Chronique d’une fin de règne annoncée pour Nicolas Sarkozy

Publié le 26 avril 2012 - par - 1 659 vues
Share

Nous risquons d’assister le 6 mai à un vote anti-Sarkozy plutôt que pro-Hollande. En effet le Président sortant est toujours en pleine action pour se faire réélire et  tombe toujours dans les mêmes travers (agressions verbales, mensonges et manipulations).

Le mercredi 25 avril, Nicolas Sarkozy  affirmait qu’il existait un «appel de 700 mosquées à voter pour M. Hollande», dont le Conseil français du culte musulman (CFCM) ne trouve nulle trace. Hélas pour lui l’hebdomadaire « Marianne » dans lequel il a puisé cette information s’est trompé. Pas de chance pour Nico, l’argument dont il se sert est erroné et fait un flop. Apparemment il en serait de même pour le soi-disant appel de Tariq Ramadam à voter Hollande. « Je ne vais pas voter pour Hollande, non, je vais voter contre Sarkozy. Et si Hollande arrivait par la suite je serai contre lui de la même façon », magnifique exemple de taqya du prédicateur suisse auquel nous sommes habitués.

De toute façon les Français sont attachés au principe de laïcité et n’ont nullement envie de voir les religieux occuper un rôle prépondérant dans la vie quotidienne ni politique. Or c’est bien Nicolas Sarkozy  qui dès 2007 (Discours du Latran) remettait en cause le rôle de neutralité du président en replaçant les religions au cœur du débat politique C’est lui qui a commencé à parler de laïcité positive, c’est bien lui qui a créé le CFCM (2003), ce désir permanent de donner une place au spirituel dans notre monde temporel ne fait qu’exacerber les tensions entre les croyants et les non-croyants. « Diviser pour mieux régner » est une de ses devises.

Dans la catégorie  « j’oppose », le lundi 23 avril nous avons eu droit à l’idée  d’une manifestation  le 1er mai pour le vrai travail… «Le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur, de ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille» a déclaré Nicolas Sarkozy.

Parlons aux chômeurs, eux qui l’ont perdu ce travail. Pour Nicolas il doit exister un faux travail, probablement celui des fonctionnaires en opposition avec les employés du privé. Parlons un peu aux fonctionnaires, allez dire aux policiers, aux enseignants et aux personnels de santé qu’ils n’effectuent qu’un faux travail.

Le mercredi 25 avril, grand rétropédalage et surtout grand mensonge sur TF1, Je n’ai pas dit ‘le vrai travail’. C’est une fête du travail. http://www.youtube.com/watch?v=lwQDdZwYHOs

A part  ce démenti éhonté, l’idée du vrai travail n’est pas nouvelle et ne vient pas de Nicolas Sarkozy, pour s’en convaincre il suffit de regarder l’affiche ci-dessous datant du siècle dernier.

Sur le plan social, le programme du candidat sortant est éloquent et nous promet des lendemains bien sombres: TVA sociale applicable dès octobre 2012  et remise en cause du Code du Travail par le biais des contrats « emploi, compétitivité ».

Ce n’est jamais avec la droite au pouvoir que les avancées sociales pour les travailleurs ont eu lieu. Souvenons-nous des 40 heures en 1936, et plus récemment de la cinquième semaine de congés payés (1982) et des 35 heures (2000).

Sur le plan politique, Nicolas Sarkozy veut absolument récupérer les voix du Front National  pour espérer une hypothétique réélection.

Le 25 avril  sur France Info, le candidat de l’UMP à la présidentielle, Nicolas Sarkozy, a continué sa campagne de séduction pour rallier les électeurs du Front national. « A partir du moment où la République autorise Marine Le Pen à être candidate, c’est que c’est un parti démocratique, sinon on ne l’autoriserait pas à être candidate. Il faut être cohérent« , a expliqué M. Sarkozy. « S’il y avait quelque chose d’antirépublicain à présenter la candidature de Marine Le Pen, il faut l’interdire, il faut aller jusqu’au bout », a dit Nicolas  Sarkozy, qui affirme quelques minutes plus tard : « Ces gens-là, si on veut les remettre dans le champ des formations politiques républicaines, il faut s’adresser à eux. » Et hop, comment fait-il pour se contredire lui-même en si peu de temps ?

