Si le souverain se dit fier des Français, la réciproque est-elle vraie ?

Publié le 7 janvier 2016 - par - 2 commentaires - 809 vues
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Hollande-roi-nu

Une annus horribilis enterrée avec le discours de vœux du Président adressé à la Nation. Or qu’en avons-nous pensé ?

D’abord, au plan de la forme, l’allocution avait été des plus navrantes : redoublement de sujets « la France, elle…/ La patrie, elle…/L’Europe, elle(…) », recours impropres à l’usage de pronoms possessifs : »ces tragédies demeureront gravées dans chacune de nos mémoires », comme si chacun d’entre nous eût possédé plusieurs mémoires, « (…) c’est du fond de mon cœur que (…) », comme s’il eût pu s’agir du cœur d’un autre…

Décidément, l’air du temps eût-il oscillé entre le pitoyable et le médiocre ?

Mais venons-en au fond, lequel était articulé autour d’une problématique de l’échec, elle-même déclinée selon  deux axes thématiques majeurs : l’État d’urgence sécuritaire et l’État d’urgence économique et social. Or, tout avait été présenté comme si le souverain se fût nouvellement installé sur le trône et qu’il eût découvert avec effroi l’ampleur des dégâts auxquels conduisent toujours un pays précipité dans l’immobilisme, l’irrésistible originalité qu’offrent les grandes improvisations, voire les dangereuses ivresses que procure la magnanimité de certains organismes de sondage d’opinion. Car dans la bouche du brillant monarque, la réalité de la déroute ou de l’échec, vous disais-je à l’instant, avait pris les contours d’un monde effrayant dans lequel celui-ci avait perçu, à la place d’y prendre une inestimable part de responsabilité, plutôt l’immense orgueil qui lui avait commandé l’aveu déplacé suivant : « Français, je suis fier de vous ! ».

Or, la réciproque était-elle vraie ? Des mesures de renforcement sécuritaire avaient-elles été prises après les attentats de Janvier ? Et que dire de celles qui avaient curieusement été supprimées en amont du drame ? Que penser de la récente plainte contre X pour homicide involontaire, déposée par la veuve de l’agent de l’État Franck Brinsolaro ? Pourquoi celui-ci s’était-il subitement retrouvé seul à assurer la protection de Charb, lorsque le journal Charlie Hebdo avait été la cible de diverses dégradations dont un plasticage et qu’une fatwa menaçait la vie du dessinateur depuis plusieurs années ? Que vaut cette soudaine réduction d’effectif décidée par les pouvoirs publics ? Par ailleurs, pour être journalistes, représentants des forces de l’ordre ou Juifs, ces hommes assassinés n’étaient-ils pas, avant toute autre considération, des Français comme vous et moi ? Or, pourquoi ne pas avoir déclaré l’État d’Urgence dès ce terrible début d’année, face aux exécutions sommaires de citoyens en différents endroits ?

Onze mois plus tard, deux centaines d’autres étaient tombés ; certains s’étaient relevés et conserveraient des traumatismes à vie. Cette fois, quel sombre dessein avait-il motivé la précipitation du Président à déclarer l’État d’urgence, ce avant même que l’assaut n’eût été ordonné sur les terroristes du Bataclan ? Que valait cet étrange inversement des priorités ? Et puis, avait-on ignoré dans les hautes sphères de l’exécutif que l’établissement eût appartenu à un Juif ? Sur ces inaccessibles sommets où règnent les fulgurances des brillants esprits, eût-on pu caresser le sordide espoir de quelque ignoble record du nombre de victimes ? Car raisonnons froidement : les échéances de 2017 arrivent à grands pas. Avec elle, la politique économique engagée en faveur de la lutte contre le chômage allait-elle s’avérer autrement que calamiteuse ?

