Chronique quotidienne d’une Parisienne qui rêve de village gaulois

Pas de chance, ce samedi il fait une chaleur d’enfer et je ne me résous à quitter ma grotte que vers 19h ne me doutant pas que le début de la soirée va être encore plus chaud.

Première étape le super marché. Il est tenu par un kabyle qui dit lui même qu’on ne peut pas travailler avec des arabes. Tandis que j’attends à la caisse, une matrone noire bloque la facturation car elle veut acheter du rhum avec des tickets alimentaires fournis aux démunis par la marie. La dame est donc une démunie qui n’aurait pas de quoi manger si l’aide sociale ne venait pas à son secours.  Visiblement, elle a l’intention de nourrir ses marmots avec du soda citron et du rhum blanc, vous me direz que les pauvres aussi ont le droit de s’alcooliser mais avez-vous vraiment envie que vos impôts se transforment en punch ? La matrone insiste et la caissière explique clairement qu’elle n’a pas le droit de vendre de l’alcool contre des tickets alimentaires. On se demande pourquoi. N’écoutant que son courage, la matrone va solliciter tous les clients pour échanger ses tickets contre les 10 euros qui pourront payer le rhum et après quelques essais infructueux, il se trouve une gentille bobo pour accepter le deal tandis que la matrone continue à déranger clients et caissières en protestant contre l’injustice qui lui est faite. Le plus saisissant dans cette histoire est qu’elle ne se cache pas et qu’elle revendique tout haut le droit de transformer son aide sociale en alcool. Et cela ne semble choquer personne…

Tout cela m’ayant passablement énervée, j’entraîne ma chienne au parc pour nous mettre au frais. A peine installée, je remarque qu’un type assis devant un groupe  mate fixement l’entrejambe d’une jeune femme installée à 2 m avec des amis qui sont tout rires et sourires sous l’effet des  bouteilles de bière qu’ils s’enfilent. Moi ça me gène, une telle impudence aussi je dis à l’homme, après m’être bien assurée de la raison de la fixité de son regard, qu’en France on ne regarde pas les cuisses des femmes avec insistance, que c’est du harcèlement. Le type se met à hurler qu’il ne regarde pas la femme parce qu’il a une femme et des enfants et qu’il n’a pas besoin de ça. Quand je lui demande où il sont, il me sort dans le désordre que je suis raciste et que je n’aime pas les Algériens, etc. Un arabe qui passe par là prend sa défense : il a bien le droit de regarder qui il veut, les filles sont avec des hommes qui n’ont rien dit…Il eut fallu sans doute que ces hommes leur cassent la gueule pour qu’ils comprennent le seul langage qu’ils semblent connaître. Hurlant et menaçant, le bonhomme quitte les lieux …Ouf !

Pendant ce temps-là ma chienne a commencé à s’amuser avec une bande de gamins noirs et arabes. Comme je suis sympa, je laisse faire car tout semble bien se passer. Malheureusement, ils disparaissent tous hors de ma vue et je commence à m’inquiéter pour ma chienne que j’appelle en vain. Non seulement je risque 85 euros d’amende pour ne pas la tenir en laisse mais elle peut blesser un enfant, fuguer ou se faire enlever. C’est pour toutes ces raisons que je dois toujours l’avoir en vue. Après un certain temps, je pars à la recherche de ma chienne sous le cagnard et je suis passablement énervée car j ai dû interrompre mon pique-nique et puis je sue à grosses gouttes ! Je la retrouve jouant avec les enfants auxquels je demande de m’aider à la mettre en laisse ce qu’ils ignorent, continuant à  courir avec elle dans tous les sens. Je m’énerve de plus en plus d’autant que j’avais entamé une salade qui se réchauffe…Je demande aux gamins de l’attraper par le collier mais ils s’y refusent continuant à l’éloigner de moi. Alors je commence à hurler que plus jamais je ne les laisserai jouer avec ma chiennes et d’autres ados s’en mêlent et se moquent de moi. Finalement quand j’ai, après beaucoup d’efforts, attaché ma bête et que je suis exténuée j’entends dans mon dos « ouais, quand on est noir ou arabe, on est toujours agressé par les racistes ! »

Non, messieurs, c’est quand on est sans éducation et qu’on n’a aucun respect pour autrui ni aucun sens des données d’une situation qu’on met les gens en colère …

Des journées comme celle-là au cours desquelles on doit supporter les abus et les incivilités de certains de nos amis immigrés, il y en a en veux tu en voilà. Où Faut-il aller pour être tranquille ? Certains disent qu’on est peinard en Bretagne… à la Trinité-sur mer, par exemple… Faut-il en arriver là ? Faut-il recréer le village d’Astérix ?

Rose Martin

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