Christine Angot a encore chroniqué sur la place publique sans ramasser derrière elle !

Affiche-15-marsAngot, ou l’écrit-vaine type de cette littérature autocentrée, dont l’inspiration puise essentiellement dans un moi surdimensionné ; telles ces plumes envahissantes et si ennuyeuses qui font les rentrées et les sorties littéraires d’aujourd’hui ! Et, si seulement lesdites plumes se contentaient de nous déverser l’extase de leur quotidien sans se commettre dans les affaires collectives, ce serait tout juste supportable.
Las, ces « écrivains » – comme ils exigent d’être appelés lorsque moi, humble gratte-papier, ne m’accorde, au pire de ma vanité, que le titre d’auteur divertissant ! – se piquent de pensée politique. Une pensée bien éloignée d’un Lamartine ou d’un Chateaubriand, pour ne citer que ces deux-là, qui avaient, quant à eux, un certain style à l’heure de parler de…politique !
« Ça sert à rien d’écrire des chroniques »[1], nous assène Angot dans une tribune à Libération, ce réceptacle des postures idéologiques creuses. Ça sert à rien, en effet. Alors pourquoi continuer à griffonner votre petite colère sinon pour nous rappeler que vous existez, hélas, madame ?
Et vous voilà ponctuant vos sentences d’un « très bien » qui sonne comme « Moi, Président ». Une tentation des hautes sphères de l’Etat, peut-être ?
Par des circonvolutions lourdes – Dieu que vous avez mal lu Céline en imitant médiocrement son style hachuré et lapidaire, si jamais vous l’avez lu ! –, vous ne noyez pas le poisson : vous l’éventrez.
Ainsi, on assiste à un imbroglio de phrases décousues, et il ne ressort de cette pathologique diatribe qu’une chose, car ce ne sont là que des choses sans consistance : «  On va élire Marine Le Pen. »
Si vous cognez ça et là sur les djihadistes, les destructions de Mossoul, les profanations, ne nous y trompons pas : votre but ne vise rien moins, sur un ton faussement désabusé, que de torpiller Marine Le Pen.
Cette harmonie de façade, souvenir de la grande époque mitterrandienne, voilà ce que regrette Christine Angot, qui soudain voit les « vrais visages » ! Vous voilà, à votre manière, un ersatz de Rimbaud, lequel se fit aussi jadis « voyant »…Mais il parlait de poésie.
Vous vous méfiez, ne croyez plus en rien, parce que tout va à vau-l’eau : « Même dans un journal de gauche, les fréquentations deviennent mauvaises. » accusez-vous. C’est dire si ça va mal  chez vous !
« Où sont les intellectuels, les grandes consciences de ce pays ? » haranguait récemment Manuel Valls. Au cimetière, monsieur le Premier Ministre, ou terrés chez eux de peur que leur honnêteté soit rendue publique et qu’ils subissent, comme Michel Onfray – quoi qu’on pense de ses déclarations, celui-là triche moins que la foule servile se pressant sous les dorures de la République ! –, l’ire de votre régime intellectuellement amincissant !
Mais à chercher des « grandes consciences » du côté de Christine Angot, on risque l’inanité !
A mon tour, madame Angot, monsieur Valls, de vous offrir cette citation d’un intellectuel en même temps qu’une conscience sincère, un chrétien converti au gaullisme, vous ne m’en voudrez pas j’espère !
« Le temps n’est plus où le monde nous passait tout. » (François Mauriac)
Charles Demassieux
[1] http://www.liberation.fr/societe/2015/03/06/ca-sert-a-rien-d-ecrire-des-chroniques_1215646
 

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