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/video/2012/04/25/sarkozy-le-front-national-est-un-parti-democratique_1690869_1471069.html#ooid=lmZDlqNDqZYNUpHWN1u7dn98Dh8nx3wA

Les appels du pied vers le Front National se font de plus en plus insistants au grand dam de François Bayrou qui lui aussi pourrait amener quelques voix. A la déclaration de Nicolas Sarkozy «les préoccupations des électeurs de François Bayrou et ceux du Front national sont les mêmes, même si les chemins sont différents». Bayrou a répondu: «Les propos de Nicolas Sarkozy tendant à confondre les électeurs qui ont voté pour moi et ceux de Marine le Pen sont absurdes et offensants».

Interrogé par l’AFP, le président du MoDem a par ailleurs accusé le candidat-président de valider le discours du Front national en prétendant que les déséquilibres des comptes sociaux étaient dus aux immigrés. «Aborder la question de l’immigration en validant la thèse du Front national et en prétendant que les déséquilibres des comptes sociaux étaient dus aux immigrés, c’est un reniement d’un demi-siècle de politique sociale en France, a fustigé Bayrou. C’est un reniement du gaullisme aussi bien que des démocrates-chrétiens et humanistes». Aie c’est mal parti pour récupérer les voix du Modem.

A la question de Marine Le Pen « En cas de duel entre un Front national et un socialiste, est-ce que l’UMP et le président préfèrent faire élire un député mariniste ou un député socialiste?», Nicolas Sarkozy a répondu  « C’est un piège dans lequel je ne tomberai pas, les candidats aux législatives se maintiendront pour que les électeurs de l’actuelle majorité se retrouvent dans leurs candidats » « Toutes les positions idéologiques sont ridicules, le problème ne se pose pas, nous maintiendrons nos candidats ». Donc il refuse implicitement tout accord avec le Front National  tout en voulant récupérer ses voix et donne une raison de plus à la Présidente frontiste de ne pas appeler à voter pour lui.

Je rejoins tout à fait Bernard Bayle dans son analyse : http://ripostelaique.com/marine-le-pen-devrait-elle-se-comporter-en-voiture-balai-de-sarkozy.html

Pour Marine Le Pen, il n’y a aucun intérêt à ce que Sarkozy soit reconduit en 2012. Son unique stratégie repose sur l’éclatement de la droite UMP afin de se poser en opposition alternative au PS .Elle voudrait former un grand parti des patriotes largement ouvert aux déçus du sarkozisme et bientôt aux déçus du hollandisme. Il y va de sa survie en temps que force politique, pour elle il faut que François Hollande soit élu et non pas Nicolas Sarkozy. Le premier Mai  elle donnera  son avis sur le deuxième tour, dira-t-elle de voter pour Jeanne d’Arc comme l’avait fait son père ? Je la crois beaucoup plus stratège politique et je pense qu’elle suggérera l’abstention, le vote blanc  voire le vote Hollande en sous-main pour les raisons que j’ai exposées plus haut.

Mais il semblerait que les jeux soient déjà faits si on en croit une information parue aujourd’hui dans Le Parisien ;à l’Élysée un vrai travail est en train d’être fait au grand plaisir des déménageurs.

http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/presidentielle-les-hommes-du-president-font-leurs-cartons-26-04-2012-1972714.php

Après le premier tour des Présidentielles, les Français se retrouvent devant un choix cornélien : voter pour une droite libérale européïste ou une gauche libérale européïste.

Le 7 mai , les Français seront toujours confrontés aux mêmes problème que sont le chômage, la baisse du pouvoir d’achat, la précarisation ,les plans sociaux , la mondialisation et ses délocalisations …

Au vu de l’état dans lequel se trouve la France après le quinquennat  de Sarkozy, François Hollande aura bien du mal à  redresser les finances du pays  s’il reste dans une logique de gestion de la crise plutôt que dans une politique de rupture avec les orientations définies par la BCE, le FMI et la Commission Européenne.Tant que la France n’aura pas retrouvé son indépendance et sa souveraineté, il n’y aura pas d’issue pour son redressement.

Marie-José LETAILLEUR

 

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.