Or, en laissant un massacre se reproduire, lequel aopportunément touché la jeunesse pour mieux ébouriffer les cœurs, le souverain n’a-t-il pas miraculeusement trouvé le moyen d’une part, d’éviter une Primaire voulue par une certaine partie de la Gauche et en même temps justifié l’absence de croissance et de résultats économiques en raison d’un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant ? D’ailleurs, trois jours plus tard, les yeux dans les yeux des Parlementaires exceptionnellement réunis en congrès à Versailles, le monarque ne s’était-il pas empressé de déclarer : « Le pacte de sécurité l’emporte sur le pacte de responsabilité » ? »Quel cynisme ! », penserez-vous. Allez savoir… Le souverain sait parfaitement bien « qu’on ne sort jamais de l’ambiguïté qu’à ses propres dépens ».

Mais poursuivons cette douce soirée de la Saint-Sylvestre, or que nous avait-on encore dit ? »En 2016, nous lutterons contre le terrorisme. Oui sûrement, intensément ». Apprécierons-nous la puissance de la formule incantatoire ? Car, c’est précisément à partir de ce point que le discours du monarque était devenu celui d’un parfait halluciné. Ou plutôt, il m’avait fait penser à ces petites filles, qui devant le spectacle éternellement irrésistible d’un beau jouet tout neuf hésitent, font un pas de côté, reculent, observent, se tordent les doigts puis n’y tenant plus tourbillonnent autour de la merveille, sourient, plient les genoux pour faire la révérence et s’emportent, et menacent, et supplient, et tyrannisent ou feignent l’air doux en promettant sur ce qu’elles ont de plus cher que cette fois-ci, elles ont bien retenu la leçon et que si l’on veut bien leur faire confiance à nouveau, elles prendront grand soin du cadeau. Or, aussitôt celui-ci déposé entre leurs doigts malhabiles, l’objet tombe et se brise. Le cœur des Français serait-il aussi las de la prophétie royale, que ne l’est le mien ? Car jugez plutôt :  » Cette année, nous mettrons en place une simplification du code du travail, une nouvelle sécurité sociale professionnelle, nous saisirons les nouvelles opportunités économiques offertes par la révolution numérique, nous lancerons un plan massif de formation des demandeurs d’emplois, les filières de l’apprentissage seront largement ouvertes, le gouvernement assurera la généralisation du service civique par étapes et des programmes de grands travaux pour la rénovation de nos bâtiments… »

Eh quoi, tout ça en 18 mois à peine ? Et avec quel argent ? La pirouette qui fait disparaître des statistiques du chômage 500.000 demandeurs d’emplois de la catégorie A (sans aucune activité), pour les faire glisser vers les catégories B,C,D ou E est-elle ce que l’on nomme « faire de l’emploi sa première priorité » ? D’aucuns la qualifieraient de basses œuvres de manipulation ou de tentatives de travestissement de la réalité.

Alors de deux choses l’une : soit, le monarque entend acheter sa réélection par le discours encenseur d’une belle vision irénique agitant des valeurs républicaines aussi mortes que ne le sont les chers disparus de notre automne meurtrier, soit celui-ci conçoit y parvenir par un creusement massif de la dette de la France. Et quelle que soit l’option considérée, l’insupportable en politique ne serait-il pas que l’on souhaitât continuer à se moquer de son peuple, l’eût-on cru définitivement édenté.

Mylene Doublet-O’Kane

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Notifiez de
Pivoine

« eût-on pu caresser le sordide espoir de quelque ignoble record du nombre de victimes ? »
Dans ce texte, vous démontrez que le seul bénéficiaire de ces attentats attribués à des musulmans est… hollande !
Et c’est pourquoi je suis persuadée que c’est lui qui a chargé les services secrets de les organiser. Il y a + d’un an, il était sur une corde raide, et savait qu’il ne pourrait pas se maintenir au pouvoir. Fort opportunément, celui de janvier 2015 lui a sauvé la mise…
Mais le soufflet étant retombé, la colère du peuple se faisait sentir, et c’est alors que survient cette tuerie au Bataclan, et ailleurs… où il en profite pour se faire passer pour un chef de guerre.
On peut parier que si le mécontentement grandit, il y aura un autre attentat en 2016, pire que le dernier. S’il n’en survenait pas, gageons que peu avant le 1er tour des présidentielles, il y en aura un autre …

jino

Oui la CIA qui a organisé les attentats du 11 septembre et hollande ceux de Charlie et du bataclan, il parait même qu’il était cagoulé et faisait partie des tireurs, si si !