au sérieux, qu’on ne le considère pas comme un débatteur digne de ce nom, son image de journaliste de fond est en jeu et, pour cacher son absence de vivacité intellectuelle, il est forcé de durcir le ton.

Il ne renonce pas, c’est plus fort que lui, il ne lâche rien. Si « on n’est pas couché », c’est pas pour rigoler ! Avec lui, la fièvre du samedi soir, c’est une séance de rééducation.

Aymeric Caron s’étale dans l’évidence de lui-même, c’est un archétype, un modèle à l’état pur, un « type idéal », dirait le sociologue, il faut le prendre tel qu’il est, comme un prototype de démonstration.

S’il était militaire, il serait l’adjudant Scrougneugneu à la Cabu qui pense que tous ceux qui ne goutent pas l’uniforme sont des « grosses tapettes », s’il était prof, il porterait un collier de barbe et une veste en velours (comme dans les sketchs des Inconnus). S’il était petit marquis d’Ancien Régime, il aurait des fanfreluches partout, la voie haut perchée et  une mouche sur sa pommette poudrée.

Aymeric Caron a une fonction utile à contrario dans l’écosystème médiatique. Il nous rassure sur la valeur de nos convictions et la justesse des stéréotypes que nous aimons détester mais dont, de guerre lasse,  nous voulons nous alléger parfois : oui, le bobo gaucho sectaire donneur de leçon existe, oui, il tient le haut du pavé médiatique, oui, il se reconnait d’abord  par la détestation de l’identité française (« C’est quoi d’abord l’identité française ? ») qu’il exprime comme une évidence morale.

Le Caron se parle en séries de  poncifs éculés qui s’énoncent  comme autant de vérités subversives. Le Caron n’aime pas les frontières (il est « citoyen du monde »), il hait l’expression « Français de souche » (c’est « Vichyste »), il aime la diversité (ça « l’enrichit » au niveau du vécu) et blablabli et blablabla…

Aymeric Caron, l’homme qui ne doute jamais. Chaque fin de semaine, il nous rappelle que la vie est un combat et, par la pénible arrogance de son intolérance ignorante, nous oblige à notre tour à nous indigner et à nous remobiliser en dépit de nos découragements face à la lourde puissance du rouleau compresseur médiatique qui passe et repasse encore.

Dany Boume

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